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(Focus) Présidentielle 2012 : les trois grands candidats défendent la «démocratisation économique»

Actualités 27.09.2012 à 18h21

(Focus) Présidentielle 2012 : les trois grands candidats défendent la «démocratisation économique»

SEOUL, 27 sept. (Yonhap) -- A trois mois de l’élection présidentielle en Corée du Sud, les trois principaux candidats s’engagent à reformer les grands conglomérats, ou chaebols, afin de «démocratiser l’économie».

Cette rhétorique s’intensifie depuis qu’Ahn Cheol-soo a déclaré le 19 septembre sa candidature officielle à l’élection face à la candidate du Parti Saenuri, Park Geun-hye, et à Moon Jae-in, le candidat du principal parti d’opposition, le Parti démocrate unifié (PDU). Tous les trois préconisent une «démocratisation de l’économie» qui consiste à mettre fin aux pratiques soi-disant «injustes» des grands conglomérats. Leurs points de vue divergent néanmoins sur certains détails qui témoignent des différences entre leurs partis politiques respectifs.

Les conglomérats familiaux sont reconnus pour avoir joué un rôle très important dans la croissance économique du pays pendant les cinquante dernières années grâce aux exportations. Cependant, ils sont souvent pointés du doigt pour nuire aux petites et moyennes entreprises et accentuer l’écart des salaires à travers leur domination du marché et le regroupement de leur fortune. Ils sont souvent critiqués pour leurs opérations d’actionnariat croisé, qui octroient à des petits groupes d’actionnaires le pouvoir de prendre la plupart des décisions concernant l’entreprise et ses diverses filiales ainsi que pour leur poursuite du profit au détriment des plus petites entreprises.

◆ Actionnariat croisé : les pratiques injustices

La candidate Park du parti conservateur plutôt favorable aux grandes entreprises se prononce pour l’interdiction de plus d’actionnariat croisé mais ne souhaite pas proscrire complètement cette pratique, contrairement aux deux autres candidats, Moon et Ahn. Moon a en effet fait savoir que cette règlementation était «au cœur de sa réforme des chaebols». Les candidats pourraient également décider de plafonner les investissements de capitaux propres des chaebols. Ces investissements au sein d’autres entreprises seront limités à un certain pourcentage de leurs actifs nets.

Une telle loi avait déjà vu le jour en 1987 pour éviter une expansion des conglomérats et un impact négatif sur les autres entreprises. Elle a ensuite été supprimée en mars 2009 par le gouvernement actuel qui considérait qu’elle gênait le libre investissement des entreprises. Sa réintroduction pourrait être une manière pour les politiques de réguler les pratiques injustes des grandes entreprises et d’empêcher la concentration massive de richesses au sein de ce petit groupe de conglomérats.

Moon et Ahn sont favorables à ce plafond, contrairement à Park qui affirme : «Je ne suis pas sûre de son efficacité et suis inquiète à propos des coûts élevés (qui accompagneraient sa réintroduction).» La classe politique débat également sur l’éventualité de rendre plus stricte une loi qui concerne la détention de parts dans des sociétés financières par des groupes industriels.

A l’heure actuelle, les groupes industriels, dont au moins 25% de leur capital est investi dans des sociétés non financières ou dont les actifs dans ces sociétés dépassent les 2.000 milliards de wons (1,6 milliard de dollars), n’ont pas le droit de racheter plus de 9% du capital des sociétés qui contrôlent des filiales bancaires. Cette restriction vise à empêcher les conglomérats d’utiliser les filiales bancaires comme caisses privées pouvant fournir des crédits avantageux facilement.

Alors que Moon et Ahn sont pour un durcissement des règlementations qui concernent la séparation des capitaux financiers et industriels, le point de vue de Park n’est pas aussi clair. Elle a simplement indiqué qu’il faut se pencher sur le sujet avec beaucoup de «prudence» dans le contexte actuel de crise économique mondiale.

◆ Un oeil sur l'extension de l'aide sociale?

En plus de la démocratisation de l’économie, les candidats abordent la question de l'aide sociale et de son financement. Tous trois semblent d’accord sur le fait que celle-ci doit être renforcée pour les personnes les moins privilégiées et que pour cela il est indispensable d’augmenter les impôts. En revanche, ils ne sont pas sur la même longueur d’onde en ce qui concerne les impôts sur les sociétés et les impôts qui touchent les plus riches.

Ahn, ancien patron d’une grande entreprise informatique, veut augmenter les impôts sur les sociétés et les hauts salaires pour financer une plus large couverture sociale. «Le ratio entre les impôts et le PIB de notre pays est d’environ 20%, alors que la moyenne des pays de l’OCDE est de 26%», a-t-il expliqué. «Il est inévitable d’augmenter progressivement l’impôt (sur le revenu) en même temps que les dépenses de protection sociale dans le futur.»

Moon est du même avis qu’Ahn. Park, qui partage la nécessité de voir progresser les revenus fiscaux, a par le passé exprimé ses réserves quant à l’augmentation des impôts sur les entreprises. «Pour consolider la protection sociale, il est indispensable de maintenir un projet visant à augmenter les impôts mais, si possible, il faut garder un taux d’imposition sur les sociétés qui soit faible », a-t-elle également souligné.

lucie@yna.co.kr

(FIN)

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