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(Interview Yonhap) Robin Deiana : «Les jeunes coréens sont des passionnés»

Actualités 22.01.2015 à 11h00

SEOUL, 22 jan. (Yonhap) -- Robin Deiana, la «belle gueule» française de l’émission télévisée coréenne «Non Summit», est venu mercredi après-midi dans les locaux de l’agence de presse Yonhap pour une interview au cours de laquelle il a parlé de son parcours jusqu’à la célébrité.

«Non Summit», appelé aussi parfois «Abnormal Summit», est un talk show réunissant 12 jeunes hommes de différentes nationalités donnant leur avis sur divers sujets d’actualité. L’émission hebdomadaire, retransmise sur la chaîne câblée JTBC tous les lundis à 23h, a commencé à être diffusée le 7 juillet 2014 et connaît un grand succès en Corée.

Au cours de cette entrevue, il a tout d’abord rappelé la raison de son arrivée à Séoul pour la première fois, à l’occasion d’un échange universitaire. Cette première immersion dans la société coréenne a été décisive pour lui et Robin Deiana est aujourd’hui installé depuis deux ans et demi dans la capitale coréenne, où il mène des activités de mannequinat et participent à des émissions télévisées.

- Tous nos lecteurs ne vous connaissent pas forcément. Pouvez-vous donc nous parler de votre parcours ?

▲ J’ai 24 ans, je viens d’Avallon en Bourgogne et je suis en Corée depuis maintenant deux ans et demi. La première fois que je suis venu, c’était parce que j’en ai eu l’occasion. Je faisais des études d’informatique à Dijon et je suis parti un an en échange à l’université de Konkuk (à Séoul). Je devais choisir entre le Japon et la Corée. J’ai choisi la Corée parce que je connaissais déjà. J’avais des amis coréens. Je dansais aussi, donc je connaissais des danseurs coréens. Naturellement, je suis venu en Corée. Durant mon année d’échange, je n’ai pas du tout appris le coréen et je le regrette. Mais en France, ma petite-amie était coréenne et elle ne me parlait qu’en coréen, donc j’ai dû apprendre. Par la suite, quand je suis revenu en Corée, j’ai suivi un programme régulier de coréen à Konkuk.

- Quelles sont vos activités en Corée ?

▲ Je fais essentiellement du modeling et des apparitions télé, mais je prends aussi des cours d’acting. En ce moment, j’apparais dans les émissions «Non Summit» et «Happy Time» sur MBC.

- Qu’est-ce qui vous motive ou attire dans le pays ?

▲ Même si c’est difficile pour les étrangers en Corée, on a l’impression de pouvoir réussir. On a plus d’opportunités, c’est plus facile. Même sur le plan personnel, ça bouge plus.

- Il semblerait que vous vous êtes bien adapté…

▲ Quand je suis venu en échange, je n’ai même pas eu à m’adapter. C’est un peu mon regret. Quand on part en échange, on est en groupe fermé et on reste surtout entre Français. On ne connaît pas vraiment de difficultés car tout est facilité par l’université. Par contre, quand je suis revenu tout seul par mes propres moyens, ça été plus difficile, surtout au niveau du logement. Mais heureusement des amis m’ont aidé.

- Quelles difficultés avez-vous rencontrées ou rencontrez-vous encore ?

▲ A l’époque où je ne parlais pas bien coréen, des personnes malhonnêtes en ont profité pour tenter de me soutirer de l’argent. Sinon, c’est surtout au niveau financier que c’est difficile quand on n’est plus étudiant et qu’on n’a plus d’aides financières. L’argent que j’avais pu économiser à l’époque n’était pas suffisant.

- Que pensez-vous des jeunes coréens ? Sont-ils différents des jeunes français ?

▲ Je dirais que les jeunes coréens sont des passionnés. Quand ils font quelque chose, ils le font à fond, même quand ils s’amusent. Pour les Français, ils me semblent moroses, sans doute à cause de la situation économique en France.

- Qu’est-ce qui vous a aidé pour débuter dans ce milieu ?

▲ J’ai rencontré les bonnes personnes. Tout d’abord, mon manager (Kim Tae-hyun). Je l’ai rencontré à un shooting photos. On a échangé nos contacts et quelques mois plus tard, on a commencé à travailler ensemble.

- Comment avez-vous été recruté pour «Non Summit» ?

▲ Un agent que je connaissais recherchait des étrangers pour participer à une émission. Je ne connaissais pas son concept lors du casting et je pensais n’apparaître que le temps d’un épisode. J’ai passé le casting avec Julian (le participant belge) et le courant est tout de suite bien passé avec lui.

- Que pensez-vous de «Non Summit» ? Le concept est assez coréen mais vous paraissez à l’aise.

▲ Je pense que c’est une émission difficilement réalisable en France. La France est déjà très internationalisée donc il n’y aurait pas l’effet de surprise. Et voir un étranger parler français n’est pas inhabituel, alors qu’ici, un étranger parlant coréen, c’est tout de suite impressionnant. Je pense que la Corée avait besoin d’une émission comme celle-ci. Il y avait déjà des émissions dans ce style, mais c’est l’une des premières où l’étranger n’a pas à jouer le rôle de l’étranger. On reste 100% naturels avec nos propres opinions sur chaque sujet.

- Avec lequel ou lesquels des autres participants êtes-vous le plus proche ?

▲ Je suis surtout proche de Julian vu qu’il est aussi francophone, mais aussi de Zhang Yuan (le représentant chinois). Mais de manière générale, on s’entend tous bien et on se voit souvent sur d’autres tournages.

- Comment percevez-vous le paysage audiovisuel coréen ?

▲ Il est beaucoup plus intéressant qu’en France. Au niveau de la variété, il y a de très bonnes idées. C’est fait pour être drôle et il y a plus de moyens mis en œuvre. En ce moment, je n’ai pas trop le temps de regarder la télévision mais je regarde parfois «Running Man» et des talk shows. J’ai commencé à regarder la télévision coréenne il y a 10 ans avec «X Men». J’ai pu rencontrer des personnalités coréennes et, en général, ils sont très professionnels, très simples. Et quand on les connaît un peu, on se rend compte que ce sont des personnes normales. J'ai pu rencontrer l'acteur Lee Jung-jae. Il a de très bonnes manières. Il est aussi très modeste dans sa façon d'être.

- Quels sont vos projets futurs ? Comment voyez-vous votre avenir en Corée ?

▲ Tout d’abord, j’aimerais bien continuer «Non Summit». J’apprends beaucoup sur moi, sur la culture et ça me permet de pratiquer mon coréen. Je prends des cours d’acting, donc j’aimerais bien commencer sérieusement, dans des dramas par exemple. J’ai aussi quelques projets pour de nouvelles émissions.

Propos recueillis par Kelly Nivelle et Xavier Baldeyrou

(FIN)

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