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(FOCUS) La K-pop utilisée dans la guerre psychologique contre la Corée du Nord

Actualités 06.09.2015 à 11h05

SEOUL, 06 sept. (Yonhap) -- «Dance dance dance till we run this town, Oppa Oppa I'll be I'll be down down down», telles étaient les paroles envoyées à travers la frontière intercoréenne pendant les chaudes nuit d’août.

L’armée sud-coréenne a utilisé le tube «Oh !» de Girls’ Generation et d’autres chansons de K-pop dans le cadre de sa guerre psychologique contre la Corée du Nord, menée au moyen de puissants haut-parleurs installés le long de la frontière. L’opération a pour but de saper le moral de l’ennemi.

L’armée sud-coréenne dispose de 60 haut-parleurs installés dans 11 postes d’opération le long de la frontière. L’armée nord-coréenne avait répondu par ses propres diffusions, bien qu’elles ne fussent à peine audibles.

Sud et Nord se sont affrontés plusieurs fois à travers ces échanges de messages. Les deux pays avaient convenu en 2004 de mettre un terme à ces diffusions et aux envois de tracts à travers la frontière. La Corée du Sud avait cherché à reprendre les diffusions en 2010 en représailles au torpillage de la corvette Cheonan par le Nord, mais ne l’avait pas fait pour des raisons politiques.

Des messages d’information étaient diffusés entre les chansons de K-pop, expliquant comment le leader nord-coréen Kim Jong-un rend la vie de ses soldats misérable, selon un message diffusé le 23 août et écouté par l’agence de presse Yonhap. Les messages relataient aussi les succès de la Corée du Sud, telles que l’organisation d’expositions internationales à Los Angeles et New York.

«A l’invitation du président chinois Xi Jinping, la présidente de la République de Corée Park Geun-hye a officiellement annoncé sa participation le 3 septembre à l’évènement commémorant le 70e anniversaire de la victoire de la Chine sur le Japon pendant la guerre», annonçait une voix d’homme dans une rubrique intitulée «news plaza». «Au contraire, le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un ne s’est pas rendu en Chine, l’allié traditionnel du pays, une seule fois en trois ans.»

Plus tard, une voix de femme annonçait d’un ton posé «Qu’il est difficile de penser que nos compatriotes du Nord souffrent parce qu’ils ont le mauvais dirigeant.»

Les messages peuvent être entendus jusqu’à une distance de 24 kilomètres la nuit, ce qui couvre les unités militaires nord-coréennes du front et la ville de Kaesong, selon les autorités sud-coréennes. Le jour cette distance n’est que de 10 kilomètres.

«Les soldats ont tendance à ne pas lever le fusil et tirer quand ils écoutent de la musique», a observé un officier de l’armée sud-coréenne. Afin de parer à l’efficacité des messages, la Corée du Nord place sur le front des fils de bonnes familles dont la loyauté au régime est forte.

«Au début, on n’y fait pas attention, mais le son vous suit comme une ombre et résonne avec vous quand vous êtes seul ou dans un état de faiblesse», se rappelle un homme d’affaires de 36 ans, qui pouvait entendre les messages nord-coréens lors de son service sur le front en 2002. «L’annonceur nord-coréen se ventait que les Nord-Coréens avaient reçu chacun deux poulets pour l’anniversaire de Kim Jong-il. Ils diffusaient parfois des histoires pornographiques.»

mathieu@yna.co.kr

(FIN)

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