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BIFF 2015 : «Un homme coréen» de Jeon Soo-il, le 1er film coréen réalisé en français

Actualités 06.10.2015 à 23h17

BUSAN, 06 oct. (Yonhap) -- Le réalisateur Jeon Soo-il, un nom familier au Festival international du film de Busan (BIFF) et qui a fait ses études cinématographiques en France, a présenté le film «Un homme coréen», tourné dans la langue de Molière. Il s’agit d’une première dans l’histoire du cinéma coréen.

Le film a été invité au programme Korean Cinema Today (Panorama), une sélection de 24 films coréens d’actualité au BIFF 2015. Avec une histoire peu commune, la disparition ou le kidnapping d’une Coréenne lors de son voyage de noce à Paris, où elle tombe alors dans la prostitution. Son mari passe 2 ans à Paris à sa recherche en menant une vie de SDF. L’homme erre dans les rues fréquentées par les prostituées avec une pancarte sur laquelle est inscrite «Je cherche ma femme».

◇ Un étrange enlèvement

Le voyage de noce à Paris fait rêver de nombreux jeunes mariés. Perdre sa moitié juste après le mariage dans un lieu où l’on ne vit pas serait bien bouleversant pour un mari, surtout si elle a été enlevée pour entrer dans la prostitution. Il ne s'agit cependant pas d'une histoire complètement inventée par le réalisateur.

«A l’époque où je faisais mes études en France, il y avait eu une affaire similaire. Une épouse coréenne avait disparue lors de son mariage de noce à Paris et avait été retrouvée à Marseille un an plus tard. En réfléchissant au scénario de ce film, j’ai fini par imaginer de faire leurs retrouvailles dans une maison close à Marseille», a répondu le réalisateur lors d’un contact téléphonique cet après-midi avec Yonhap.

Le voyage heureux vire au cauchemar et l’homme devient locataire d’un lieu public insalubre près de l’île de la Cité, un endroit où l’on voit bien la cathédrale Notre-Dame. Une situation peu réaliste mais le réalisateur a voulu montrer un destin qui met ses personnages dans des conditions extrêmes.

«J’ai mis l’homme dans une situation de recherche et ma question était de savoir s’il peut retrouver une vie normale ou pas avec sa femme après l'avoir découvert au bout de 2 ans dans un bordel de Marseille», a-t-il détaillé.

A la fin du tournage, Jeon avait évoqué cette question du destin en disant «j’ai voulu voir comment le destin est fixé et comment ce destin domine les hommes et comment les gens acceptent ce destin qui leur est donné.»

◇ Sexualité, une quête d’identité?

«La nudité des femmes dans le film sert à exprimer le désir d’une jeune femme fraîchement mariée, qui commence à connaître ce nouveau monde avec beaucoup de curiosité. C’est aussi un moyen de décrire l’angoisse féminine face à l'enlèvement», a expliqué le réalisateur du film «Un homme coréen».

La sexualité et la prostitution font partie des sujets principaux de ce film. La nudité sert à exprimer le «désir instinctif» ou une «éruption du désir refoulé», d’après le réalisateur. L’errance dans les milieux de la prostitution de l’homme coréen et la rencontre avec une prostituée d’origine coréenne dans le film posent des questions sur la vie et le désir.

L’homme quitte enfin Paris pour descendre à Marseille à la recherche de sa femme et cette trajectoire finale est marquée par deux épisodes, un dîner avec des Tsiganes joyeux acceptant l’homme coréen à leur festin puis la crémation d’une femme morte en plein air.

Jeon définit ces étranges rencontres de l’homme comme «une réflexion sur la vie et la mort du personnage». Ces rencontres de l’homme au cours de son trajet entre Paris et Marseille semblent bien être irréelles ou invraisemblables. Le réalisateur a précisé «j’aimerais donner une atmosphère onirique où l’on a l’impression de rêver les choses».

Le parcours de l’homme s’achève par son retour à Paris, tout seul. Les deux ans d’errance de cet homme ont été une «quête d’identité» comme le confirme le réalisateur ou peut être un voyage aboutissant à l’acceptation du destin imposé. Le réalisateur a choisi l’acteur Cho Jae-hyun pour interpréter ce coréen à Paris, pour son talent à bien exprimer les sentiments de solitude et d’isolement.

Le héro du film, Cho Jae-hyun, est également familier avec la filmographie de Jeon. Il s’agit de la troisième rencontre entre les deux hommes. La dernière remonte au film «El Condor Pasa» (2013), qui a été invité au BIFF la même année. Cette année, ce premier film coréen en français poussera les spectateurs à se poser des questions avec son récit peu commun dans le festival de Busan.

Oh Jeong-hun

(FIN)

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