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(Interview Yonhap) PDG de Vinexpo : «Le marché sud-coréen est en progression de 40%»

Actualités 03.02.2016 à 11h07

SEOUL, 03 fév. (Yonhap) -- Guillaume Deglise, président-directeur général depuis septembre 2013 de Vinexpo, le plus grand salon du vin au monde, effectue actuellement sa deuxième visite en Corée du Sud et a dirigé hier une conférence pour les professionnels coréens sur les tendances du marché mondial des vins et des spiritueux.

La conférence tenue hier matin à l’hôtel Park Hyatt Seoul a aussi servi à donner plus détails sur Vinexpo Hongkong 2016 qui aura lieu du 24 au 26 mai prochains. Dans une interview accordée à l’agence de presse Yonhap avant l’ouverture de cette conférence, le PDG de Vinexpo a estimé que «le marché sud-coréen est en progression, c’est l’un des marchés les plus dynamiques en Asie. […] Nous estimons que le marché est en progression de 40%».

En se basant le rapport 2016 publié par IWSR (International Wine and Spirit Research) à la demande de Vinexpo et établissant des prévisions du marché mondial jusqu’en 2019, Deglise a transmis les résultats de cette étude en soulignant qu’il y a eu une baisse de 1,5% de la consommation de vin entre 2013 et 2014 tandis que le marché sud-coréen a connu une progression de 28,6% entre 2010 et 2014.

Il a estimé que le marché coréen marquerait encore une croissance de 16,2% sur les cinq ans à venir, «ce qui est considérable» par rapport à un taux estimé de progression du marché mondial de 1,4% pour la même période. Le PDG de Vinexpo a analysé que «le marché du vin en Corée sera un marché de niche et spécialisé» qui est comparable à la tendance au Japon.

La conférence promotionnelle pour Vinexpo Hongkong 2016 à Séoul a été organisée sur place par Promosalons Korea et Xavier de Ezaguirre, le président de Vinexpo Overseas, a fait également le déplacement pour cette rencontre où quelque 80 professionnels et journalistes étaient présents.

Ci-dessous, le texte intégral de l’interview :

- Avec à peu près deux ans et demi de travail en tant que PDG de Vinexpo, y a-t-il un changement apporté ou une réorientation de l'organisation des salons à Bordeaux, Hongkong ou Tokyo ?

▲ Notre volonté, c’est de changer de dimension et de passer du simple modèle de salon à un vrai évènement des vins et des spiritueux. C’est ce que nous voulons réaliser avec une exposition. Une exposition est un référent de la filière, c’est un partenariat avec les filières des vins et des spiritueux. Notre idée, au-delà du simple salon, c’est d’apporter aux gens du métier des solutions pour faire grandir leur business à l’étranger pour améliorer leur distribution, faciliter les échanges. C’est une grande plate-forme de salons qui ont eu lieu à Bordeaux et Hongkong en alternance comme vous le savez.

- Vinexpo à Hongkong, ce n’est pas comparable à celui de Bordeaux.

▲ Il est pour moi aussi important que celui de Bordeaux. Ce sont deux salons différents parce que Hongkong est proche du marché, il est vraiment sur un des marchés les plus dynamiques au monde, l'Asie-Pacifique. Bordeaux, c'est une occasion pour les producteurs de se retrouver, l'un des plus beaux vignobles du monde, ça reste aussi la référence, c'est là où Vinexpo a été créé mais pour moi, tous les deux sont importants.

- Il s’agit de votre deuxième visite à Séoul, y a-t-il une évolution sur le marché coréen ?

▲ C'est la deuxième fois que je viens à Séoul depuis ma prise de fonction. C'est un marché important. Nous souhaitons toujours venir à Séoul, pour prendre le pouls du marché tous les deux ans et puis pour présenter les résultats des études IWSR.

Il est important de faire remarquer que le marché sud-coréen est en progression. C'est l'un des marchés les plus dynamiques en Asie. Beaucoup de gens parlent bien sûr de la Chine ou du Japon, mais je crois que la Corée du Sud pour les sociétés qui exportent, c'est un marché d'importance, un marché qui grandit. La consommation par habitant reste faible mais c'est un marché qui est en progression entre les cinq dernières années et cinq prochaines années.

Nous estimons que le marché est en progression de 40%. C'est quand même considérable avec la distribution moderne, plutôt «off trade» par rapport «on trade». C'est-à-dire, la consommation dans les supermarchés, dans les hypermarchés et dans les grands magasins est en plein développement. Des vins plutôt d'entrée de gamme et puis aussi il y a un bon dynamisme de la consommation dans l'hôtellerie et dans la restauration dans les grandes villes. Evidemment Séoul est le premier lieu et dans les autres aussi.

- Le marché sud-coréen est un marché comparativement petit vu son volume, 351 millions d'euros de chiffre d’affaires par an, selon l'estimation du secteur.

▲ En termes de volume, l'année 2015 a été de l'ordre de 3,7 millions de caisses de 9 litres. C'est quand même en progression. Nous estimons que le marché atteindra 4,3 millions de caisses en 2019, donc avec une progression de 16,2% sur les cinq prochaines années. C'est un marché qui est bien sûr modeste mais c'est un marché important tourné vers la valeur. Un marché intéressant pour l'ensemble des exportateurs puisque beaucoup de pays exportent leurs vins en Corée.

- Dans les statistiques établies par le secteur, le vin chilien prend plus de place sur le marché coréen et le vin français se trouve à la deuxième ou troisième place, surtout dans les grandes surfaces. Quelle analyse en faites-vous ? Y a-t-il un moyen d'accroître le volume du vin français ?

▲ Déjà, ce que je souhaite vous redire, à Vinexpo, nous ne faisons pas la promotion des vins français, nous faisons la promotion de l'ensemble des vins du monde entier, y compris chiliens. On est heureux que le vin chilien soit le premier en Corée et nous savons tous pourquoi. Il y a eu un accord de libre-échange entre la Corée et le Chili qui a permis au vin chilien d’arriver sur le marché coréen avec des prix plus accessibles, donc ça a été une porte d'entrée importante. Et maintenant, la France garde une position importante, le deuxième pays exportateur sur le marché coréen, selon notre enquête vraiment talonné par les autres pays, l'Italie, les Etats-Unis et l'Espagne, donc c'est un marché assez riche de sa diversité.

- La tendance générale des consommateurs coréens est à la recherche de vins à prix bas, inférieurs à 20.000 wons (moins de 15 euros). Y a-t-il un moyen de baisser encore les prix des vins français par exemple ?

▲ Il y a deux points à votre question. Le premier est très lié au système des taxes d'importation des vins français. On n'a pas le même accord de libre-échange que le Chili, ce qui rend les vins français plus chers ici en Corée du Sud. Cela étant, la France produit une diversité de vins. On peut trouver des vins d'entrée de gamme à des rapports qualité-prix très bons. Je pense que la France garde encore beaucoup d'attraits pour le marché coréen. Mais c'est un marché globalisé. Aujourd'hui, on produit des vins de qualité dans le monde entier, il faut être encore une fois vigilant.

- La Corée produit également des vins dans certaines régions mais les vignes sont différentes.

▲ C'est très positif qu'il y ait une production locale, comme on le voit au Japon ou en Chine. En Chine, il y a déjà une grande production qui est entrée dans le Top 10 mondial. Mais c'est toujours intéressant d'avoir une production locale puisque cela favorise l'implantation des vins importés. Cela favorise la consommation de vin par la population locale. Après, je n'ai pas de commentaire sur la qualité ou sur le volume parce que je n'ai pas ces informations.

- Les boissons alcoolisées consommées en Corée sont en général le soju et la bière. Le vin reste encore assez inférieur en termes de volume. Croyez-vous qu'il y a encore un terrain à gagner pour le vin sur le marché coréen ?

▲ Absolument, j'en suis persuadé. C'est d'ailleurs ce qui se passe aujourd'hui sur le marché et sur des quantités très limitées. Evidemment ce n'est pas un mouvement de très grande ampleur mais on voit très clairement qu'il y a une consommation, surtout chez les jeunes, qui est de plus en plus importante au détriment des spiritueux locaux et aussi de la bière. Mais c'est un marché très dominé par le soju et la bière, vous avez raison.

- Vinexpo Hongkong vise essentiellement le marché chinois, n'est-ce pas ?

▲ Je dirais non, parce que nous avons 50% de visiteurs qui proviennent de la Chine continentale et de Hongkong. Cela veut dire que 50% proviennent des autres pays de l'Asie-Pacifique, donc nous sommes vraiment une plate-forme régionale pour les vins et les spiritueux. C'est pour ça que nous avons plus de 1.300 exposants qui nous suivent. Nous avons cette année beaucoup de nouveaux exposants qui vont nous rejoindre et qui cherchent à développer leur distribution pas seulement en Chine mais dans toute l'Asie. Nous attendons beaucoup d'acheteurs coréens. Les acteurs du marché coréen viennent massivement à Vinexpo Hongkong. C'est toujours pour nous un moment très important parce que la Corée est l'un des principaux marchés de la zone.

Propos recueillis par Oh Jeong-hun

(FIN)

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