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Washington doit envisager une gestion conjointe des armes nucléaires avec Séoul et Tokyo, selon un expert

Actualités 02.06.2016 à 14h33

WASHINGTON, 01 juin (Yonhap) -- Les Etats-Unis doivent examiner les moyens de gérer les armes nucléaires avec la Corée du Sud et le Japon de sorte à empêcher leurs alliés clés en Asie de chercher à en posséder eux aussi, a recommandé Evan Braden Montgomery, chercheur du Center for Strategic and Budgetary Assessments (CSBA) des Etats-Unis.

L’expert américain a mis en avant l’idée d’un «plan et partage nucléaires conjoints» dans un rapport récemment publié en notant que les alliés pourraient envisager un armement nucléaire indépendant si la capacité nucléaire de la Corée du Nord s’accroît.

«Comment Washington peut prévenir la prolifération du nucléaire si la Corée du Sud estime qu’elle en a besoin pour faire face à l’arme nucléaire de la Corée du Nord, si le Japon se dit qu’il n’a pas d’autre choix pour maintenir l’équilibre face à une Chine émergente ou encore si l’on aboutit à ces deux développements ?», a questionné Montgomery dans le rapport.

Une des possibilités serait d’établir des mécanismes similaires à ceux que l’on peut voir en Europe, comme «les groupes conjoints de planification nucléaire et les accords sur le partage nucléaire», a-t-il noté.

«Si Séoul et Tokyo pouvaient mieux voir la manière dont les Etats-Unis sont disposés à mener des opérations nucléaires et à jouer un rôle direct pour fournir des armes nucléaires, au moins sous certaines conditions, alors les deux alliés seraient disposés à renoncer à l’alternative d’avoir leur propre programme d’armes nucléaires», a-t-il estimé.

L’idée pourrait s’éloigner de l’approche traditionnelle de Washington sur les alliances en Asie-Pacifique mais cela serait mieux que de voir les alliés développer et déployer des armes nucléaires indépendantes sur lesquelles les Etats-Unis ne pourraient avoir de contrôle, a-t-il averti.

Si ces armes ne sont pas déployées dans la zone du théâtre d’action, elles ne seront pas vraiment utiles en cas de crise, ni crédibles en tant que moyen de dissuasion, mais les armes déployées à l'avant pourraient être vulnérables aux attaques et les tensions politiques liées à leur déploiement pourraient créer des problèmes encore plus grands, notamment au Japon, a-t-il fait remarquer.

Un éventuel emplacement pour les armes nucléaires serait Guam, a avancé Montgomery. «Une manière d'aborder ces problèmes et aussi de promouvoir la coopération trilatérale serait de placer les armes sur un site central et neutre comme le territoire américain de Guam», a-t-il affirmé.

En outre, le plan et le partage nucléaires entre les trois parties fourniraient l’occasion de dépasser les tensions de longue date entre la Corée du Sud et le Japon et de les rapprocher, selon l’expert.

Le quatrième essai nucléaire de la Corée du Nord et son lancement de fusée à longue portée ont ravivé les appels pour l’armement nucléaire de la Corée du Sud même si Séoul a rejeté l’idée en soulignant que cela va à l’encontre du principe pour une péninsule sans armes nucléaires.

«Si la Corée du Nord parvient à construire une arme nucléaire qui est suffisamment importante et sûre pour résister à une attaque et pour lancer une réplique, et notamment si elle s’assure une capacité suffisante pour lancer des armes nucléaires en direction du territoire américain, Séoul pourra commencer à douter de la volonté des Etats-Unis d’utiliser vraiment des armes nucléaires à sa place», a affirmé Montgomery.

lsr@yna.co.kr

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