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(LEAD) Un proche associé de Choi Soon-sil inculpé pour abus de pouvoir et détournement de fonds

Actualités 28.11.2016 à 08h07
Cha Eun-taek au Parquet central du district de Séoul le 25 novembre 2016

SEOUL, 27 nov. (Yonhap) -- Cha Eun-taek, ancien directeur commercial et proche associé de Choi Soon-sil, au centre du scandale d’ingérence dans les affaires de l’Etat, a été inculpé ce dimanche pour abus de pouvoir et détournement de fonds, après avoir été placé en détention plus tôt ce mois-ci, a fait savoir le Parquet central du district de Séoul.

Selon le Parquet, Cha, de connivence avec Choi, a fait pression sur le patron d’une modeste agence de publicité dont le nom de famille est Han pour qu’il remette 80% de ses actions dans Poreka, filiale de l’aciériste POSCO, après avoir décidé de racheter Poreka dans le but de décrocher de nombreux projets de publicité auprès de grandes entreprises.

A l’origine, Cha avait voulu acquérir Poreka à travers la société de publicité Moscos, créée en février 2015, mais cette tentative s’était soldée par un échec comme Moscos n’a pas pu répondre aux critères des soumissionnaires, étant une entité nouvellement créée. Cha a donc décidé d'extorquer des actions à Han pour arriver à ses fins.

La présidente Park Geun-hye et Cha Eun-taek lors d'un événement culturel en août 2014 (Photo d'archives Yonhap)

Au cours de cette manœuvre, la présidente Park aurait ordonné à son conseiller chargé des affaires économiques, An Chong-bum, actuellement en détention provisoire, de «vérifier les procédures de vente auprès du PDG de POSCO, Kwon Oh-joon, et du patron de Poreka, Kim Young-soo, pour que celle-ci ne soit pas acquise par une grande entreprise», selon le Parquet.

Après avoir refusé de vendre ses actions, Han a été menacé de contrôle fiscal par l’ancien directeur de l’Agence coréenne des contenus créatifs (KOCCA) Song Sung-gak, ami de 20 ans de Cha.

Cha et Choi ont établi par la suite une société de communication baptisée Playground Communications pour monopoliser les projets publicitaires de grandes entreprises et d’organisations publiques.

Cha est également accusé d’abus de pouvoir pour avoir interféré dans la nomination de hauts cadres de KT Corp. et avoir remporté des projets publicitaires d’une valeur globale de 6,8 milliards de wons (5,8 millions de dollars) au cours de la période mars-août de cette année auprès de cet opérateur de téléphonie.

Selon les procureurs, la présidente aurait ordonné à An de contacter le patron de KT pour que des personnes de connaissance de Cha et Choi puissent être employées à des postes de directeur au sein du géant de la télécommunication.

En se basant sur ces éléments, le Parquet a décrit dans l'acte d'accusation d'aujourd'hui Park comme une complice qui doit assumer sa responsabilité juridique en ce qui concerne KT.

L'ancien directeur commercial, surnommé le «prince héritier du monde culturel», est aussi accusé d’avoir détourné des fonds d’une autre société de publicité, Africa Pictures, pour rembourser ses dettes personnelles et financer les études à l’étranger de son enfant.

Outre Cha, les procureurs ont inculpé l’ancien directeur de la KOCCA Song Sung-gak, placé en détention, pour tentative d'extorsion sur l'agence de publicité, ingérence dans les activités publicitaires de KT et corruption.

Kim Jong-min, avocat de Cha, a déclaré aux journalistes que Cha avait rencontré vers juin et juillet 2014 le secrétaire général du bureau présidentiel de l’époque Kim Ki-choon au bureau de ce dernier sur l'ordre de Choi. A cette réunion qui a duré environ 10 minutes, étaient également présents l’ancien vice-ministre de la Culture Kim Chong et le candidat au poste de ministre de la Culture Chung Sung-keun. Cette déclaration contredit les propos du secrétaire général Kim, qui avait démenti lors d'une interview sa connaissance avec Choi.

L'avocat a également ajouté que son client avait joué une fois au golf avec Choi et la belle-mère de Woo Byung-woo, ancien conseiller présidentiel chargé des affaires civiles actuellement mis en examen pour son rôle dans le scandale.

Par ailleurs, les procureurs ont indiqué que Park n’a pas encore répondu à leur demande pour mener un interrogatoire en face-à-face. Ils ont envoyé la demande à l’avocat de Park, Yoo Yeong-ha, mercredi dernier.

Park, récemment désignée par le Parquet comme une suspecte principale dans cette affaire, aurait fait pression de manière directe ou indirecte sur les grands groupes industriels pour qu’ils contribuent aux fondations Mir et K-Sports, contrôlées par Choi.

lsr@yna.co.kr

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