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(3e LD) L’héritier de Samsung, Lee Jae-yong, condamné à 5 ans de prison ferme

Actualités 25.08.2017 à 21h38
Lee Jae-yong

SEOUL, 25 août (Yonhap) -- La Cour centrale du district de Séoul a condamné ce vendredi le vice-président de Samsung Electronics, Lee Jae-yong, à cinq ans de prison ferme, en le reconnaissant coupable d’avoir notamment versé des pots-de-vin et détourné des fonds dans le cadre du retentissant scandale de corruption impliquant également l’ex-présidente Park Geun-hye.

Le tribunal de première instance a rendu son verdict dans lequel il estime que Lee a participé au versement de 7,2 milliards de wons (6,8 millions de dollars) en pots-de-vin pour l’entraînement équestre de Chung Yoo-ra, la fille de Choi Soon-sil, elle-même amie de longue date de Park.

Lee, Park et Choi

Lee, en détention provisoire depuis février dernier, a également été condamné pour avoir détourné des fonds, caché des actifs à l’étranger et apporté de faux témoignages. Cette affaire fait partie du vaste scandale qui a secoué la nation toute entière pendant des mois, entraîné des manifestations géantes et provoqué la destitution de Park.

Ce verdict de culpabilité, le plus sévère jamais infligé à un homme d’affaires de cette envergure en Corée du Sud, portera très probablement un sérieux coup à l’image de Samsung, dont les dizaines de filiales représentent environ un cinquième du produit intérieur brut.

La peine de prison entraînera aussi des questionnements sur les effets à long terme pour le chaebol. Cette vacance au sein de la direction de Samsung Electronics devrait impacter les activités du premier fabricant mondial de smartphones.

«Le nœud de cette affaire est la collusion étroite entre le pouvoir politique et le monde des affaires», a estimé le juge. «Il semble qu’il est difficile pour le peuple de se remettre de la déception de voir que des liens collusoires entre un président et un grand conglomérat ne font pas seulement partie du passé mais aussi du présent.»

Selon le tribunal, Lee était dans une position où il avait beaucoup à gagner d’une telle collusion mais lui et les autres prévenus ont passivement accepté les demandes de Park sans demander de manière proactive des faveurs et proposer directement des dessous-de-table.

«Il s'agit d'un cas dans lequel les cadres de Samsung... ont fourni d'importants pots-de-vin à la présidente, qui a le dernier mot en matière de politique économique, dans l'attente d'une aide dans le processus de succession», selon la Cour.

Les procureurs avaient requis 12 ans prison ferme en accusant l’héritier présomptif de l’empire Samsung d’avoir offert ou promis 43,3 milliards de wons (38 millions de dollars) à la demande de Park pour des organisations contrôlées par Choi et l’entraînement de sa fille cavalière.

D’après le Parquet, le versement de ces sommes visait à obtenir le soutien du gouvernement pour une opération de fusion entre deux filiales du groupe afin de faciliter la succession de Lee et renforcer son pouvoir au sein du premier conglomérat du pays.

Lee a nié en bloc toutes les charges retenues contre lui. Ses avocats ont immédiatement annoncé qu'ils feraient appel de cette décision de justice.

Lee et ses avocats ont affirmé qu'il n'a pas été impliqué ni n'était au courant de la décision de Samsung d'offrir l'argent, et que les cadres de l'entreprise ont décidé de verser l'argent par peur de représailles de Park et de Choi. Lee a aussi dit qu'il n'a jamais cherché à obtenir des faveurs du gouvernement quand il a rencontré Park en tête à tête à trois reprises.

Le tribunal a rejeté les arguments de la défense, estimant que Lee a communiqué aux cadres les demandes de donation de l'ex-présidente pour l'entraînement équestre de la fille de Choi et que les hauts responsables lui ont par la suite rapporté avoir effectué les donations.

«En fin de compte, il existe assez d'éléments indiquant que Lee est coupable de collusion avec les autres défendants», selon le tribunal.

Lee, habillé d'un costume bleu marine, sans cravate, s'est montré impassible à l'énoncé du verdict.

Vers le tribunal

Quatre autres hauts cadres de Samsung ont également fait l’objet de condamnations. Choi Gee-sung, l’ancien chef de l’ex-Bureau de la stratégie future du groupe, et Chang Choong-ki, son adjoint de l’époque, ont tous deux écopé de quatre ans de prison ferme. Les deux hommes ont aussitôt été placés derrière les verrous.

Park Sang-jin, ex-président de Samsung Electronics, et Hwang Sung-soo, un autre ancien président, ont reçu des condamnations avec sursis.

Ce verdict aura sûrement une influence sur le procès de l’ancienne chef d’Etat. Park pourrait donc être également condamnée. Celle-ci a été arrêtée fin mars pour diverses accusations, dont réception de pots-de-vin.

Environ 800 policiers avaient été déployés autour de la Cour à Séoul pour prévenir de possibles affrontements entre groupes de manifestants présents dans le quartier. La police avait en outre renforcé les contrôles à l’entrée du tribunal pour empêcher tout manifestant de pénétrer à l’intérieur.

La salle 417, où la sentence a été prononcée, est également celle où le père de Lee et patron de Samsung, Lee Kun-hee, a été jugé en 2008 pour évasion fiscale et transferts illégaux d’actifs du groupe à ses enfants. Il avait reçu une condamnation de prison avec sursis. Lee père est cloué au lit depuis plus de trois ans suite à une attaque cardiaque en 2014.

Cinq condamnés de Samsung

xb@yna.co.kr

mathieu@yna.co.kr

(FIN)

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