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(Interview Yonhap) Les options militaires contre la Corée du Nord sont réelles, selon le chef de la marine américaine

Interviews 15.12.2017 à 14h31

SEOUL, 15 déc. (Yonhap) -- L'amiral John M. Richardson a souligné aujourd’hui que le Pentagone était très sérieux sur le fait que les options militaires contre la Corée du Nord étaient solides et prêtes en tant que plan B, alors que Washington se concentre encore sur la diplomatie.

«Ce ne sont pas des mots vides de sens», a déclaré le chef des opérations navales (CNO) des Etats-Unis lors d'un entretien exclusif accordé à l'agence de presse Yonhap à la base militaire américaine de Yongsan. «Pour disposer d'une dissuasion légitime, je pense que vous devez avoir des options légitimes, donc nous sommes prêts.»

Ses remarques interviennent dans un contexte de signaux mitigés ou confus en provenance de Washington concernant sa politique à l’égard de Pyongyang dans la foulée du lancement «réussi» d'un tout nouveau missile balistique intercontinental (ICBM) Hwasong-15 du Nord.

Cette semaine, le secrétaire d'Etat Rex Tillerson a fait une proposition surprise de dialogue sans condition au régime nord-coréen. Cependant, la Maison-Blanche a rapidement rejeté l'idée selon laquelle elle a abaissé ses exigences.

Interrogé sur l'état d'esprit au Pentagone, l'amiral a invoqué le consensus clair selon lequel la menace et la capacité de provocation du régime de Kim Jong-un ont augmenté.

L'amiral John M. Richardson (au c.), chef des opérations navales des Etats-Unis, s'exprime lors d'une interview accordée à l'agence de presse Yonhap à la base militaire de Yongsan à Séoul. Le contre-amiral Brad Cooper (à dr.), commandant des forces navales américaines en Corée du Sud, est assis à ses côtés. Photo fournie par la marine américaine.

Une autre chose est sûre : les Etats-Unis restent attachés à leur alliance «ferme et solide» où la diplomatie prime.

«Mais nous, dans l’armée, nous comprenons que nous devons nous préparer au progrès des capacités militaires nord-coréennes qui pourraient nous menacer, afin de l’emporter et de fournir un appui ferme aux efforts diplomatiques et économiques qui prévaudront», a-t-il affirmé.

Il répondait à la question de savoir si les responsables de la défense américaine ont effectivement discuté de moyens militaires viables contre Pyongyang.

Sur la possibilité pour les alliés de suspendre leurs exercices militaires conjoints annuels Key Resolve et Foal Eagle jusqu'à la fin des Jeux olympiques et paralympiques d'hiver de PyeongChang 2018, Richardson a déclaré qu'aucune décision finale n'avait encore été prise.

Le gouvernement démocrate du Sud chercherait à éviter le chevauchement entre l'événement sportif international et les manœuvres militaires que la Corée du Nord qualifie de répétition d'invasion.

Il a ajouté que ses troupes seraient réactives et adaptables sur la base de la flexibilité des forces navales.

«Revenons aux choses fondamentales, l'engagement envers l'alliance et l'engagement mutuel sont des choses qui ne changeront pas», a-t-il affirmé. «Nous allons donc trouver le moyen de nous assurer que l'année prochaine nous resterons engagés.»

Le CNO s'exprimait après une série de réunions avec le général Vincent K. Brooks, commandant des forces américaines en Corée, le général Jeong Kyeong-doo, chef d’état-major des armées de la Corée du Sud, et l’amiral Um Hyun-seong qui dirige la marine sud-coréenne, lors de sa première visite en deux ans dans le pays.

L'amiral John M. Richardson (à g.), chef des opérations navales des Etats-Unis, serre la main de son homologue sud-coréen, l'amiral Um Hyun-seong, lors d'une réunion organisée à Séoul le 15 décembre 2017. Photo publiée par le bureau d'Um Hyun-seong.

Richardson, un ancien directeur du programme de propulsion nucléaire naval des Etats-Unis, a conseillé à Séoul d'examiner attentivement le coût d'acquisition d'un sous-marin à propulsion nucléaire s’il le souhaite.

Au cours de sa campagne électorale, le président Moon Jae-in avait évoqué la nécessité pour le Sud d'avoir son propre sous-marin nucléaire afin de renforcer les capacités de défense du pays.

Une étude de faisabilité est en cours au sein de la marine et du ministère de la Défense.

«Je peux dire par expérience qu'une marine nucléaire nécessite un investissement important, un investissement initial et un investissement continu dans des domaines tels que la main-d'œuvre, l'industrie ou la sécurité», a-t-il souligné. «Et si une nation passe par un calcul stratégique pour savoir s'il faut développer un navire de guerre à propulsion nucléaire, qu'il s'agisse d'un sous-marin ou autre, tout cela doit peser dans la balance. Et c'est un défi que seule la république de Corée peut décider de relever.»

Il a également mis en avant que l'Asie reste une priorité absolue pour la diplomatie et le commerce américains, indépendamment des conditions exprimées par les dirigeants politiques.

Le président américain Donald Trump a préconisé la politique dite «Indo-Pacifique» pour remplacer le «pivot asiatique» de Barack Obama.

«C'est une partie du monde en plein essor et je pense que c'est une réalité indéniable qu’elle va rester le théâtre de quelque chose de très important», a-t-il estimé, ajoutant que les Etats-Unis resteront sur les rails pour déployer 60% de leurs forces navales dans le Pacifique d’ici 2020.

Beaucoup s'attendent à ce que le groupe aéronaval de l'USS Carl Vinson soit déployé dans le Pacifique occidental au début de l'année prochaine pour rejoindre la flotte de combat de l'USS Ronald Reagan. L’objectif serait de tenir une opération militaire à deux transporteurs.

«Ici, je suis le chef de la marine et j’essaie d'injecter du hasard et de l'imprévisibilité dans le cycle opérationnel. J’en perds une partie si je raconte cela dans les journaux», a-t-il lancé malicieusement.

Il a ajouté qu'il était trop tôt pour parler de la mission des destroyers furtifs de classe Zumwalt, techniquement encore en cours de développement, bien que certains spéculent que les Etats-Unis pourraient en envoyer un sur la base navale de Jeju.

En conclusion de l'interview, il n'a pas oublié de mentionner Brad Cooper, le commandant des forces navales américaines en Corée du Sud, qui l’a rejoint pour des explications complémentaires tout au long de l'interview.

Cooper sera réaffecté à un commandement opérationnel au Japon le mois prochain après un an et demi de service en Corée du Sud.

«Il a fait énormément pour les marins américains ainsi que leurs familles ici. Il a également beaucoup travaillé au renforcement de notre alliance», a déclaré Richardson.

Cooper sera remplacé par le contre-amiral Michael Boyle, directeur de l'engagement international pour le bureau du CNO.

lp@yna.co.kr

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