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(Interview Yonhap) Un observateur neutre suisse favorable au dialogue intercoréen sur la frontière maritime

Interviews 25.07.2018 à 13h59

SEOUL, 25 juil. (Yonhap) -- Le chef de la délégation suisse à la Commission de supervision des nations neutres (CSNN) a exprimé son soutien au dialogue intercoréen pour favoriser la paix dans les eaux de première ligne en mer Jaune qui sont depuis longtemps le théâtre de conflits entre les deux Corées.

Lors d'une interview donnée à l'agence de presse Yonhap hier, le général de division suisse Patrick Gauchat a également appelé les deux Corées à «sortir des sentiers battus» pour renforcer leur confiance mutuelle, apaiser les tensions et progresser dans leur quête d'un régime de paix permanent.

«Il est bénéfique que les deux Corées commencent à discuter (de la paix en mer Jaune) parce que depuis 10 ans, les principaux incidents viennent de cette partie de la carte», a déclaré Gauchat, qui dirige la délégation suisse depuis juillet de l’année dernière.

«S'ils trouvent une solution, cela facilitera peut-être aussi l'ensemble de la discussion (sur d'autres questions transfrontalières) ainsi que les mesures de confiance, nous amenant à la paix», a-t-il ajouté.

Le général de division suisse Patrick Gauchat, chef de la délégation suisse à la Commission de supervision des nations neutres (CSNN), s'exprime lors d'une interview accordée à l'agence de presse Yonhap à Séoul.

Lors de leur sommet du 27 avril au village de la trêve de Panmunjom, le président sud-coréen Moon Jae-in et le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un sont convenus d'un plan pratique visant à transformer les zones autour de la Ligne de limite Nord (NLL) en zone de paix maritime pour prévenir les affrontements accidentels et garantir des activités de pêche sûres.

La NLL a longtemps été une pomme de discorde dans les relations transfrontalières. Le Nord ne reconnaît pas cette ligne, arguant qu'elle a été unilatéralement tracée par le Commandement des Nations unies (UNC) dirigé par les Etats-Unis après la guerre de Corée (1950-1953).

Gauchat a noté que l'accord d'armistice, qui a mis un terme à la guerre de Corée, ne mentionne aucune frontière en mer Jaune, tout en soulignant la nécessité d'une solution pour prévenir les conflits potentiels dans ces eaux.

«Il n'y a pas d'accord entre le Nord et le Sud concernant la NLL. C'était une ligne décidée par l'UNC», a-t-il rappelé. «Le Nord a proposé une ligne nordique. Les deux lignes ne suivent pas le même tracé. Elles doivent donc être discutées. Tant que vous avez deux lignes, vous avez le potentiel d'avoir un incident.»

La CSNN a été la seule institution à préserver l'accord d'armistice en tant qu'«observateur impartial». Malgré le refus répété de Pyongyang de reconnaître l'armistice, la CSNN a continué à mener ses tâches, comme enquêter sur tous les incidents survenus dans la Zone démilitarisée (DMZ) séparant les Corées.

En raison de sa position neutre unique, la CSNN peut jouer un rôle dans le processus des pourparlers de paix transfrontaliers avec une certaine confiance de la part de Séoul et Pyongyang, a-t-il affirmé.

«Les discussions sur la paix ont vraiment commencé cette année et il est important d’établir une déclaration neutre (sur) les exercices et autres incidents, ou s'il y a des enquêtes sur des incidents [...] parce que nous pouvons apporter un point de vue neutre», a estimé Gauchat.

«Je dirai que plus les Etats-Unis, la Corée du Sud et la Corée du Nord peuvent engager des pourparlers directs, mieux c'est. Cependant, à un certain point, par exemple le retrait de certaines armes du front, il est bon de disposer d’une entité neutre. Cela permet d'éviter à tout point litigieux de donner lieu à une confrontation lors de ces pourparlers directs», a-t-il mis en avant.

A propos de l'absence d'un accord de paix pour supplanter l'armistice qui devait initialement être temporaire, Gauchat a exhorté «tous les acteurs» à faire davantage d’efforts afin de trouver des solutions viables.

«Soixante-cinq ans (depuis la signature de l'armistice) est un chiffre important et, malgré de nombreux efforts, aucun document de paix politique n'a pu être obtenu. Cela montre que tous les acteurs doivent travailler encore plus dur pour trouver des solutions et saisir toutes les opportunités pour aller vers une paix qui aiderait les populations des deux Corées et la stabilité de la région», selon lui.

«A cet égard, le dialogue permanent entre le Nord, le Sud et les Etats-Unis est absolument positif à nos yeux et constitue le principal moteur vers de nouvelles idées et solutions pour la péninsule coréenne», a-t-il ajouté.

Commentant les efforts en cours entre Séoul et Pyongyang pour réduire les tensions frontalières et favoriser la confiance, le responsable suisse a conseillé aux deux parties de concevoir des «moyens créatifs».

«Je pense vraiment que nous devrions essayer, c'est vraiment unique... Le fait que les dirigeants du Nord et du Sud se soient rencontrés, les leaders du Nord et du Sud ont franchi la frontière et dans le même temps, nous avons eu une rencontre entre la Corée du Nord et les responsables américains», a-t-il souligné.

Le général suisse Patrick Gauchat a tenu à rappeler que «cette configuration n'a jamais été réalisée directement dans le passé. Ce que nous devons donc fournir c’est le meilleur environnement pour permettre que cela se produise. Je pense qu'il y a une volonté chez les différentes parties. Je pense que nous pouvons être imaginatifs pour des mesures de confiance.»

Quant aux moyens «imaginatifs», Gauchat a proposé une série de suggestions.

«Vous pouvez avoir le retrait des unités dans la DMZ, vous pouvez avoir moins d'armes dans la zone de 10 kilomètres, dans la zone de 20 kilomètres, dans la zone de 50 kilomètres. Le nombre de troupes... Vous pouvez faire beaucoup. C’est conventionnel», a-t-il dit.

«Vous pouvez aussi faire une patrouille conjointe pour visiter ces lieux. Si vous voyez un endroit vide, alors vous devez vérifier, puis vous devez vérifier encore après trois mois ou six mois. Les patrouilles conjointes, par exemple, sont un bon moyen de renforcer la confiance parce que les gens vont travailler ensemble et commencer à se dire "oh nous sommes pareils, nous cuisinons tous avec de l'eau".»

Au cours de sa longue carrière militaire, Gauchat a occupé divers postes de haut niveau, y compris des responsabilités de maintien de la paix au Congo, en Somalie et au Moyen-Orient et un poste de responsable du Moyen-Orient et de l'Asie au siège des Nations unies à New York.

lp@yna.co.kr

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