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(Interview Yonhap) Pour Lindberg, le projet de candidature olympique des deux Corées est un «concept intéressant»

Interviews 22.11.2018 à 10h46
Gunilla Lindberg, présidente de la Commission de coordination du Comité international olympique (CIO), donne une interview à l'agence de presse Yonhap le mercredi 21 novembre 2018 dans un hôtel situé dans le centre de Séoul.

SEOUL, 22 nov. (Yonhap) -- La Corée du Sud a organisé cette année ses deuxièmes Olympiades, les 18e Jeux olympiques d'hiver de PyeongChang, après que Séoul a accueilli les JO d'été de 1988.

Le pays espère désormais que les JO de PyeongChang 2018 ne seront pas ses dernières Olympiades. Le Sud et le Nord sont convenus de déposer une candidature conjointe en vue des JO d'été de 2032.

Gunilla Lindberg, depuis longtemps responsable du CIO qui connaît le paysage olympique sud-coréen mieux que personne, a décrit la candidature envisagée par les deux Corées comme un «concept intéressant».

Dans une interview accordée hier à l'agence de presse Yonhap à Séoul, Lindberg, présidente de la Commission de coordination du Comité international olympique (CIO), a déclaré que l'organe olympique promouvait exactement ce que les deux Corées cherchent à faire, partager les coûts de l'organisation des JO et s'assurer qu'ils ne construisent pas un trop grand nombre de nouveaux sites qui pourraient devenir par la suite des «éléphants blancs».

«La première chose, je crois, est (pour les deux Corées) de penser au plan directeur et d'examiner les possibilités concernant le transport et l'accréditation», a-t-elle noté. «C'est beaucoup plus que de simples sites sportifs. Si vous souhaitez accueillir les Jeux d'été, cela demande beaucoup de préparations. C'est beaucoup plus important (que les JO d'hiver) avec un plus grand nombre de participants, athlètes et sites.»

Le président du CIO, Thomas Bach, avait déclaré accueillir favorablement l'intention des deux Corées de coorganiser des JO. Mais Lindberg s'est montrée plus réservée en soulignant qu'il est encore prématuré de prédire la façon dont les choses vont évoluer durant les 14 prochaines années.

«Un grand nombre de choses pourraient changer dans les relations (intercoréennes) avant cela. Il y a beaucoup de choses qui se passent», a-t-elle fait remarquer. «Donc, nous ne savons pas aujourd'hui si la situation sera la même ou non en 2032. Il n'y a eu encore aucune discussion sur la manière dont cela va se dérouler.»

Le CIO choisit les villes d'accueil des grandes messes sportives sept ans avant, ce qui signifie que le sort des deux Corées, s'ils parviennent à l'étape finale de la candidature, sera déterminé en 2025.

Cela dit, le CIO a fait exception pour les JO d'été de 2024 et 2028. Après que plusieurs villes ont retiré leur candidature pour l'événement de 2024 et qu'il ne restait plus que Los Angeles et Paris, le CIO a décidé d'attribuer les deux événements simultanément en septembre 2017. La capitale française a fini par obtenir le droit d'organiser les JO de 2024 et la ville américaine ceux de 2028.

Lindberg n'a pas écarté la possibilité de voir le CIO ajuster son calendrier à nouveau.

«Nous n'en avons pas encore discuté. Mais tout est aujourd'hui en train de changer et ça pourrait être une possibilité», a-t-elle dit. «Je pense aussi que le CIO a hâte de décider des prochains Jeux assez tôt s'il y a des candidats.»

A part les deux Corées, l'Allemagne, l'Australie, l'Inde et l'Indonésie ont exprimé leur intention d'organiser les JO de 2032.

En tant que chef de la Commission de coordination, Lindberg, administratrice sportive chevronnée d'origine suédoise, était en charge du suivi des préparations pour les JO de PyeongChang et a donné des conseils au comité d'organisation local. Lindberg et son équipe ont également mené des inspections sur le terrain des sites de compétition et d'autres installations et rapporté leurs résultats au Comité exécutif du CIO.

Au cours de la phase de candidature de PyeongChang, Lindberg dirigeait la Commission d'évaluation du CIO dont la principale mission était d'analyser la candidature de PyeongChang.

Lindberg a dit que PyeongChang a marqué l'histoire olympique avec des Jeux économes et respectueux des athlètes.

«Les Jeux d'hiver de PyeongChang ont changé le concept des JO d'hiver», a-t-elle souligné. «Nous avons fait beaucoup de choses qui seront transférés aux prochaines villes (d'accueil) comme Pékin, Tokyo, Paris et à tout le monde. Ils tireront des leçons de PyeongChang.»

En octobre, PyeongChang a rapporté un excédent de 55 millions de dollars. Lindberg a expliqué comment PyeongChang a pu économiser en réduisant la taille de ses sites de sorte à ce qu'ils ne deviennent des «choses gigantesques que personne ne pourra utiliser» et comment les nouveaux appartements construits pour accueillir les athlètes ont été vendus avant les JO, apportant des logements dont la région avait crucialement besoin.

«Le train à grande vitesse (KTX) était pour moi l'un des plus grands héritages», a souligné Lindberg à propos de la nouvelle ligne ferroviaire achevée juste avant les JO pour relier Séoul à PyeongChang et à d'autres régions de la province du Gangwon. Le trajet Séoul-PyeongChang nécessite en voiture près de quatre heures alors que la durée du trajet en KTX est seulement de 80 minutes.

«Je ne pense pas qu'il y en aurait eu un si vous n'aviez pas organisé les JO. Il a ouvert (l'accès) à l'ensemble de la région pour les familles habitant à Séoul afin d'aller faire du ski en juste deux heures», a-t-elle noté. «Je peux voir la différence entre là où nous étions à la Commission d'évaluation en 2011 et ce qu'il est aujourd'hui, quelque chose de complètement nouveau et bon.»

Gunilla Lindberg (à gauche) reçoit le certificat de la médaille Maengho, la deuxième plus haute décoration de l'ordre du Mérite sportif, du ministre du Sport Do Jong-hwan le 21 novembre 2018 au Musée national de Corée à Séoul.

Pour ses efforts de coordination des préparations olympiques avec PyeongChang, Lindberg a reçu la médaille Maengho de l'ordre du Mérite sportif du gouvernement sud-coréen. Elle a été aussi nommé citoyenne d'honneur de la province du Gangwon.

Séoul a annoncé la décision de remettre la médaille à Lindberg en mars dernier mais elle n'a pu la recevoir en personne qu'hier à l'occasion de son 40e voyage dans le pays.

«C'était très émouvant pour moi», a confié Lindberg à propos de la cérémonie au cours de laquelle le ministre du Sport Do Jong-hwan lui a remis la médaille. «Vous ne réalisez pas, jusqu'à ce que vous soyez debout là et ayez la médaille autour du cou, que vous avez peut-être fait quelque chose qui a aidé (PyeongChang).»

La base de la candidature commune des deux Corées est apparue aux JO de PyeongChang. Les deux délégations ont défilé ensemble lors de la cérémonie d'ouverture et formé la première équipe olympique unifiée en hockey sur glace féminin. Les deux Corées ont continué les échanges et la coopération dans le sport en organisant des matches de basket-ball à Pyongyang et en présentant des équipes unifiées aux Jeux asiatiques.

Lindberg a noté que l'obtention du droit d'organiser ensemble les JO aiderait à améliorer les relations intercoréennes.

«Ce qui est en train d'ouvrir les discussions entre les deux Corées est le mouvement sportif et c'est vraiment merveilleux», s'est-elle enthousiasmé. «Pour moi, c'est quelque chose que les hommes politiques ne peuvent pas faire eux-mêmes.»

lsr@yna.co.kr

(FIN)

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