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(LEAD) Samsung présente des excuses aux victimes de maladies liées au travail

Actualités 23.11.2018 à 14h09

SEOUL, 23 nov. (Yonhap) -- Samsung Electronics Co. a présenté aujourd'hui des excuses officielles à toutes les victimes de maladies liées au travail employées sur les chaînes de production de puces et d'écrans de la société, réglant ainsi un différend qui durait depuis plus d'une décennie.

Le PDG de Samsung Electronics, Kim Ki-nam, qui dirige la division solutions pour appareils du géant de la technologie, a exprimé ses profonds regrets aux victimes, en affirmant que Samsung déploiera tous ses efforts pour se conformer au plan de compensation élaboré par le comité de médiation.

«Des chers collègues et des familles souffrent depuis longtemps, mais Samsung Electronics n'a pas réussi à régler le problème plus tôt», a déclaré Kim. «Nous avons échoué à être attentifs à de telles douleurs et à régler rapidement le problème.»

Kim Ki-nam (à g.), PDG de Samsung Electronics, l'avocat Kim Ji-hyung du comité de médiation (au centre) et Hwang Sang-ki, responsable de SHARPS (Supporters for the Health and Rights of People in the Semiconductor Industry), posent pour une photo après la signature de l'accord sur l'indemnisation des maladies liées au travail, à Séoul le 23 novembre 2018.

«Samsung Electronics n'a pas non plus entièrement maîtrisé les risques potentiels pour la santé de nos lignes de production de puces et d'écrans à cristaux liquides. Aujourd'hui, nous souhaitons exprimer nos sincères excuses aux travailleurs victimes de maladies et à leur famille», a ajouté Kim.

L'affrontement impliquant le géant de la technologie sud-coréen a fait surface lorsque Hwang Yu-mi, qui travaillait sur une ligne de production de puces Samsung, est décédée d'une leucémie en 2007. Les victimes ont affirmé que Samsung devait indemniser, présenter des excuses et proposer des mesures pour prévenir de nouveaux risques.

Le plus grand fabricant de puces au monde et le groupe de victimes SHARPS (Supporters for the Health and Rights of People in the Semiconductor Industry) sont convenus d'accepter sans réserve toute décision prise par un comité de médiation en juillet.

Plus tôt ce mois-ci, le comité de médiation a annoncé sa décision prévoyant une indemnisation pouvant atteindre 150 millions de wons (117.000 euros) par maladie. Le plan d'indemnisation couvre également les maladies congénitales des enfants des victimes. Cependant, l'accord ne reconnaissait pas l'environnement de travail comme directement lié aux maladies qui affectent certains employés.

Vendredi, Samsung et les victimes ont accepté et signé le plan de médiation comme convenu en juillet. Des représentants gouvernementaux et industriels ont également assisté à l'événement.

Kim a répété que Samsung accepterait sans réserve la médiation.

Samsung a indiqué que les réparations seraient effectuées par un tiers, en l'occurrence Jipyong, un cabinet d'avocats sud-coréen. La date limite pour l'indemnisation est le 31 octobre 2028, bien qu'elle puisse être prolongée en fonction des circonstances.

Tous les anciens ou actuels employés de Samsung et de ses sous-traitants, qui travaillent depuis 1984 sur les lignes de production de puces et d'écrans LCD de la société à Giheung, au sud de Séoul, pourront prétendre à une indemnisation.

Kim Ki-nam (à d.), PDG de Samsung Electronics, et Hwang Sang-ki, responsable de SHARPS (Supporters for the Health and Rights of People in the Semiconductor Industry), se serrent la main après avoir signé l'accord d'indemnisation des maladies liées au travail le 23 novembre 2018.

Parallèlement à l'indemnisation, Samsung a fait un don de 50 milliards de wons à l'Agence coréenne pour la sécurité et la santé au travail (KOSHA) afin de contribuer à l'amélioration de l'environnement professionnel des travailleurs dans le pays. Le fonds sera utilisé pour la recherche et la construction d'installations destinées à la sécurité industrielle.

«Nous exprimons notre gratitude pour la confiance placée dans le gouvernement et pour nous avoir confié cette tâche. Nous prévoyons de défendre la noble intention de Samsung et des victimes de SHARPS, et d'utiliser le fonds de manière transparente», a déclaré le ministre du Travail, Lee Jae-kap.

La KOSHA a ajouté qu'elle formerait immédiatement une équipe de gestion du fonds et dresserait un plan précisant les modalités de son utilisation dans le cadre d'une coopération avec le gouvernement.

Samsung et Jipyong prévoient d'ouvrir un bureau pour mettre en œuvre le système d'indemnisation en décembre et de lancer le processus au plus tôt cette année.

Kim Ji-hyung, président de Jipyong qui a supervisé la médiation, a également été nommé à la tête du comité d'indemnisation.

«Honnêtement, les excuses présentées aujourd'hui par le PDG de Samsung Electronics ne sont pas suffisantes pour les victimes des maladies liées au travail», a réagi le père de Hwang Yu-mi, Sang-ki. «Mais je considérerai les excuses comme une résolution de Samsung Electronics.»

«Nous avons encore beaucoup de tâches à accomplir. Les maladies professionnelles ne se limitent pas aux puces et aux écrans à cristaux liquides de Samsung Electronics. Après avoir manipulé des substances dangereuses, des travailleurs de Samsung Electro-Mechanics, Samsung SDS, Samsung SDI et d'autres filiales sont également souffrants», a ajouté Hwang. «J'espère que Samsung fournira une indemnisation complète à tous les travailleurs victimes de ces maladies.»

Hwang a appelé à ce que toutes les substances utilisées dans les usines soient rendues publiques afin que les travailleurs puissent comprendre la nature de leur environnement.

«Samsung a réprimé les syndicats dans son pays et à l'étranger. Il n'est pas trop tard pour s'excuser et promettre de respecter le droit de former des syndicats», a ajouté Hwang.

SHARPS a été créé en 2008 et a entamé des discussions avec Samsung Electronics en 2012. Le comité de médiation a été lancé en 2014, mais les négociations se sont initialement terminées sans progrès.

En septembre 2015, Samsung Electronics a annoncé son propre plan de compensation et SHARPS a commencé à organiser une manifestation dans le bâtiment du conglomérat à Séoul un mois plus tard.

Plus tôt cette année, les deux parties ont repris leurs pourparlers et sont finalement parvenues à un accord sur l'acceptation des résultats du comité de médiation en juillet. SHARPS a mis fin à la manifestation pour une durée indéterminée peu de temps après la conclusion de l'accord.

«Je suis heureux de tenir la promesse que j'ai faite à Yu-mi. Mais je ne peux pas oublier la douleur de Yu-mi et de ma famille. Tant de gens partagent une telle douleur», a déploré Hwang, demandant au comité d'indemnisation et aux responsables de projets potentiels mis en œuvre grâce au fonds de se souvenir de ce qui s'est passé.

Sim Sang-jeung, députée du Parti de la justice, a déclaré que ce dénouement marquerait un tournant dans la création d'une société dans laquelle tous les travailleurs seront en sécurité.

«Le cercle politique étant en grande partie responsable de la prévention des catastrophes industrielles, l'Assemblée nationale déploiera également des efforts pour améliorer les politiques visant à renforcer la sécurité des travailleurs», a ajouté Sim.

Le PDG de Samsung Electronics, Kim Ki-nam, s'incline après avoir présenté ses excuses aux victimes de maladies professionnelles lors d'une conférence de presse à Séoul, le 23 novembre 2018.

lp@yna.co.kr

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