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(Interview Yonhap) Ambassadeur Fabien Penone : «Les réformes en France sont destinées à améliorer l'environnement d'affaires et l'attractivité»

Interviews 28.11.2018 à 23h48
Ambassadeur Fabien Penone

SEOUL, 28 nov. (Yonhap) -- Alors que se déroule en ce moment la quatrième édition du «mois de l'investissement en France» dans 40 pays ciblés de tous les continents dont la Corée du Sud, l'ambassadeur de France à Séoul, Fabien Penone, a présenté ce mercredi à l'agence Yonhap et à un autre média spécialisé les atouts de la France pour les investisseurs internationaux, décideurs économiques, relais d'opinions et talents étrangers.

Cette initiative, «vitrine de l'attractivité de la France à l'international», sert essentiellement à «promouvoir les bonnes performances de la France». Durant tout le mois de novembre, des événements sont organisés dans tout le réseau des ambassades et de Business France, l'agence publique chargée de promouvoir à l'étranger l'image de l'économie tricolore, afin de mettre en contact des diplomates et des décideurs économiques.

A la résidence de France, l'ambassadeur Fabien Penone a tout d'abord rappelé la récente visite d'Etat de quatre jours du président Moon Jae-in en France en soulignant que «la relation bilatérale se renforce rapidement, mais une attention toute particulière a été portée au développement dans le domaine économique et en matière d'innovation, en favorisant notamment les investissements croisés entre nos deux pays». «Nous souhaitons en particulier attirer davantage d'investissements coréens.»

Pour ce qui est des atouts de la France, le haut diplomate souligne que «l'attractivité renforcée de la France repose sur les fondamentaux de l'économie française et aussi sur un effort de réforme». «Les fondamentaux sont les avantages structurels français, les infrastructures, le positionnement géographique, la qualité de notre main-d'œuvre et sa productivité, et les efforts en matière de recherche et surtout d'innovation.»

Les réformes mises en œuvre par le gouvernement du président Emmanuel Macron «sont destinées à améliorer l'environnement d'affaires et donc l'attractivité du territoire français», comme celles concernant le marché du travail, l'apprentissage et la formation continue, ainsi que la loi Pacte visant à dynamiser les performances des entreprises et à favoriser un meilleur suivi et un meilleur soutien tout au long de leur cycle de vie, ou encore la réforme progressive de l'impôt sur les sociétés avec un taux nominal abaissé à environ 25% d'ici 2022 (33,1/3% actuellement), détaille l'ambassadeur.

«C'est un programme qui se met en œuvre sur l'ensemble du quinquennat (présidentiel), qui passe par l'adoption de nouvelles lois. Comme le gouvernement dispose d'une majorité forte (à l'Assemblée nationale), il est possible de faire voter ces lois», prévoit-il.

Les IDE en France se sont élevés à 25,6 milliards d'euros en 2016 après avoir culminé à 42,7 milliards en 2015. Mais le plus récent chiffre est en ligne avec la moyenne des flux observés sur les dix années précédentes (environ 23 Mds). Les stocks d'IDE ont atteint 661,8 milliards d'euros fin 2016. Trois secteurs concentraient près des trois quarts des investissements étrangers : l'industrie manufacturière, les activités financières et d'assurance et les activités immobilières.

Bien que la France ait été le quatrième investisseur européen en Corée du Sud en 2016 (3,5 milliards d'euros de stock d'IDE), les IDE coréens en France sont encore relativement modestes (27e investisseur avec 796 millions d'euros de stock d'IDE). Selon les derniers chiffres du service économique de l'ambassade, le stock a franchi le milliard d'euros fin 2017.

Ces investissements concernent essentiellement l'immobilier d'entreprise, des activités de service aux entreprises, le commerce et plus récemment les nouvelles technologies. La plupart des investissements correspondent à des créations de filiales d'entreprise ou de centres de recherche et développement ainsi qu'à des reprises d'entreprises françaises. L'ambassadeur fait remarquer qu'«il y a un double mouvement : un mouvement quantitatif avec l'augmentation du stock et aussi un mouvement qualitatif avec une diversification de la nature des investissements».

Interview

En 2016, la France comptait 45 sociétés coréennes sur son sol, englobant plus de 4.800 employés. Les cinq plus grandes étaient Samsung Electronics Co. (entre 400 et 500 personnes), Doosan Corp. (200-300), LG Electronics Inc. (200-300), Kia Motors Corp. (200-300) et AmorePacific (100-200).

«De nouvelles mesures sont en cours de préparation. Parmi les grands chantiers législatifs à venir figure la réforme de l'assurance chômage ; des orientations ont déjà été données pour engager le dialogue avec les partenaires sociaux ; et figure aussi la réforme du système des retraites avec l'objectif de sortir de l'éparpillement actuel avec un grand nombre de régimes spéciaux pour aller vers un régime universel qui remplacerait l'ensemble des régimes sociaux existants ; là aussi une concertation est engagée avec les partenaires sociaux», poursuit-il pour décrire les efforts actuels pour le futur.

«Et tout cela se fait sur un fond de poursuite de la réforme de l'action publique, de la rénovation de l'Etat. Pour faciliter les démarches des usagers et des administrés, il y a une réduction de la paperasserie bureaucratique, un accès au numérique pour faciliter les démarches», ajoute-t-il à propos du programme de réformes de l'administration Macron.

Selon les chiffres de Business France figurant dans le «Rapport sur l'internationalisation de l'économie française - Bilan 2017 des investissements étrangers en France» publié le 4 avril dernier, les investissements étrangers dans le pays européen ont atteint l'an passé le plus haut niveau en 10 ans, avec un total de 1.298 projets recensés (33.489 emplois), correspondant à une hausse de 16% sur un an. Les Américains sont redevenus les premiers investisseurs (230 projets), devant l'Allemagne (208), l'Italie (96), le Royaume-Uni (89) et la Chine et le Japon ex æquo (65). La France, juste après l'Allemagne, est le deuxième pays européen le plus attractif.

L'Ile-de-France a été la région la plus séduisante en accueillant près d'un tiers des investissements internationaux dans l'Hexagone (416 projets), précise le rapport. Sur l'ensemble du territoire national, la région parisienne, l'Auvergne-Rhône-Alpes, l'Occitanie et le Grand Est accueillent plus de la moitié des décisions d'investissement.

Les entreprises étrangères ont décidé d'investir, pour plus du quart (26%), dans les activités de production, qui va de la production de métaux, verre et céramique à l'industrie automobile en passant par la chimie, la plasturgie, l'agroalimentaire ou encore l'aéronautique (343 projets). Les secteurs d'activité les plus attrayants ont été les logiciels et les prestations informatiques (184), le conseil, l'ingénierie et le service aux entreprises (120), le commerce et la distribution (100), les machines et les équipements mécaniques (87) et l'agroalimentaire, l'agriculture et la pêche (76).

L'innovation constitue un autre grand facteur d'attractivité, avec de nombreux projets de recherche et développement (125). Les sociétés étrangères apprécient notamment les mesures de soutien à l'innovation, comme le crédit d'impôt recherche, la qualité des personnels de R&D et la collaboration avec la recherche académique. A souligner aussi que près de la moitié des décisions d'investissement (651) sont des ouvertures de nouveaux sites.

L'ambassadeur Fabien Penone conclut en assurant que «le gouvernement français et en particulier le président de la République font un effort tout particulier pour engager un dialogue plus direct avec les grandes entreprises internationales et organiser à échéances régulières des sommets et réunions en France pour accueillir davantage d'entreprises étrangères afin de leur expliquer l'évolution du modèle français et le souhait de les attirer en France».

L'entretien a été suivi d'une réception pour le «mois de l'investissement en France», à la résidence de l'ambassadeur également, à laquelle ont pris part le directeur exécutif de l'Association coréenne du commerce international (KITA), Cho Hak-hee, le président de la Chambre de commerce et d'industrie franco-coréenne (FKCCI), David-Pierre Jalicon, et des présidents et directeurs d'entreprises ayant des liens forts avec la France comme Naver Corp., SPC Group, Samsung Electronics Co. ou encore Hyundai Motor Co.

«Mois de l'investissement en France»
Directeur exécutif de la KITA
Réception à la résidence de France

Propos recueillis par Xavier Baldeyrou

(FIN)

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