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(2e LD) Mitsubishi ordonné d'indemniser des victimes coréennes du travail forcé

Actualités 29.11.2018 à 15h31
Victime du travail forcé japonais

SEOUL, 29 nov. (Yonhap) -- La Cour suprême a maintenu ce jeudi les verdicts ordonnant à la société japonaise Mitsubishi Heavy Industries Ltd. d'indemniser des victimes coréennes pour les avoir forcés à travailler sans rémunérations au cours de la Deuxième Guerre mondiale.

Le tribunal a confirmé les verdicts prononcés par des cours d'appel concernant deux poursuites judiciaires distinctes en dommages et intérêts, qui avaient ordonné à Mitsubishi de verser entre 100 et 120 millions de wons (89.000-109.000 dollars) à chacune des quatre plaignantes dont Yang Geum-duk, aujourd'hui âgée de 87 ans, et un membre de la famille d'une victime, et 800 millions de wons à chacune des six autres victimes.

Ces décisions sont intervenues près d'un mois après que la plus haute juridiction du pays a confirmé un verdict prononcé en 2013 qui avait ordonné à Nippon Steel & Sumitomo Metal Corp. d'indemniser chacun des plaignants coréens à hauteur de 100 millions de wons. Cette décision du 30 octobre dernier a refroidi les relations entre Séoul et Tokyo.

La Cour suprême a conclu encore une fois que le traité signé en 1965 entre la Corée du Sud et le Japon pour régler les problèmes liés à l'époque coloniale ne met pas fin au droit individuel de demander une indemnisation.

Ces victimes et la famille avaient engagé le procès en 2012 pour travail non rémunéré dans une usine de construction aéronautique de Mitsubishi à Nagoya en 1944.

Elles ont affirmé avoir été trompées par leur proviseur qui leur a dit qu'elles gagneraient beaucoup d'argent si elles adhèrent au Corps de travail volontaire des femmes coréennes.

Elles avaient porté plainte contre la société japonaise au Japon mais la plus haute juridiction nipponne s'est prononcée en faveur de Mitsubishi en 2008. Elles ont intenté une nouvelle action en justice en Corée et obtenu gain de cause en appel en 2015.

Les six autres victimes, dont un homme âgé de 72 ans, ont intenté de leur côté une poursuite en dommages et intérêts contre Mitsubishi pour travail non rémunéré dans une usine de munitions et de construction navale de Mitsubishi à Hiroshima en 1944.

Kim Seong-ju, l'une des plaignantes, n'a pas pu retenir ses larmes lors d'une conférence de presse tenue plus tôt par des groupes civiques de défense des victimes en temps de guerre.

«J'ai eu des ressentiments pendant toute ma vie et je suis toujours vivante, comme si tous mes os saillaient. C'est le poids de mes ressentiments», a déclaré la victime âgée de 90 ans.

Un officiel du ministère sud-coréen des Affaires étrangères a de son côté déclaré «respecter la décision de justice» en promettant des efforts pour soigner les cicatrices des victimes du travail forcé.

Il a affirmé que le gouvernement projetait d'élaborer des moyens de traiter cette question en tenant compte de divers facteurs.

L'officiel a aussi ajouté que la Corée du Sud souhaitait toujours le développement orienté vers le futur des relations avec le Japon.

Le ministre japonais des Affaires étrangères Taro Kono a de son côté qualifié les décisions de la justice sud-coréenne de «très regrettables et inacceptables».

lsr@yna.co.kr

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