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(3e LD) Mitsubishi ordonné d'indemniser des victimes coréennes du travail forcé

Actualités 29.11.2018 à 16h44
Kim Seong-ju, une victime du travail forcé du Japon, répond à des questions de journalistes le jeudi 29 novembre 2018 après son arrivée devant la Cour suprême à Séoul.

(3e LD) Mitsubishi ordonné d'indemniser des victimes coréennes du travail forcé - 3

SEOUL, 29 nov. (Yonhap) -- La Cour suprême a maintenu ce jeudi les verdicts ordonnant à la société japonaise Mitsubishi Heavy Industries Ltd. d'indemniser des victimes coréennes pour les avoir forcés à travailler sans rémunérations au cours de la Deuxième Guerre mondiale.

Le tribunal a confirmé les verdicts prononcés par des cours d'appel concernant deux poursuites judiciaires distinctes en dommages et intérêts, qui avaient ordonné à Mitsubishi de verser entre 100 et 120 millions de wons (89.000-109.000 dollars) à chacune des quatre plaignantes dont Yang Geum-duk, aujourd'hui âgée de 87 ans, et un membre de la famille d'une victime, et 800 millions de wons à chacune des six autres victimes.

Ces décisions sont intervenues près d'un mois après que la plus haute juridiction du pays a confirmé un verdict prononcé en 2013 qui avait ordonné à Nippon Steel & Sumitomo Metal Corp. d'indemniser chacun des plaignants coréens à hauteur de 100 millions de wons. Cette décision du 30 octobre dernier a refroidi les relations entre Séoul et Tokyo.

La Cour suprême a conclu encore une fois que le traité signé en 1965 entre la Corée du Sud et le Japon pour régler les problèmes liés à l'époque coloniale ne met pas fin au droit individuel de demander une indemnisation.

Ces victimes et la famille avaient engagé le procès en 2012 pour travail non rémunéré dans une usine de construction aéronautique de Mitsubishi à Nagoya en 1944.

Elles ont affirmé avoir été trompées par leur proviseur qui leur a dit qu'elles gagneraient beaucoup d'argent si elles adhèrent au Corps de travail volontaire des femmes coréennes.

Elles avaient porté plainte contre la société japonaise au Japon mais la plus haute juridiction nipponne s'est prononcée en faveur de Mitsubishi en 2008. Elles ont intenté une nouvelle action en justice en Corée et obtenu gain de cause en appel en 2015.

Les six autres victimes, dont un homme âgé de 72 ans, ont intenté de leur côté une poursuite en dommages et intérêts contre Mitsubishi pour travail non rémunéré dans une usine de munitions et de construction navale de Mitsubishi à Hiroshima en 1944.

Kim Seong-ju, l'une des plaignantes, n'a pas pu retenir ses larmes lors d'une conférence de presse tenue plus tôt par des groupes civiques de défense des victimes en temps de guerre.

«J'ai eu des ressentiments pendant toute ma vie et je suis toujours vivante, comme si tous mes os saillaient. C'est le poids de mes ressentiments», a déclaré la victime âgée de 90 ans.

Le ministre japonais des Affaires étrangères Taro Kono a de son côté qualifié les décisions de la justice sud-coréenne de «très regrettables et inacceptables».

Kono a aussi décrit les verdicts comme une violation du droit international et appelé Séoul à prendre les mesures appropriées pour résoudre le problème, tout en avertissant que le gouvernement japonais envisagera chaque option dont un procès international.

Le vice-ministre japonais des Affaires étrangères Takeo Akiba a convoqué l'ambassadeur de Séoul au Japon Lee Su-hoon pour protester contre ces décisions.

Le gouvernement sud-coréen a de son côté exhorté le Japon à s'abstenir de «réagir excessivement» face aux décisions de la justice sud-coréenne contre l'entreprise japonaise.

«Il est très regrettable que le gouvernement continue à réagir excessivement au verdict de notre justice et (nous) appelons à la retenue», a déclaré le porte-parole du ministère des Affaires étrangères Noh Kyu-duk lors d'un point de presse.

«Nous élaborerons les moyens de traiter cette question en tenant compte globalement des divers facteurs», a-t-il ajouté.

Indépendamment de la question du travail forcé, le porte-parole a souligné que la Corée du Sud chercherait à développer ses relations avec le Japon en les orientant vers le futur.

Le gouvernement Moon Jae-in envisage d'établir un organe consultatif pour se pencher sur la manière de traiter les questions juridiques et de faire face aux conflits diplomatiques avec le Japon.

La semaine dernière, il a annoncé sa décision de dissoudre la Fondation pour la réconciliation et la guérison financée par le Japon et destinée à soutenir les femmes coréennes qui ont été forcées à servir d'esclaves sexuelles pour les troupes japonaises pendant la Deuxième Guerre mondiale.

lsr@yna.co.kr

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