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Une exposition posthume célèbre Han Mook, pionnier méconnu de l'art abstrait

Actualités 12.12.2018 à 10h16

SEOUL, 12 déc. (Yonhap) -- Han Mook (1914-2016) est peu connu du public coréen, en dépit de son immense influence sur l'histoire de l'art du pays.

Ceux qui ont déjà pu le découvrir comprennent cependant la profondeur de son art et apprécient le nouvel ordre et les nouvelles pratiques artistiques qu'il a inlassablement suivis tout au long de sa vie.

Il s'installe définitivement à Paris en 1961, après avoir quitté un poste d'enseignant à l'université Hongik à Séoul, ce qui explique principalement pourquoi il ne s'est jamais bâti une importante notoriété dans sa patrie. En France, il a rarement montré ses œuvres en public jusqu'à sa mort en 2016, à l'âge de 102 ans.

Cette photo non datée, exposée lors de son exposition posthume «Han Mook _For Another Poetry-Order», au Musée d'art de Séoul (SeMA) le 11 décembre 2018, montre l'artiste défunt Han Mook dans son atelier.

Le Musée d'art de Séoul (SeMA) organise en ce moment «Han Mook _For Another Poetry-Order», la première exposition posthume qui lui est dédiée et aussi sa plus grande, avec quelque 130 œuvres, peintures et dessins, ainsi que des vidéos, afin d'avoir une vision globale de l'œuvre de Han qui s'étend sur plus d'un demi-siècle.

L'exposition est organisée dans l'ordre chronologique, de sa période de Séoul à celle de Paris, où il maîtrisait pleinement les codes de son abstraction géométrique unique.

Lors d'une conférence de presse donnée au musée hier, sa veuve, Lee Chung-seok, s'est souvenue de lui comme étant «toujours très dur envers lui-même» et un perfectionniste qui «devait tout faire par lui-même».

La veuve de l'artiste Han Mook, Lee Chung-seok, parle de son mari lors d'une conférence de presse au Musée d'art de Séoul (SeMA), le 11 décembre 2018.

En France, où elle vit toujours, l'artiste était «toujours un étranger» et le couple «menait une vie humble, à la manière des étudiants», son mari ne souhaitant en aucun cas vendre ses œuvres, choisissant plutôt de consacrer toute son énergie à son travail.

Han étudie l'art en Mandchourie et au Japon vers la fin de son adolescence et dans sa vingtaine. La plupart de ses peintures de cette période ont été perdues au cours de la guerre de Corée (1950-1953). L'exposition montre ses œuvres de 1953 et une soixantaine d'entre elles sont présentées au public coréen pour la première fois, a précisé le musée.

Cette image fournie par le Musée d'art de Séoul (SeMA) le 11 décembre 2018 montre «Shouting Man» de Han Mook, réalisée en 1995.

Depuis le milieu des années 50, il s'intéresse de plus en plus à l'art abstrait. En 1957, il forme un groupe appelé Modern Art avec d'autres pionniers de l'art coréen, tels que Yoo Young-kuk, Park Ko-suk et Lee Kyu-sang, et se place à l'avant-garde du mouvement de l'art moderne coréen.

L'alunissage d'Apollo 11 en 1969 a bouleversé le monde de Han, tel qu'il l'avait connu, et a exercé une influence considérable sur son art pendant des décennies.

Selon le musée, Han a compris que l'événement historique avait ajouté un nouvel ordre à l'humanité et l'avait chargé de travailler sur une nouvelle perception de l'espace sur toile.

Cette image fournie par le Musée d'art de Séoul (SeMA) le 11 décembre 2018 montre «Reunion» de Han Mook, une toile réalisée en 1991.

A partir de ce moment, il a exprimé et développé des compositions géométriques et futuristes à la fois dynamiques, lyriques et géométriques, de couleurs, de formes et de lignes. Au travers de ses peintures bidimensionnelles, il poursuit sa quête sans fin de la racine de la vie et de la philosophie orientale, a indiqué le musée.

En 2003, Han a été élu Artiste de l'année par le Musée national d'art moderne et contemporain (MMCA), qui a dirigé son exposition de grande envergure. En 2012, il a publié pour la première fois un recueil de ses peintures. Il avait 98 ans.

Dans le livre, il écrit «peindre signifie défier une force invisible».

Selon sa femme, ses dernières paroles sur son lit de mort ont été : «Voilà, avec un sourire et un pinceau.»

L'exposition se déroulera jusqu'au 24 mars 2019.

Cette image fournie par le Musée d'art de Séoul (SeMA) le 11 décembre 2018 montre «Untitled» de Han Mook, réalisée en 1977.

lp@yna.co.kr

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