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(Interview Yonhap) «Depuis 1990, environ 300 Coréens se sont engagés dans la Légion étrangère»

Interviews 19.12.2018 à 12h01

SEOUL, 19 déc. (Yonhap) -- Song An-sik, fondateur et président (2011-2020) de l'Amicale des légionnaires d'origine coréenne (ALOC) en France, a consenti à se plier à l'exercice de l'interview écrite pour décrire l'engagement actuel et dans le passé des Coréens dans la Légion étrangère, notamment leur niveau de participation dans ce corps de l'armée de terre française.

Créée en 2005, l'ALOC est affiliée à la Fédération des sociétés d'anciens de la Légion étrangère (FSALE). Ses principaux objectifs sont les suivants : «Entretenir les sentiments d'amitié et de fraternité nés dans les rangs de la Légion étrangère de tous grades, servir de trait d'union entre les anciens légionnaires et les légionnaires en activité et fournir une aide efficace aux anciens légionnaires.»

Song An-sik est lui-même un ancien légionnaire. Il a servi de 1996 à 2001 dans le 2e Régiment étranger de parachutistes à Calvi (Corse) et dans le 4e Régiment étranger à Castelnaudary (Aude). Il a aussi pris part à des missions à l'étranger, plus précisément au Gabon, en république du Congo, au Tchad et en ex-Yougoslavie.

Selon lui, l'impossibilité de voyager à l'étranger jusqu'à la fin de la guerre froide explique pourquoi très peu de Coréens se sont engagés dans la Légion dans un premier temps. «Jusqu'au début des années 90, nous pensons qu'il y en a eu au maximum une dizaine, mais cela est incertain car la Légion existe depuis 1831», rapporte-t-il.

Le premier d'entre eux serait John Pyong-il, né en 1929 à Hamhung, dans la province nord-coréenne du Hamgyong du Sud. Il a signé chez les «képis blancs» en 1953 après être passé au Sud en octobre 1950. Alors qu'il était soldat dans l'armée sud-coréenne durant la guerre de Corée, il a participé au ravitaillement du bataillon français dont un officier lui a fait connaître l'existence de la Légion. Il a ensuite pris part aux guerres d'Indochine et d'Algérie jusqu'en 1957.

«Depuis 1990, nous comptons environ 300 Coréens qui se sont engagés et 200 sont devenus anciens (qui sont allés au bout de leur premier contrat de 5 ans). Aujourd'hui, il y a une quarantaine de légionnaires d'origine coréenne dans la Légion», poursuit le président de l'ALOC. «Presque tous les légionnaires coréens ont déjà servi dans l'armée (à travers le service militaire obligatoire en Corée)», fait-il remarquer.

Concernant les raisons qui amènent des Coréens à intégrer la Légion, il estime que «pour la plupart, ce sont des aventuriers». «Il y a aussi des raisons politiques, économiques et sociales dans le pays d'origine, mais très peu. A la fin des années 90, à cause de la crise économique (financière asiatique de 1997), beaucoup de Coréens se sont engagés même si certains ont aussitôt déserté.»

A la question de savoir si les Coréens rencontrent des difficultés particulières dans la Légion, il répond que «les Coréens s'adaptent facilement et ont beaucoup de passion». «Ce sont de bons soldats. La difficulté pour eux, c'est la langue. Pendant et après.»

Pour ce qui du devenir des légionnaires coréens à la fin de leur contrat de cinq ans, 10% restent dans la Légion et aucun n'aurait rejoint l'armée française régulière, d'après les statistiques du responsable de l'amicale qui ajoute que, parmi ceux qui partent, 40% choisissent de continuer à vivre en France, 40% décident de rentrer en Corée, 20% cherchent une nouvelle aventure dans un pays tiers.

Song An-sik, aujourd'hui chef d'entreprise du bâtiment résidant à Paris, ajoute que la Légion a déjà participé à un échange avec la Corée. En 2006, la Musique de la Légion étrangère (MLE), la formation musicale de l'armée française composée de légionnaires, a joué au Wonju International Tattoo, le plus grand festival de musique militaire en Asie, à la ville de Wonju, dans la province du Gangwon. Inversement, la Légion a adopté le célèbre chant traditionnel coréen «Arirang» pour une marche dont la cadence était de 88 pas par minute.

Enfin, grâce à l'ALOC, l'ambassade de république de Corée à Paris invite régulièrement des membres de la Légion, actuels et anciens, à des réceptions, notamment pour les grandes fêtes nationales coréennes. Cette initiative leur permet ainsi de bénéficier d'une reconnaissance morale et historique auprès de leur pays d'origine également.

Propos recueillis par Xavier Baldeyrou

(FIN)

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