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Les Etats-Unis manifestent leur volonté de revitaliser les pourparlers nucléaires grâce à l'aide humanitaire

Actualités 20.12.2018 à 20h54

SEOUL, 20 déc. (Yonhap) -- La volonté des Etats-Unis d'autoriser les citoyens américains à se rendre en Corée du Nord pour fournir une aide humanitaire est perçue comme un effort conjoint avec la Corée du Sud visant à trouver une issue à l'impasse dans laquelle se trouvent les pourparlers de dénucléarisation avec Pyongyang.

Stephen Biegun, l'émissaire spécial américain pour les discussions nucléaires de la Corée du Nord, a déclaré hier à son arrivée en Corée du Sud qu'il souhaitait s'entretenir avec son homologue sud-coréen, affirmant que Washington allait réévaluer l'interdiction des voyages de groupes d'aide privés et religieux dans ce pays appauvri.

«Nous accordons toujours la priorité à la sécurité des Américains quand nous examinons les demandes de voyage, et nous continuerons à attendre des organisations humanitaires qu'elles respectent les normes internationales en matière de surveillance de leurs programmes», a-t-il déclaré à la presse dès son arrivée à l'aéroport international d'Incheon, à l'ouest de Séoul.

«Cependant, nous pensons également que les conditions sont réunies pour que nous puissions réévaluer la manière dont ces politiques sont mises en œuvre, et nous prévoyons de le faire au début de l'année prochaine», a-t-il précisé en lisant une déclaration.

Biegun a ajouté qu'il discuterait avec des groupes humanitaires américains au début de l'année prochaine de la manière de «mieux assurer la fourniture de l'aide appropriée», ajoutant que le secrétaire d'Etat Mike Pompeo lui avait ordonné de revoir la politique correspondante.

L'émissaire spécial américain pour les discussions nucléaires de la Corée du Nord, Stephen Biegun, lit un message le mercredi 19 décembre 2018 à son arrivée à l'aéroport international d'Incheon.

Ses remarques ont été perçues comme un message soigneusement conçu à l'intention de la Corée du Nord dans le cadre des efforts destinés à trouver un compromis dans la demande d'allègement des sanctions de Pyongyang et l'insistance de Washington sur leur maintien jusqu'à ce que le Nord prenne de nouvelles mesures de dénucléarisation.

Il est clair que l'allocution de Biegun avait été préparée bien avant son départ de Washington, l'envoyé l'ayant pris pour la lire. Jusque-là, Biegun, qui a pris ses fonctions en août, s'était rarement adressé aux journalistes dans les aéroports à son arrivée en Corée du Sud.

Fournir une assistance humanitaire au Nord pourrait être un moyen de débloquer les pourparlers entre Washington et Pyongyang, même s'il est difficile de déterminer si l'Etat reclus trouvera l'offre satisfaisante et la considérera comme une sorte d'allégement des sanctions pour faire progresser son processus de dénucléarisation.

Il n'y a aucune certitude sur la provenance de cette idée des Etats-Unis qui consiste à utiliser l'aide humanitaire comme un moyen de sortir de l'impasse. Cependant, la proposition est étonnamment similaire à celle de Moon Chung-in, conseiller spécial du président sud-coréen Moon Jae-in, évoquée plus tôt ce mois-ci.

«De nombreux citoyens américains souhaitent mener des activités humanitaires en Corée du Nord, mais ne le peuvent pas en raison de restrictions imposées par le gouvernement», a déclaré le conseiller lors d'une conférence à l'Université nationale de Séoul le 3 décembre. «Soulager ces restrictions pourrait envoyer un message plutôt positif à la Corée du Nord.»

La Corée du Sud a travaillé d'arrache-pied pour parvenir à une avancée décisive dans les pourparlers sur le nucléaire.

Le président Moon a également affirmé, plus tôt ce mois-ci, que les mesures prises en faveur de la dénucléarisation par la Corée du Nord pourraient être récompensées par un report ou une réduction des exercices militaires sud-coréano-américain, une assistance humanitaire ou des échanges non politiques, tels que des échanges sportifs et culturels.

«Les Etats-Unis ont changé leur position en matière d'assistance humanitaire dans le but de faire dialoguer la Corée du Nord», a estimé Shin Beom-chul, analyste à l'Institut Asan pour les études politiques. «Nous devons attendre et voir à quel point cela affectera le dialogue avec la Corée du Nord.»

L'offre de Biegun intervient alors que la Corée du Nord exprimait sa frustration et des critiques grandissantes face au refus des Etats-Unis d'assouplir les sanctions. Un groupe de réflexion affilié au ministère des Affaires étrangères a averti que si Washington s'en tenait aux sanctions, il «bloquerait à jamais la voie de la dénucléarisation sur la péninsule coréenne.»

«Aujourd'hui, la société internationale approuve à l'unanimité les mesures de dénucléarisation dynamiques prises par la RPDC et exhorte les Etats-Unis à réagir de manière correspondante à ces mesures», a mis en avant le directeur de la recherche sur les politiques de l'Institut d'études américaines du ministère des Affaires étrangères du Nord. La RPDC est le sigle du nom officiel de la Corée du Nord, la République populaire démocratique de Corée.

Dans un autre commentaire publié aujourd'hui, l'Agence centrale de presse nord-coréenne (KCNA) a déclaré que la levée des sanctions à l'encontre de la nation communiste était une «pierre de touche» pour déterminer si les Etats-Unis s'engageaient dans la dénucléarisation de la péninsule coréenne.

Les activités humanitaires ne sont pas prohibées par des sanctions internationales, mais les mesures coercitives les affectent par une perturbation des circuits bancaires, une rupture des chaînes d'approvisionnement et des retards dans le transport des marchandises.

Selon un rapport des Nations unies, la Corée du Nord a besoin d'une aide humanitaire estimée à 111 millions de dollars l'année prochaine. Son financement est passé de 400 millions de dollars en 2004 à 26,2 millions de dollars en novembre de cette année, indique le rapport.

lp@yna.co.kr

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