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(3e LD) Moon appelle à des mesures de dénucléarisation «plus audacieuses» pour mettre fin aux sanctions

National 10.01.2019 à 15h56
Le président Moon Jae-in répond le 10 janvier 2019 à une question d'un journaliste lors d'une conférence de presse de la nouvelle année à Cheong Wa Dae.

SEOUL, 10 jan. (Yonhap) -- Le président sud-coréen, Moon Jae-in, a souligné ce jeudi la nécessité pour la Corée du Nord d'entreprendre des actions plus concrètes et plus rapides en matière de dénucléarisation, tout en soulignant l'importance des mesures correspondantes prises par la communauté internationale pour accélérer davantage le processus de dénucléarisation.

«Je pense que la Corée du Nord doit prendre des mesures pratiques de dénucléarisation plus audacieuses si elle souhaite résoudre le problème des sanctions internationales, car la question des sanctions internationales dépend de la rapidité du processus de dénucléarisation de la Corée du Nord», a déclaré le président lors d'une conférence de presse donnée à Cheong Wa Dae, le bureau présidentiel.

«Je pense que des mesures correspondantes doivent également être envisagées pour promouvoir davantage le processus de dénucléarisation en Corée du Nord», a déclaré Moon.

Les remarques de Moon font suite à des mois de débats apparents entre les Etats-Unis et la Corée du Nord sur qui doit faire quoi en premier.

Pyongyang exigerait des initiatives correspondantes pour les mesures de dénucléarisation déjà entreprises jusqu'à présent, tandis que Washington estime que le Nord doit faire davantage.

Moon a estimé qu'une telle divergence pourrait provenir d'années de méfiance et d'hostilité.

«Je pense que les deux parties sont avisées. La Corée du Nord sait qu'elle doit prendre des mesures plus concrètes en matière de dénucléarisation pour lever les sanctions internationales. Les Etats-Unis voient également le besoin de mesures correspondantes pour encourager la dénucléarisation du Nord», a affirmé le président.

«Cependant, ils demandent à l'autre partie d'agir en premier parce qu'ils ne peuvent pas se faire confiance. Je pense que c'est pourquoi le deuxième sommet américano-nord-coréen a été reporté jusqu'à maintenant», a-t-il ajouté.

Le président américain Donald Trump et le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un se sont rencontrés à Singapour en juin de l'année dernière.

Moon a souligné que le deuxième sommet entre les Etats-Unis et la Corée du Nord devrait être imminent, affirmant que le voyage de Kim en Chine cette semaine pourrait être une indication.

«Je pense que la visite du président Kim en Chine est un signe que le deuxième sommet Corée du Nord-Etats-Unis n'est pas loin. La Chine a continué à jouer un rôle positif dans le processus de dialogue intercoréen, ainsi que dans les pourparlers américano-nord-coréens», a-t-il ajouté.

Moon a écarté les inquiétudes selon lesquelles la Corée du Nord et les Etats-Unis seraient en désaccord sur ce qui implique la «dénucléarisation complète», en notant que le dirigeant nord-coréen comprend tout à fait et est d'accord avec la définition de la dénucléarisation complète utilisée par Washington et le reste de la communauté internationale.

«Kim Jong-un a clairement déclaré aux dirigeants de chaque pays qu'il a rencontrés dont moi-même, le président Trump, le président Xi Jinping et le président (Vladimir) Poutine, qu'il n'y avait pas de différence entre la dénucléarisation complète dont il parle actuellement et la dénucléarisation complète que la communauté internationale demande», a déclaré le chef de l'Etat lors de la conférence de presse retransmise en direct à la télévision.

Il a aussi exprimé son souhait de voir Kim venir en Corée du Sud dans un avenir proche, éventuellement après son deuxième sommet avec le président américain.

«Je suis persuadé que (sa visite à Séoul) se réalisera car le président Kim l'a promis et annoncé en personne. Mais comme elle est liée au deuxième sommet Corée du Nord-Etats-Unis, je pense que la visite réciproque du président Kim pourrait être menée plus doucement une fois que le deuxième sommet Corée du Nord-Etats-Unis se sera tenu d'abord», a-t-il noté.

Kim a promis d'effectuer une visite à Séoul pour donner suite au voyage de Moon à Pyongyang en septembre dernier pour leur troisième sommet bilatéral.

Dans une lettre personnelle envoyée à Moon à la fin de l'année dernière, Kim a exprimé sa déception de ne pas avoir tenu sa promesse d'effectuer une visite à Séoul avant la fin de l'année, tout en faisant part de sa volonté d'y remédier en observant la situation de très près.

Au cours de la conférence de presse, Moon a dit avoir répondu à la lettre de Kim.

«Il est difficile de dévoiler les détails (de la lettre)», a-t-il dit, tout en ajoutant qu'il a exprimé son souhait de rencontrer plus souvent Kim et de voir une plus grande accélération de la dénucléarisation cette année.

A propos de la déclaration de fin de guerre, Moon a souligné que «si la dénucléarisation arrive dans sa dernière étape, à ce moment-là, un traité de paix devra être signé et les pays qui ont été impliqués dans la guerre devront participer à ce traité», en ajoutant qu'un mécanisme multilatéral sera par la suite nécessaire pour garantir la paix.

«S'il y a une déclaration appelant à mettre fin aux hostilités l'un contre l'autre après la déclaration de fin de guerre, je pense que la Corée du Nord accélérera (le processus de) la dénucléarisation et que l'on pourra signer un traité de paix», a-t-il estimé, après avoir décrit la déclaration de fin de guerre comme une «déclaration politique appelant à suivre une telle voie».

«Si le calendrier (de la déclaration de fin de guerre) est réajusté, je pense que le processus est toujours vivant», a-t-il ajouté.

Moon a en outre affirmé que le Sud reprendrait sa coopération économique avec la Corée du Nord aussitôt que les sanctions internationales auront été levées.

«Comme nombre d'entre vous l'ont dit, l'économie sud-coréenne fait face à des difficultés structurelles et n'est plus capable de réaliser des taux de croissance élevés comme avant. Je suis persuadé que la coopération économique intercoréenne offrira un nouveau moteur de croissance qui redynamisera notre économie», a-t-il indiqué.

A une question portant sur les conflits prolongés entre Séoul et Tokyo sur leur histoire commune, le président a martelé que les problèmes auxquels les pays faisaient face n'étaient pas causés par la Corée du Sud.

«Il y a eu une histoire malheureuse entre la Corée du Sud et le Japon», s'est remémoré le président, faisant référence au joug colonial japonais (1910-1945).

«Ces problèmes continuent aujourd'hui encore. Ce ne sont pas les problèmes qui ont été causés par le gouvernement sud-coréen», a-t-il ajouté.

Les relations Séoul-Tokyo sont à nouveau mises à l'épreuve après que la justice sud-coréenne s'est prononcée en faveur de Sud-Coréens qui ont été forcés à travailler pour une société japonaise au cours de la Deuxième Guerre mondiale sans être rémunérés ou en étant payés très peu, et ordonné une saisie d'avoirs de la société japonaise en question.

Le Japon a convoqué hier l'ambassadeur sud-coréen à Tokyo pour protester contre cette décision.

Moon a regretté ce qu'il a décrit comme une tentative du gouvernement japonaise de politiser les questions liées à l'histoire entre les deux pays.

«Le gouvernement sud-coréen a dit à plusieurs reprises que nous devons aborder ces questions séparément, tout en nous veillant à ce que les relations entre les pays ne soient affectées», a rappelé le président.

«Je pense que ce n'est pas une décision judicieuse pour les dirigeants japonais de politiser ces questions afin d'en faire des controverses», a-t-il ajouté.

La conférence de presse à laquelle pas moins de 180 journalistes coréens et étrangers ont assisté a été la troisième du genre à être retransmise en direct depuis son investiture en mai 2017. Elle a débuté avec une allocution du président qui s'est focalisée sur les questions économiques.

lp@yna.co.kr

lsr@yna.co.kr

(FIN)

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