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(LEAD) L'ex-chef de la Cour suprême défend le système judiciaire avant l'interrogatoire du Parquet

Actualités 11.01.2019 à 13h54

SEOUL, 11 jan. (Yonhap) -- L'ancien chef de la Cour suprême Yang Sung-tae a défendu le système judiciaire et lui-même alors qu'il était sur le point de se faire interroger par les procureurs sur une série d'allégations dans le cadre d'un scandale grandissant d'abus de pouvoir.

Yang est apparu devant la Cour suprême, située dans le sud de la capitale, avant l'interrogatoire prévu à 9h30 au Parquet central du district de Séoul. La sécurité était renforcée et de nombreux manifestants réclamaient sa condamnation.

L'ancien chef de la Cour suprême Yang Sung-tae (au centre) répond aux questions des journalistes le 11 janvier 2019, devant la Cour suprême à Séoul, avant l'interrogatoire au Parquet.

«Je n'ai que moi-même à blâmer pour tout cela. C'est à moi que cette responsabilité incombe», a-t-il déclaré à la presse. «Je suis également profondément désolé que le public s'inquiète des événements qui se sont produits sous mon mandat.»

Il a cependant rejeté les accusations de plus en plus nombreuses selon lesquelles le pouvoir judiciaire aurait été impliqué dans une éventuelle ingérence de procès, soulignant que «la majorité des fonctionnaires des tribunaux sont déterminés à servir le public au nom de la justice».

«Nous n'avons jamais agi contre notre conscience et la primauté du droit. Et je crois en elles», a affirmé Yang.

Il a également appelé le public à faire confiance à la justice et à suivre l'enquête «sans parti pris».

«Si (mes fonctionnaires) avaient commis quelque chose de mal, j'en serais tenu pour responsable, mais je souhaite également que cette enquête soit menée de manière objective, sans parti pris ni préjugé.»

L'homme de 71 ans est accusé d'avoir utilisé ou tenté d'utiliser des procès comme moyen d'influence politique pour faire du lobbying auprès du bureau de Park Geun-hye, la présidente d'alors, afin d'obtenir son approbation pour la création d'une cour d'appel distincte, un projet qu'il envisageait depuis longtemps.

Yang Sung-tae est le premier ancien président de la Cour suprême sud-coréenne à subir un interrogatoire des procureurs en qualité de suspect. Il fait face à au moins 40 chefs d'accusation, notamment pour abus de pouvoir et divulgation de secrets d'Etat.

L'ancien juge vétéran a dirigé la Cour suprême de 2011 à septembre 2017, date à laquelle il a pris sa retraite.

Il aurait chargé ses représentants à l'Administration judiciaire nationale (NCA), l'organe directeur du plus haut tribunal, de trouver des moyens d'interférer dans des procès dont les décisions revêtaient une grande importance politique pour Park.

Yang a exercé des pressions sur les juges chargés de tels procès pour qu'ils rendent des verdicts en faveur de Park et défavorisait ceux opposés à la création d'une autre cour d'appel, ont déclaré les procureurs.

Il est également accusé d'avoir retardé la délibération d'une action en dommages et intérêts intentée par des victimes coréennes du travail forcé du Japon en temps de guerre, afin de gagner les faveurs de l'ancienne présidente qui cherchait des relations amicales avec Tokyo.

Les procureurs affirment détenir suffisamment de preuves pour pouvoir l'accuser.

Ils ont obtenu un témoignage du principal juge de l'époque dans l'affaire des travaux forcés, affirmant que Yang l'avait mis en garde contre un éventuel litige international si la décision était rendue en faveur des victimes.

Yang lui aurait alors dit «de mettre en place des arguments pouvant inverser» la décision antérieure de la plus haute juridiction.

Le procès pour corruption de Won Sei-hoon, ancien chef du renseignement, fait également partie des procès en question. Ses accusations d'infraction électorale pourraient potentiellement miner la légitimité de la victoire de Park dans la course à la présidentielle de 2012.

Le scandale croissant a soumis l'ensemble de la justice à un examen minutieux sans précédent, mêlé à des réactions mitigées au sein du cercle judiciaire à l'égard de l'enquête qui prend de plus en plus d'ampleur.

Alors que les juges subalternes acceptent la plupart du temps le besoin d'une enquête et demandent une réflexion sur soi, de nombreux juges de haut rang ont exprimé leur mécontentement, accusant le Parquet de trop pousser les investigations pour discréditer le système judiciaire.

Les procureurs devraient vraisemblablement demander un mandat d'arrêt contre Yang pour lequel ils auraient besoin de l'approbation du procureur général Moon Moo-il, compte tenu du caractère extrêmement délicat de l'affaire.

lp@yna.co.kr

(FIN)

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