Go to Contents Go to Navigation

Livre blanc sur la défense 2018 : la Corée du Nord plus étiquetée comme un «ennemi»

Actualités 15.01.2019 à 15h42
Ministère de la Défense
Livre blanc sur la défense 2018

SEOUL, 15 jan. (Yonhap) -- Le ministère de la Défense a supprimé la désignation «ennemi» qui était attribuée au gouvernement et à l'armée de la Corée du Nord dans son dernier livre blanc publié ce mardi pour refléter les efforts de paix actuels avec le régime communiste.

Dans le rapport biennal 2018, le ministère n'a pas utilisé de termes susceptibles de provoquer comme Korea Massive Punishment & Retaliation (KMPR), plan destiné à neutraliser la direction nord-coréenne en cas de guerre, et Kill Chain, système de frappes préemptives.

La publication du livre blanc sur la défense, accessible en ligne et hors ligne, est intervenue alors que Séoul cherche à mettre en place une série de mesures d'établissement de la confiance et de contrôle des armes conventionnelles avec Pyongyang dans le but de favoriser l'instauration d'une paix durable sur la péninsule coréenne.

La version mise à jour utilise le mot «ennemi» pour désigner plus globalement les menaces à la sécurité nationale.

«Le mot "ennemi" sert à décrire un concept englobant non seulement les menaces nord-coréennes mais aussi les menaces transnationales et non militaires, ainsi que les potentielles menaces croissantes», a déclaré le ministère dans un communiqué de presse.

«(Le livre blanc) indique aussi que (Séoul) se préparera minutieusement à tous les scénarios, y compris ceux impliquant les armes de destruction massive du Nord, tout en tenant compte des liens transfrontaliers marqués par les efforts destinés à réduire les tensions et à bâtir la confiance après trois sommets intercoréens en 2018», a-t-il ajouté.

La version de 2016 décrivait les armes de destruction massives, cyberattaques et éventuels attentats de la Corée du Nord comme de «grandes menaces» à la sécurité nationale en notant que, tant que ces menaces persisteront, le régime et l'armée du Nord resteront «notre ennemi».

La suppression de la formulation «anti-Pyongyang» suscite des inquiétudes selon lesquelles elle pourrait rendre laxiste la discipline au sein de l'armée sud-coréenne alors que les capacités nucléaires et balistiques nord-coréennes restent inchangées. Les deux Corées sont toujours en état de conflit, la guerre de Corée (1950-1953) s'étant terminée par un armistice et non un traité de paix.

Par ailleurs, le dernier document cite une série de changements notables dans l'armée nord-coréenne.

Pyongyang a créé un bataillon d'opérations spéciales chargé d'assassiner les personnalités hostiles clés et désigné comme une nouvelle armée spéciale dans le cadre de ses efforts continus pour renforcer les capacités des forces spéciales. Il est estimé que les commandos nord-coréens comptent environ 200.000 hommes.

Concernant l'inventaire nucléaire du Nord, le livre donne la même évaluation que celle de l'édition 2016. Séoul estime que Pyongyang possède 50 kg de plutonium de qualité militaire et un volume «considérable» d'uranium hautement enrichi.

Il note également que les capacités nucléaires du Nord ont progressé à travers ses six essais nucléaires depuis 2006 et sa technologie de miniaturisation des ogives nucléaires a atteint un niveau «considérable».

A propos des lanceurs, le livre indique que le Nord a développé ou possède actuellement 17 types de missiles balistiques de plusieurs portées, incluant le missile intercontinental Hwasong-15 capable de voler environ 10.000 km.

Le nombre de soldats nord-coréens dépasse largement celui du Sud. Le rapport estime les effectifs militaires du Nord à 1,28 million d'hommes, plus du double de la taille de l'armée sud-coréenne qui en compte actuellement environ 599.000.

Le Sud projette de réduire le nombre de ses soldats à 500.000 d'ici 2022 dans le cadre d'un plan de réforme destiné à créer une armée plus petite mais plus intelligente en s'appuyant sur les nouvelles technologies comme l'intelligence artificielle, les drones et les robots.

Le document tient également à noter les récents efforts du Nord pour s'assurer de meilleures capacités d'artillerie. Il a fabriqué de nouveaux lance-roquettes multiples de 122 mm et 200 mm pour les déployer dans des zones côtières. Il a aussi mis au point et déployé des projectiles de portées plus importantes et d'une précision améliorée.

Bien qu'aucun changement notable n'ait été détecté dans les capacités navales de Pyongyang, ce dernier chercherait à construire un sous-marin de 2.500 tonnes de classe Gorae capable de transporter et tirer un missile balistique, selon le rapport.

Quant à la stratégie militaire de Pyongyang, le ministère a soulevé la possibilité de voir le Nord recourir aux forces militaires «asymétriques» pour une attaque surprise afin d'aider à établir un environnement de combat favorable en cas de conflit militaire.

«Cela dit, compte tenu du fait que le Nord a revu sa stratégie militaire conformément aux changements dans l'environnement stratégique, il pourrait explorer un changement en phase avec les efforts pour la dénucléarisation et un régime de paix sur la péninsule et avec les progrès dans les négociations de dénucléarisation», estime le livre blanc.

Depuis 1967, Séoul a publié 23 livres blancs sur la défense, comprenant celui d'aujourd'hui, pour améliorer la transparence de sa politique et obtenir le soutien international pour ses efforts de paix sur la péninsule.

lsr@yna.co.kr

(FIN)

Accueil Haut de page