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(FOCUS) Les particules fines obligent les Coréens à changer leur mode de vie

Gros plans 22.01.2019 à 15h52

SEOUL, 22 jan. (Yonhap) -- La forte concentration de poussières fines dans l'air constitue de plus en plus un problème majeur dans la vie quotidienne des Sud-Coréens, les contraignant à changer leur mode de vie et même parfois leur lieu de résidence.

«J'amène habituellement mes enfants avec moi au parc du fleuve Han pour jouer au basket-ball ou faire une promenade, mais j'ai décidé qu'ils resteraient à la maison ce week-end parce que le météorologue a dit que le niveau de poussières serait mauvais», déplore Yoo Seung-hyeon, 42 ans, alors qu'elle se promenait le long de la rivière avec son mari, «pas pour l'air frais, mais pour faire un peu d'exercice».

«J'aimerais faire plus d'exercices moi-même, mais j'ai peur que respirer trop cet air puisse être plutôt mauvais pour la santé», déclare la mère de trois enfants qui réside dans le quartier de Banpo à Séoul. «J'avais l'habitude de venir ici beaucoup plus souvent que maintenant.»

La poussière éloigne Yoo et d'autres personnes comme elle d'une des formes d'exercice les plus courantes pour les Séouliens occupés.

Sur ces photos prises le 20 janvier 2019, une aire d'entraînement située sur le bord du fleuve Han à Séoul est déserte, tandis qu'un panneau sur la photo de droite, écrit et accroché par la municipalité, conseille aux utilisateurs de ne pas utiliser l'équipement en raison du niveau élevé de poussières fines.

Séoul et le reste de la nation souffrent depuis longtemps de ce que l'on appelle les sables jaunes, de fines particules de poussière portées par les vents depuis les vastes étendues sablonneuses de Chine et Mongolie.

Le phénomène, vieux de plusieurs décennies, s'est récemment vu attribuer le nouveau nom de «poussière fine» lorsque les particules de sable jaune contiennent également des poussières fines, ou microscopiques, qui endommagent les poumons humains.

Le danger des poussières fines est apparemment en augmentation, à la fois en gravité et en fréquence.

En seulement quatre mois de 2018, la province du Gyeonggi, qui entoure la capitale, a émis 42 avertissements et alertes aux poussières, contre 36 au cours de la même période de l'année précédente.

Cette photo prise le 15 janvier 2019 montre une couche de poussières épaisses entourant la zone située près de l'Assemblée nationale à Yeouido, au centre de Séoul.

Les masques protecteurs ne sont plus un phénomène rare, alors que le nombre de jours où les particules fines sont fortement présentes augmente régulièrement, ce qui oblige également les citoyens à rester à l'intérieur, même pour les activités de plein air.

La Corée du Sud compte déjà l'un des plus grands nombres de centres de golf intérieur, avec plus de 7.000 en 2017.

Les observateurs du marché notent que cette croissance provient en grande partie du manque de terrains de golf dans le pays, mais de nombreux utilisateurs de ces simulateurs de golf affirment que les poussières fines ont certainement contribué à leurs visites.

«Auparavant, nous avions recours aux parcours de golf sur écran quand nous ne pouvions pas jouer dehors», a déclaré Hahn Jong-han, 44 ans.

Hahn, qui travaille à Séoul et vit à Seongnam, dans la province du Gyeonggi, a déclaré que les seuls moments où il renonçait à aller sur le terrain étaient lorsqu'il pleuvait ou neigeait.

«Mais maintenant, nous annulons nos réservations lorsque le niveau de poussières fines est trop élevé et allons plutôt jouer au golf sur écran», a-t-il indiqué.

L'industrie des activités en salle s'étend à d'autres sports de plein air, notamment le baseball.

Hahn, membre d'un club de baseball amateur qu'il a formé avec des amis du lycée, explique que son équipe s'entraîne occasionnellement dans des clubs de baseball en salle lorsque le niveau de poussières fines devient critique.

L'Organisation coréenne de baseball (KBO) a récemment modifié sa réglementation pour autoriser l'annulation ou la suspension d'un match de baseball professionnel en cas d'alerte grave aux particules fines.

Sur la photo prise le 15 janvier 2019, la plupart des participants à une manifestation portent des masques en raison des particules fines à Séoul.

Seul côté positif, les sables jaunes créent de nouvelles opportunités pour de nombreuses entreprises.

Lee Jae-yong, vice-président et héritier du géant de la technologie Samsung Electronics Co., a récemment révélé que la société exploitait un nouveau centre de recherche et développement spécialisé dans les poussières fines et les produits associés.

Autrefois considérés comme superflus, les purificateurs d'air sont en train de devenir une nécessité quotidienne non seulement dans les foyers et sur les lieux de travail, mais également pour les entreprises recevant des clients.

Selon les observateurs de l'industrie, plus de 2 millions de purificateurs d'air auraient été vendus sur le seul marché local l'année dernière, soit plus de quatre fois plus que les quelque 500.000 unités écoulées en 2014.

Samsung et son plus grand concurrent local, LG Electronics Inc., cherchent à offrir une solution tout-en-un pour la qualité de l'air, tous deux présentant récemment des climatiseurs basés sur l'intelligence artificielle qui peuvent également purifier l'air.

«Les nouveaux climatiseurs sans émission de vent basés sur la technologie d'intelligence artificielle ont amélioré la fonction de purification de l'air et présentent un design cool», a déclaré Lee Jae-hwan, haut responsable de la division électronique grand public de Samsung, lors d'un récent événement médiatique.

«Nous allons intensifier nos efforts pour développer les technologies de traitement de l'air afin d'aider les consommateurs à mieux résister aux vagues de chaleur et à la poussière fine», a ajouté le responsable de Samsung.

Dans un tel contexte, le gouvernement lancera bientôt son propre projet de développement de systèmes de purification de l'air pour les écoles et les établissements publics.

Selon le ministère de l'Education, l'Etat injectera jusqu'à 30 milliards de wons (23,4 millions de dollars) d'ici 2023 pour identifier les effets des particules fines sur les élèves et développer des systèmes de gestion de la poussière dans les écoles.

Des chercheurs travaillent sur un projet du nouveau centre de recherche sur la qualité de l'air de LG Electronics Inc, qui a ouvert ses portes à Séoul en octobre 2018. (LG Electronics)

lp@yna.co.kr

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