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(FOCUS) Attentes grandissantes autour d'échanges intercoréens plus dynamiques à l'approche du sommet Trump-Kim

International 07.02.2019 à 11h43
Sommet avec les collaborateurs

SEOUL, 07 fév. (Yonhap) -- Alors que les Etats-Unis et la Corée du Nord ont fixé la date et le pays d'accueil de leur deuxième sommet, les espoirs de reprise des échanges intercoréens gagnent du terrain après un creux prolongé causé par des progrès plus lents que prévus des pourparlers sur la dénucléarisation.

Bien que les choses dépendent encore de l'issue du sommet qui se tiendra dans quelques semaines, les observateurs estiment qu'il pourrait aussi ouvrir la voie à la promesse du dirigeant nord-coréen Kim Jong-un de venir à Séoul dans un proche avenir, ce qui laisse présager une réconciliation plus profonde et une coopération transfrontalière plus dense.

Mardi (heure de Washington), le président américain Donald Trump a annoncé dans son discours sur l'état de l'Union qu'il rencontrerait Kim les 27 et 28 février au Vietnam pour leur deuxième sommet. Il n'a pas précisé quelle ville accueillerait leur tête-à-tête aux enjeux élevés.

Trump et Kim se sont rencontrés à Singapour en juin dernier pour leur toute première réunion au cours de laquelle ils sont convenus d'achever la dénucléarisation de la péninsule coréenne en échange de garanties de sécurité pour Pyongyang.

Les progrès ont été lents, Pyongyang cherchant à obtenir une levée des sanctions en contrepartie des mesures prises depuis le sommet de juin, telles que le démantèlement d'un site nucléaire et de test de missiles majeur, et Washington exigeant des mesures plus concrètes de dénucléarisation.

Le prochain sommet Trump-Kim se concentrera probablement sur les mesures détaillées que Pyongyang pourrait prendre et sur les engagements correspondants que Washington pourrait proposer dans le cadre d'un processus qui pourrait être un long processus de dénucléarisation.

«Beaucoup de travail reste à accomplir, mais ma relation avec Kim Jong-un est bonne», a affirmé Trump. «Le dirigeant Kim et moi-même nous reverrons les 27 et 28 février au Vietnam», a-t-il indiqué.

Les échanges entre les deux Corées ont été entravés par des préoccupations face aux progrès plus lents que prévu dans les pourparlers de dénucléarisation et la ferme volonté des Etats-Unis de maintenir les sanctions en place jusqu'à ce que le Nord renonce complètement à ses ambitions nucléaires et balistiques.

Craignant des violations des sanctions imposées contre Pyongyang, Séoul s'est montré réticent à s'engager dans une coopération transfrontalière à part entière en dépit de la promesse de leurs dirigeants de renforcer leurs échanges lors de leurs trois sommets tenus l'année dernière.

Le projet de raccordement de chemins de fer et de routes au-delà de leur frontière pourrait en être le meilleur exemple car il est resté dans l'impasse ; seule une cérémonie symbolique d'inauguration a eu lieu à la fin de l'année dernière et aucune construction n'a été lancée.

Pas de progrès non plus n'a été réalisé dans la reprise des opérations du parc industriel de Kaesong et du programme de visites au mont Kumgang, deux projets intercoréens clés suspendus depuis des années.

Lors de leur sommet de septembre dernier, les dirigeants des deux Corées se sont engagés à «normaliser» les deux initiatives. Dans son discours du Nouvel An, le leader du Nord a exigé la reprise des deux projets «sans conditions préalables».

Les demandes d'hommes d'affaires de se rendre à Kaesong, où ils opéraient autrefois, ont été maintes fois refusées, craignant qu'une approbation ne donne à penser que Séoul pourrait faire pression en faveur de la reprise des activités malgré les sanctions existantes.

L'exploitation du parc industriel de Kaesong s'est arrêtée en février 2016 suite à des essais nucléaires et balistiques de Pyongyang. Le programme de visites au mont Kumgang a été suspendu en 2008 après qu'une touriste sud-coréenne a été tuée par un garde nord-coréen.

Les inquiétudes liées aux sanctions se sont même amplifiées dans ce qui semble être une simple aide au peuple nord-coréen appauvri.

Les efforts de la Corée du Sud depuis des mois pour fournir des médicaments antiviraux à la Corée du Nord n'ont pas abouti depuis des mois et son plan d'aide humanitaire de 8 millions de dollars à son voisin est suspendu depuis plus d'un an.

Le Nord a presque quotidiennement demandé à ce que les actions de Séoul ne soient dictées par les Etats-Unis dans le cadre de leurs efforts en faveur de projets de coopération intercoréenne, ajoutant que ceux-ci contribueraient à la stabilité et à la prospérité de la péninsule coréenne.

Kim Yong-hyun, professeur à l'université Dongguk à Séoul, a exprimé l'espoir que les deux principaux projets intercoréens suspendus pourraient bénéficier d'une levée de sanctions de Washington, en fonction des résultats du deuxième sommet Etats-Unis-Corée du Nord.

«Il n'y aura peut-être pas autant d'allégement des sanctions comme le Nord le demande, mais il est probable que Washington puisse prévoir des exemptions de sanctions pour le parc industriel de Kaesong et le programme de visites du mont Kumgang», a-t-il déclaré.

Stephen Biegun, représentant américain pour la Corée du Nord, a laissé entendre lors d'une récente conférence universitaire que le fait de suspendre les projets intercoréens était un outil majeur pour forcer le Nord à abandonner ses programmes nucléaire et balistique.

«Des dizaines de projets intercoréens ont été entrepris, notamment des échanges interpersonnels, une assistance humanitaire et des enquêtes majeures sur les infrastructures ferroviaires et routières de la péninsule qui permettent à la fois de faire progresser et de stimuler le potentiel de coopération économique qui découlerait de la dénucléarisation, de la levée des sanctions et de l'établissement d'une paix durable dans la péninsule coréenne», a-t-il mis en avant.

Plus tôt mercredi, Biegun s'est rendu à Pyongyang pour des discussions de niveau opérationnel afin de peaufiner les détails du prochain sommet.

Un deuxième sommet réussi entre Trump et Kim pourrait ouvrir la voie à la visite du leader nord-coréen à Séoul.

Kim a accepté de venir à Séoul à une date rapprochée afin de rendre la pareille au voyage de Moon à Pyongyang pour le troisième sommet de septembre. Il était hautement supposé que Kim visite la capitale sud-coréenne avant fin 2018, mais cela n'a pas eu lieu.

Fin décembre, il a adressé une lettre personnelle au président Moon dans laquelle il exprimait sa déception de ne pas avoir effectué son voyage prévu à Séoul avant la fin de l'année, tout en soulignant sa ferme volonté d'honorer cette promesse tout en surveillant de près la situation.

S'adressant à la nation le mois dernier, Moon a déclaré que la venue de Kim à Séoul aurait une signification pour les relations intercoréennes, étant donné qu'il s'agirait d'une première.

Les critiques, cependant, sont restés prudents pour ne pas dessiner un tableau trop rose.

Ils estiment que les sanctions ne seront probablement pas levées de sitôt puisque Washington reste ferme sur ce point et il n'y a aucun signe révélateur de la volonté de Pyongyang de prendre des mesures de dénucléarisation plus proactives pour garantir un tel équilibre.

«Ce qui est important ici, c'est de savoir si les Etats-Unis feront preuve de flexibilité en matière de sanctions. En outre, le Nord n'a pas montré sa volonté de négocier avec une carte telle que la fin officielle de la guerre de Corée sur la table», a déclaré Woo Jung-yeop, chercheur à l'institut Sejong, un groupe de réflexion privé.

«Il semble que les Etats-Unis soient prêts à faire des compromis sur la déclaration de fin de guerre, mais le fait que la Corée du Nord prenne des mesures qui satisferont ses désirs demeure incertain», a-t-il ajouté.

Si tel est le cas, cela serait, selon lui, de mauvais augure pour les échanges intercoréens et empêcherait en fin de compte le dirigeant nord-coréen de décider de son voyage au Sud, une «carte précieuse» qu'il aimerait économiser pour un meilleur timing.

lp@yna.co.kr

(FIN)

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