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(FOCUS) Au sommet de Hanoï, Trump parie sur l'attachement à la dénucléarisation de Kim Jong-un

International 19.02.2019 à 09h00
(FOCUS) Au sommet de Hanoï, Trump parie sur l'attachement à la dénucléarisation de Kim Jong-un - 1

SEOUL, 19 fév. (Yonhap) -- Les dirigeants de la Corée du Nord et des Etats-Unis, sous pression pour arriver à un accord concret sur la dénucléarisation, vont s'engager la semaine prochaine dans des négociations cruciales.

Lors de son deuxième sommet avec le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un, qui débutera le 27 février à Hanoï, le président américain Donald Trump misera sur la volonté affichée de Kim de dénucléariser son pays.

Kim tentera lui d'obtenir des concessions sur les sanctions et des garanties de sécurité pour son régime. Le dirigeant nord-coréen devrait énumérer les mesures qu'il a prises jusqu'à présent, à savoir mettre un terme aux essais nucléaires et balistiques, démanteler le site d'essais nucléaires de Punggye-ri et rapatrier des restes de soldats américains.

Le défi sera d'établir des plans d'actions spécifiques allant au-delà des mesures partielles et réversibles, pour entériner l'accord de Singapour conclu huit mois auparavant.

Kim et Trump sont convenus en juin de créer de nouvelles relations entre leurs pays, de construire un régime de paix durable en Corée et de travailler à la dénucléarisation complète de la péninsule coréenne.

«Il pourrait y avoir un accord plus surprenant que prévu», a déclaré Kim Joon-hyung, professeur de politique internationale à l'université Handong. «Avant tout, des mesures spécifiques doivent être prises maintenant que (le processus de paix) est certain de perdre de l'élan au cas où aucune percée n'est cette fois réalisée.»

Le professeur a ajouté que Trump n'aurait pas annoncé la date et le lieu du sommet sans avoir réduit de façon significative les divergences sur les points clés de l'ordre du jour.

Le président américain et le dirigeant nord-coréen à Singapour lors de leur premier sommet en juin.

Stephen Biegun, l'envoyé américain pour la Corée du Nord, s'est rendu à Pyongyang au début du mois pour s'entretenir avec son homologue nord-coréen Kim Hyok-chol. Les deux hommes devraient tenir une autre série de consultations préparatoires cette semaine.

Les écueils potentiels sont un manque de confiance mutuelle persistant, la divergence de vues concernant la séquence des concessions et la définition d'une Corée dénucléarisée.

Pour Kim, le complexe nucléaire de Yongbyon, le cœur des activités de production de plutonium et d'enrichissement de l'uranium en Corée du Nord, est un atout dans sa manche.

Il pourrait proposer des mesures supplémentaires, y compris une inspection par des experts étrangers de Punggye-ri et du site d'essais de missiles de Tongchang-ri, qui semble avoir été démantelé au moins partiellement.

Il reste incertain ce que vaut pour Trump la fermeture des installations vieillissantes de Yongbyon, qui devra aussi être vérifiée.

La monnaie d'échange de Trump est la déclaration de la fin formelle de la guerre de Corée, désirée par les deux Corées, la création d'un bureau de liaison à Pyongyang et l'expansion de l'aide humanitaire.

Il pourrait également offrir de permettre des échanges culturels et de personnes entre les deux Corées et de suspendre les exercices militaires combinés de cette année.

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Reste à savoir si Kim s'en contentera, ce dernier désirant un allégement ou la levée immédiats des sanctions économiques contre son pays. Le leader nord-coréen cherche désespérément à mettre en oeuvre sa stratégie de développement économique sur cinq ans.

Certains s'inquiètent que Trump pourrait se contenter d'un accord de faible envergure. Les Sud-Coréens craignent aussi que Trump ne mette sur la table des négociations la présence des Forces américaines en Corée du Sud (USFK), la dénucléarisation pouvant signifier pour la Corée du Nord le retrait du parapluie nucléaire américain de la péninsule coréenne.

«Je ne suis pas pressé. Nous ne voulons juste pas de tests (nucléaires)», a déclaré Trump la semaine dernière à la Maison-Blanche, notant que le Nord ne teste plus de bombes et de missiles nucléaires et affirmant qu'une guerre se profilait sous Obama.

Dans les premiers stades des négociations avec la Corée du Nord, les responsables américains parlaient de la nécessité pour la Corée du Nord de fournir une liste de ses armes nucléaires et des installations et personnel connexes comme un élément fondamental de la vérification, en plus d'un calendrier de dénucléarisation.

Certains observateurs estiment que Washington pourrait désormais se concentrer sur l'élimination des réacteurs nucléaires à Yongbyon et de certains missiles balistiques intercontinentaux (ICBM).

«L'objectif principal des pourparlers à venir (pour les Etats-Unis) semble être le démantèlement de Yongbyon par le biais d'un processus de déclaration et de vérification approfondi», a déclaré Shin Beom-chul, chercheur à l'Institut Asan pour les études politiques.

Les sceptiques pensent que Trump va signer une nouvelle déclaration conjointe formulée de manière vague et se vanter de sa performance au sommet, tout en laissant aux diplomates le soin de s'occuper des détails épineux et complexes et de maintenir le dialogue.

Il pourrait dans ce cas provoquer l'indignation de ceux qui pensent que la Corée du Nord a conservé son programme balistique et nucléaire sous l'administration Trump.

mathieu@yna.co.kr

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