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(FOCUS) Sommet Corée du Nord-Etats-Unis : quelle carte à jouer pour Kim Jong-un en plus de Yongbyon ?

Gros plans 19.02.2019 à 15h29
Après la déclaration commune
Kim Jong-un

SEOUL, 19 fév. (Yonhap) -- Quelles mesures de dénucléarisation le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un présentera-t-il devant le monde entier lors du deuxième sommet Corée du Nord-Etats-Unis ?

Pendant leur premier sommet historique en juin dernier à Singapour, le président américain Donald Trump et le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un sont tombés d'accord sur un cadre global mais les lents progrès dans les négociations de dénucléarisation ont alimenté le scepticisme au sein de la communauté internationale quant à la volonté de dénucléarisation de Kim.

Dans son discours du Nouvel An, Kim s'est engagé à produire des résultats qui seront favorablement accueillis par la communauté internationale avant de réaffirmer cet engagement au cours de sa quatrième rencontre avec le président chinois Xi Jinping.

Lors de son deuxième sommet avec le président Moon Jae-in en septembre dernier à Pyongyang, le numéro un nord-coréen a convenu de fermer définitivement le site de tests de moteurs de missile de Tongchang-ri et son pas de tir en présence d'experts de pays concernés et a affiché sa volonté de continuer à prendre de nouvelles mesures comme la fermeture définitive du site nucléaire de Yongbyon.

Même s'il a avancé comme condition préalable des «mesures correspondantes» américaines, le fait qu'il a évoqué en personne de telles mesures montre la réelle possibilité de le voir les mettre en place.

Le complexe nucléaire de Yongbyon, centre du programme d'armes nucléaires du régime communiste, abrite des installations de production de plutonium et d'enrichissement d'uranium et plus de 390 bâtiments dont un laboratoire de recherche en radiochimie et un institut de production et de traitement d'isotopes.

En 2010, Siegfried Hecker, professeur à l'université Stanford, s'est rendu en personne au complexe de Yongbyon équipé de plus de 1.000 centrifugeuses destinées à enrichir l'uranium. Leur nombre aurait doublé aujourd'hui, selon certains experts.

Lors du déplacement du secrétaire d'Etat américain Mike Pompeo à Pyongyang en octobre dernier, le dirigeant nord-coréen avait promis que le régime démantèlerait et détruirait toutes ses usines de production de plutonium et d'enrichissement d'uranium en contrepartie des mesures correspondantes américaines, a déclaré Stephen Biegun, l'émissaire spécial américain pour la Corée du Nord, au cours d'une conférence à l'université Stanford le mois dernier. Le diplomate américain a ajouté que l'engagement de Kim englobait non seulement les installations nucléaires de Yongbyon mais aussi l'ensemble du programme de retraitement du plutonium et d'enrichissement d'uranium

Biegun devrait rencontrer une nouvelle fois son homologue nord-coréen Kim Hyok-chol avant le nouveau tête-à-tête entre leurs dirigeants. Il semble toutefois difficile que les deux hauts officiels parviennent à aplanir complètement leurs divergences sur les mesures de dénucléarisation concrètes du Nord et les mesures correspondantes des Etats-Unis, la décision finale incombant à leur chef d'Etat.

L'inclusion de la formule «dénucléarisation complète» dans la déclaration de Panmunjom et de la fermeture définitive du site nucléaire de Yongbyon dans la déclaration de Pyongyang ont été possibles grâce aux décisions que Kim a prises après s'être entretenu en tête à tête avec le président Moon Jae-in.

Le dirigeant nord-coréen pourrait donc faire un cadeau à Trump, s'il est satisfait des mesures correspondantes proposées par ce dernier au cours de leurs prochaines discussions.

Pour conforter le leadership et le plan de Kim destiné à améliorer les relations avec les Etats-Unis et à établir un régime de paix sur la péninsule coréenne à travers la dénucléarisation dans le but de réaliser un développement économique, la Corée du Nord doit obtenir des contreparties pour l'abandon de son programme nucléaire, ont fait remarquer des experts.

Kim aura grand besoin de résultats palpables pour justifier sa décision de dénucléarisation alors que le plan quinquennal de développement économique de Kim Jong-un, adopté à la place de la politique dite «Byongjin» visant à poursuivre le développement économique et l'armement nucléaire en même temps, arrivera à échéance l'année prochaine.

Le Rodong Sinmun, organe de presse du Parti du travail de Corée du Nord, a défendu la semaine dernière par la voix de ressortissants à l'étranger la légitimité de la décision de dénucléarisation de son dirigeant vraisemblablement pour en persuader ses habitants.

«Si les Etats-Unis s'accrochent à leur position selon laquelle la Corée du Nord doit en premier démanteler son programme nucléaire avant tout allègement des sanctions, la détermination de Kim perdra en force avec l'affaiblissement de son leadership», a averti un transfuge nord-coréen de haut rang. «Il pourrait être rassuré et accélérer la décision d'abandonner le nucléaire s'il obtient des bénéfices en établissant la confiance à travers des mesures progressives et synchronisées.»

lsr@yna.co.kr

(FIN)

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