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Le Nord veut faire du complexe nucléaire de Yongbyon la clé des négociations

Actualités 22.02.2019 à 14h51

SEOUL, 22 fév. (Yonhap) -- Le complexe nucléaire nord-coréen de Yongbyon, un berceau de son pouvoir militaire et une source de fierté nationale, est en train de devenir un atout majeur pour les négociations, alors que Pyongyang espère obtenir de grandes concessions de la part de Washington la semaine prochaine.

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Ce complexe, situé à environ 90 kilomètres au nord de Pyongyang, est l'une des pièces maîtresses du programme nucléaire du Nord qui figurera en tête de l'ordre du jour du deuxième sommet entre le président américain Donald Trump et le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un à Hanoï les 27 et 28 février.

Au cours de son troisième sommet avec le président sud-coréen Moon Jae-in à Pyongyang en septembre, Kim a proposé de le fermer si Washington prenait des «mesures correspondantes» pouvant inclure un allègement des sanctions et des garanties de sécurité.

L'ouverture du complexe remonte aux années 1960 lorsque le Nord a construit un centre de recherche atomique avec une assistance technologique en partenariat avec l'Union soviétique de l'époque. Il a depuis évolué pour devenir un mastodonte nucléaire abritant quelque 390 bâtiments.

Le site abrite de nombreuses infrastructures pour tous les processus de développement nucléaire, y compris des installations de production de plutonium et d'uranium hautement enrichi, un laboratoire de radiochimie, une usine de fabrication de combustible nucléaire, des installations de stockage de déchets et des sites de tests d'explosifs.

Deux réacteurs opérationnels sont au cœur du projet nucléaire du complexe. L'un est un réacteur de recherche de 2 MW, appelé IRT-2000. Il a été mis en service en 1965, environ deux ans après le début de la construction avec le soutien de techniciens soviétiques.

Plus tard, le Nord a étendu la capacité du réacteur de recherche à 7 MW grâce à ses technologies développées localement. Des rapports indiquent que Pyongyang a utilisé le réacteur pour extraire secrètement une petite quantité de plutonium, matière fissile nécessaire à la fabrication d'une bombe.

L'autre est un réacteur modéré au graphite de 5 MW capable de produire des barres de combustible usées qui, une fois retraitées, peuvent fournir de 5 à 7 kg de plutonium de qualité militaire par an. Il faut environ 6 kg de plutonium pour construire une seule bombe.

A l'insu de Moscou, Pyongyang a commencé à construire le réacteur en 1979 et à le mettre en service en 1986. Il serait basé sur la conception britannique du réacteur «Calder Hall», conçu dans les années 1950 pour produire du plutonium destiné aux armes nucléaires.

Dans le complexe, le Nord a également tenté de construire un réacteur modéré au graphite de 50 MW capable de produire environ 55 kg de plutonium par an. Sa construction a commencé en 1985 avec l'objectif de l'achever en 1995, mais le projet a été arrêté en vertu d'un accord sur le nucléaire conclu en 1994 avec Washington.

Une autre partie capitale du programme nucléaire du Nord concerne les tests d'explosifs nécessaires à la fabrication d'explosifs nucléaires sophistiqués.

Le Nord compte deux grands sites d'essai, l'un à Yongbyon et l'autre à Kusong, à une quarantaine de kilomètres au nord-ouest de Yongbyon. Il est supposé que près de 140 tests ont été menés sur ces deux sites entre 1983 et 2002.

Selon le livre blanc sur la défense 2018 de la Corée du Sud, publié le mois dernier, Pyongyang détient une cinquantaine de kilogrammes de plutonium à usage militaire après avoir retraité des barres de combustible usées à au moins quatre reprises à la fin des années 1980 ou au début des années 1990, en 2003, 2005 et 2009. Le document ajoute que le Nord possède un volume «considérable» d'uranium hautement enrichi.

Alors que le sommet Trump-Kim arrive à grand pas, des observateurs soulignent le besoin de faire pression sur le régime nord-coréen afin que ses concessions ne se limitent pas au complexe de Yongbyon car d'autres installations nucléaires seraient en opération ailleurs dans le pays.

Des officiels et experts à Séoul anticipent que les négociations entre Washington et Pyongyang pourraient dans un premier temps se focaliser sur le démantèlement du complexe et les vérifications en retour de quelques concessions de la part des Etats-Unis.

lp@yna.co.kr

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