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(Interview Yonhap) Le chef du CICR à Pyongyang souhaite que le sommet sans accord n'aggrave pas les sanctions

Interviews 07.03.2019 à 10h51
Le chef du bureau de Pyongyang du Comité international de la Croix-Rouge (CICR), Thierry Ribaux. © CICR

SEOUL, 07 mars (Yonhap) -- La rupture du sommet entre le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un et le président américain Donald Trump ne doit pas entraîner un renforcement des sanctions qui pourrait entraver les projets d'aide humanitaire, a déclaré Thierry Ribaux, le chef du bureau de Pyongyang du Comité international de la Croix-Rouge (CICR).

Ribaux a fait cette remarque dans une interview écrite accordée à l'agence de presse Yonhap, quelques jours après que le sommet entre Kim et Trump s'est terminé sans accord.

«Le sommet de Hanoï semble ne pas avoir produit les résultats attendus par beaucoup de personnes», a-t-il dit. «Je souhaite qu'il n'influence pas l'application des sanctions et que les exemptions humanitaires se poursuivent conformément à l'esprit de la résolution des Nations unies (ONU).»

Kim et Trump se sont rencontrés à Hanoï la semaine dernière, soit environ huit mois après leur premier sommet à Singapour, mais ils n'ont pas réussi à parvenir à un accord en raison de différends sur les mesures de dénucléarisation et les concessions correspondantes.

Ribaux, qui est entré en fonction en décembre, a exhorté les deux Corées à organiser davantage de réunions en tête à tête de familles séparées, en ajoutant que le sujet devait être abordé d'un point de vue humanitaire.

«Les réunions vidéo sont seulement un substitut aux vraies retrouvailles de familles séparées. Chaque partie prenante doit mettre de côté toutes considérations autres que le sujet humanitaire et s'assurer que de telles réunions soient encore possibles», a-t-il indiqué.

Il a souligné que le CICR est prêt à fournir ces services. Les dernières retrouvailles de familles séparées ont été tenues en août de l'année dernière.

Les deux Corées cherchent actuellement à organiser des réunions vidéo. Un officiel de Séoul a déclaré plus tôt que le conseil de sécurité des Nations unies avait récemment accordé une dérogation aux sanctions pour permettre d'envoyer de l'équipement destiné à transmettre des images.

Depuis le lancement de sa mission à Pyongyang en 2002, le CICR a été impliqué au sein de divers domaines dans lesquels ils fournissent une aide au peuple nord-coréen.

La mission du bureau à Pyongyang se concentre sur le soutien sanitaire, l'approvisionnement et l'assainissement de l'eau potable ainsi que sur la gestion de centres de réadaptation physique pour personnes handicapées.

Une des priorités du bureau de Pyongyang est de procéder aux déminages des explosifs enfouis durant la guerre de Corée (1950-53).

«Nous projetons de continuer à fournir le soutien aux autorités pour l'enlèvement sans risque des équipements militaires non explosés de la guerre de Corée», a déclaré Ribaux.

Le CICR avait alerté plus tôt du fait qu'environ 16.000 personnes ont été blessées par 5.000 incidents liés aux bombes non explosées depuis la fin de la guerre de Corée. Cela signifie qu'environ 150 personnes sont victimes des bombes non explosées chaque année.

Concernant ses principaux objectifs durant son mandat de 18 mois à Pyongyang, Ribaux a répondu qu'il s'agira de fournir une «aide humanitaire efficace» mais qu'il sera également «opportuniste» dans l'extension de son travail là-bas.

«Je pense que nous avons besoin d'être opportuniste de temps en temps. Si les dynamiques politiques créent des fenêtres d'opportunité dans le champ humanitaire, nous avons besoin de les saisir et d'engager un dialogue pour proposer des options viables», a-t-il fait savoir, en se référant aux opportunités qui pourront être créées si les pourparlers de dénucléarisation progressent.

rainmaker0220@yna.co.kr

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