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(2e LD) Plusieurs projectiles nord-coréens ont volé à 20-60 km d'altitude, selon le JCS

Corée du Nord 07.05.2019 à 18h27

SEOUL, 07 mai (Yonhap) -- Le Comité des chefs d'état-major interarmées (JCS) a confirmé mardi qu'il a détecté samedi dernier des projectiles de courte portée de la Corée du Nord, y compris de nouvelles armes guidées tactiques, et que plusieurs projectiles ont volé à 20-60 km d'altitude.

«L'armée a détecté le samedi 4 mai entre 9h06 et 10h55 de nombreux projectiles de courte portée, dont des lance-roquettes multiples de 240 et 300 mm et de nouvelles armes guidées tactiques tirés depuis la région de la presqu'île de Hodo, en direction de la mer de l'Est», a précisé Kim Joon-rak, porte-parole du JCS, lors d'une conférence de presse régulière du ministère de la Défense. «Nous avons constaté que plusieurs projectiles de courte protée ont volé sur une distance de 70-240 km à 20-60 km d'altitude.»

L'armée estime à 80 km l'altitude que peut atteindre un missile balistique de courte portée pouvant parcourir 250 km. D'après elle, les récents projectiles n'ont pas atteint ces niveaux. C'est la raison pour laquelle l'armée n'est pas en mesure de confirmer pour l'instant si cette nouvelle arme tactique guidée est une missile balistique.

«Actuellement, les autorités du renseignement de Séoul et de Washington effectuent conjointement une analyse approfondie pour identifier le type et les spécifications techniques des projectiles de courte portée qui ont été lancés par Pyongyang», a ajouté Kim.

Le ministère de la Défense a appelé le régime nord-coréen à cesser les actes pouvant faire escalader les tensions en disant que ses tirs de projectiles de courte portée vont à l'encontre de l'accord militaire intercoréen du 19 septembre 2018.

A la question de savoir s'il s'agit d'une provocation de Pyongyang, la porte-parole du ministère de la Défense, Choi Hyun-soo, a répondu durant une conférence de presse régulière que «nous sommes très préoccupés par ce lancement de nombreux projectiles comme il s'agit d'un acte non conforme à l'accord militaire des deux Corées». «Nous appelons la Corée du Nord à cesser les actes susceptibles de faire augmenter les tensions militaires sur la péninsule coréenne.»

Concernant l'éventuelle violation de l'accord militaire, Choi a dit qu'«il ne s'agit pas d'une violation, ni d'un article prohibé explicitement stipulé, mais nous comprenons que cet acte ne se conforme pas à l'esprit de l'accord qui est de réduire les tensions militaires sur la péninsule coréenne».

Lance-roquettes multiples en action en Corée du Nord.

Les autorités militaires peinent depuis trois jours à déterminer avec exactitude la nature de la nouvelle arme tactique guidée. Une partie de l'opposition affirme qu'il s'agit d'un missile balistique mais que le gouvernement ne veut pas le reconnaître par crainte que cela n'affecte le processus de négociation avec Pyongyang.

Analysant les photographies publiées par l'Agence centrale de presse nord-coréenne, certains experts ont estimé qu'il s'agit de missiles balistiques sol-sol de courte-portée, une version nord-coréen du missile balistique russe Iskander.

Ces missiles à combustible solide peuvent voler jusqu'à 300 km, et donc frapper une bonne partie de la péninsule coréenne, et sont capables de neutraliser le système avancé de défense antimissile des Etats-Unis (THAAD). Leur lancement est presque impossible à empêcher en raison de leur mobilité, ont noté les experts.

Le JCS a toutefois indiqué que selon ses données radar, les projectiles ont parcouru environ 240 km à une altitude maximale de 60 km alors que les missiles balistiques, en général, atteignent jusqu'à 80 km quand ils parcourent cette distance.

«Le vol des armes tactiques testées par Pyongyang était assez semblable à celui de projectiles d'artillerie de plusieurs lance-roquettes multiples», a dit un responsable militaire.

Certains experts ont cependant fait remarquer que le missile balistique russe Iskander possède une altitude maximale d'environ 50 km.

La présence du général Pak Jong-chon, qui dirige l'unité d'artillerie nord-coréenne, pendant les tirs laisse certains penser que Pyongyang a testé des armes d'artillerie et non des missiles balistiques.

Les Forces de roquettes stratégiques, en charge des tirs de missiles et d'armes nucléaires, sont dirigées par le général Kim Rak-gyom, bien que les tirs de missiles de courte portée KN-02 sont supervisés par les troupes d'artillerie.

Le fait que le JCS ait initialement fait état de «missiles de courte portée» pour ensuite parler de «projectiles» ajoute à la confusion.

Si les «armes tactiques guidées» que la Corée du Nord a dit avoir testées sont en fait des missiles balistiques, les tirs enfreindraient les résolutions du Conseil de sécurité de l'ONU, qui interdisent au Nord tout essai de missile balistique.

Une arme guidée tactique tirée le 4 mai 2019 par la Corée du Nord et semblant être la version nord-coréenne du missile russe Iskander.

eloise@yna.co.kr

mathieu@yna.co.kr

(FIN)

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