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(Interview Yonhap) Julie Huh : «Je vis dans un château français»

International 11.05.2019 à 09h00
Julie Huh devant le siège de l'agence de presse Yonhap à Séoul, le vendredi 10 mai 2019.
La couverture du livre «Je vis dans un château français» (나는 프랑스 샤토에 산다). © Julie Huh
Les livres «Je vis dans un château français» (나는 프랑스 샤토에 산다) et «Les petites villes de France» (프랑스의 작은 마을) publiés le 3 mai 2019 par la maison d'édition coréenne Cheong Chulpan (청출판). © Julie Huh
La façade du «Château des Echerets» à Chevaigné-du-Maine, dans le département français de la Mayenne. © Julie Huh
L'entrée principale du «manoir français» de Julie Huh. © Julie Huh

SEOUL, 11 mai (Yonhap) -- L'itinéraire de Julie Huh-Currie est pour le moins cosmopolite. Après avoir grandi à Séoul, elle a étudié en Australie et vécu 11 ans en Californie. Avec son mari écosso-australien à la retraite, elle a quitté Melbourne et déménagé en France cette année. Elle vit aujourd'hui à la campagne dans le département de la Mayenne, dans l'ouest de la France, et habite un «château» vieux de 161 ans qu'elle a racheté et restauré elle-même pendant près de cinq ans, et qu'elle continue à rénover encore maintenant.

«Je suis née à Séoul. Je suis partie de la Corée vers l'Australie quand j'avais 25 ans, en échange universitaire. Je suis allée en Australie pour étudier la gestion hôtelière mais j'ai fini par étudier le management. J'ai rencontré mon mari là-bas», confie Julie-Huh dans un entretien en anglais accordé vendredi à l'agence Yonhap (le français est sa 4e langue après le coréen, le japonais et l'anglais).

«J'ai commencé à chercher une maison en France en 2011 quand mon mari a parlé de prendre sa retraite. Nous voulions déménager quelque part en Europe. J'avais toujours voulu habiter dans une vieille maison. Mon mari ne voulait pas retourner en Ecosse à cause du temps épouvantable là-bas», raconte-t-elle. «J'ai commencé à chercher des maisons en ligne depuis notre salon en Australie. D'abord en Ecosse, à Londres, dans le sud de l'Angleterre et puis en France. J'aime tout ce qui est français !»

«Je ne connaissais pas bien la France, mais j'avais toujours rêvé d'habiter en France comme beaucoup de personnes pensent que je suis francophile. J'ai aussi une amie qui a acheté un château en Normandie il y a 12 ans et toute sa famille a déménagé en France. Elle a également été mon inspiration.»

Le processus de ce projet titanesque et le désormais quotidien de cette «vie de château» sont relatés dans un livre en coréen intitulé «Je vis dans un château français» (나는 프랑스 샤토에 산다) et paru il y a quelques jours aux éditions Cheong Chulpan (청출판). Julie Huh y explique les raisons de son déménagement «sur un hasard» dans l'Hexagone et de l'acquisition d'une demeure de la deuxième moitié du XIXe siècle et y décrit l'art de vivre à la française et sa vie rustique dans le «manoir français».

Julie Huh pose avant son entretien à l'agence de presse Yonhap à Séoul, le vendredi 10 mai 2019.

Sa passion depuis toujours est la décoration intérieure avec un intérêt particulier pour les tissus d'ameublement et son rêve était d'habiter dans une «vieille maison». Se sentant «francophiles», elle et son mari ont élu définitivement domicile en France, il y a deux mois, et ce malgré la barrière linguistique. Après deux longues années de recherches sur Internet depuis le pays des kangourous, de nombreux allers-retours antipodiques et d'interminables visites sur le terrain, le choix de la famille se porta en 2013 sur la demeure à Chevaigné-du-Maine (à 234 km de Paris), un petit village en région Pays de la Loire.

Interrogée sur les raisons du choix de cette maison, elle répond : «Ce n'est pas moi qui ai choisi. C'est moi et mon mari qui avons choisi. Elle était en mauvais état, mais nous avons simplement eu un coup de foudre.» Elle poursuit en relevant une étrange coïncidence : «Nous avons découvert un fait intéressant dans les archives. La femme du cinquième propriétaire de la maison avait le même nom que mon mari (Currie), qui est courant en Ecosse. Peut-être une sorte de réincarnation ?»

Etant novices dans la construction, les nouveaux acquéreurs ont dû passer par une longue et éprouvante phase de restauration et rénovation. Les lieux avaient été abandonnées pendant cinq ans. Pensant acheter une maison de maître, Julie Huh et son mari, les neuvièmes propriétaires des lieux, ont appris plus tard qu'elle se nommait autrefois «Château des Echerets». Les gens de la région la considèrent d'ailleurs comme un château. Des démarches ont été engagées auprès des autorités compétentes pour tenter de récupérer cette appellation.

Dans le livre, des conseils sont également offerts pour la recherche d'une maison et la rénovation : (1) comprendre parfaitement le type de maison que vous achetez, (2) savoir prendre le temps nécessaire pour les travaux, (3) s'assurer de s'informer sur tous les prix lors des devis, (4) bien planifier en détail le budget pour éviter les éventuelles (mauvaises) surprises et enfin (5) s'amuser !

Pour Julie Huh, la chose la plus difficile a été de «trouver une bonne société de construction car c'est la campagne». Aussi, selon elle, «les sociétés de construction n'informent pas toujours quand il y a un problème et leurs devis sont parfois exorbitants». Autre difficulté, la langue qu'elle a dû apprendre quasiment à partir de zéro. «J'ai beaucoup étudié. Je parle maintenant très bien le français de la construction», dit-elle en plaisantant.

«La principale particularité de la maison est son toit mansardé dans la tradition haussmanienne et le style Second Empire. Elle comporte un rez-de-chaussée, deux étages supérieurs, un grenier et une cave pour un total de 12 pièces sur une superficie de 420 mètres carrés», décrit-elle.

Outre le style architectural, l'emplacement a été un critère important pour l'achat du manoir. A environ trois heures de route de Paris, cette grande maison rurale est proche des hauts lieux touristiques de la Normandie et de la Bretagne, et non loin des célèbres châteaux de la Loire et de villages médiévaux (Lassay-les-Châteaux, Domfront et Sainte-Suzanne).

Dans un autre ouvrage rédigé en coréen également et publié simultanément par le même éditeur, dont le titre est «Les petites villes de France» (프랑스의 작은 마을), elle présente la cuisine et la culture françaises, ainsi que son «amour» pour des petites villes et villages situés à proximité : Mayenne, Laval, Saint-Céneri-le-Gérei, Cancale, Saint-Malo, Dinan et surtout Bagnoles-de-l'Orne, une commune en Normandie pour laquelle elle dit avoir un faible. Quelques pages sont également consacrées aux marchés aux puces de Saint-Ouen et de la porte de Vanves ainsi qu'à d'autres lieux et des boutiques à Paris.

Pour plus d'informations sur le «Château des Echerets», visiter le site Internet www.thefrenchmanoir.net ou consulter le compte Instagram @french_manoir. Le livre «Je vis dans un château français», vendu avec «Les petites villes de France» pour les premiers acheteurs au prix de 16.000 wons, est disponible dans les grandes librairies en Corée.

Le couloir principal au rez-de-chaussée. © Julie Huh
Le salon avec au centre une grande malle antique comme table basse. © Julie Huh
Le salon avec un lit de jour devant la cheminée. © Julie Huh
La bibliothèque. © Julie Huh
L'entrée de la salle à manger. © Julie Huh
Une table campagnarde peu avant Noël. © Julie Huh
Un coin de la chambre principale. © Julie Huh
Chambre avec lit demi-corbeille tapissé par un tissu damassé. © Julie Huh
Une chambre d'amis avec lits jumeaux. © Julie Huh

Propos recueillis par Xavier Baldeyrou

(FIN)

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