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Séoul va étudier prudemment la proposition de Tokyo de former une commission d'arbitrage sur le travail forcé

International 20.05.2019 à 17h45

SEOUL, 20 mai (Yonhap) -- La Corée du Sud va étudier prudemment la demande du Japon de former une commission d'arbitrage impliquant un pays tiers pour solutionner la problématique du travail forcé pratiqué par le Japon en temps de guerre, a annoncé ce lundi le ministère des Affaires étrangères.

Le ministère a reçu plus tôt dans la journée une demande formelle à cet effet. Tokyo se base sur les procédures de règlement des différends énoncées dans l'accord de 1965 ayant normalisé les relations bilatérales.

«Le gouvernement va l'étudier prudemment, en prenant en compte tous les éléments concernés», a indiqué le ministère dans un texto envoyé à la presse.

Le Japon a refusé de se plier à l'injonction de la Cour suprême sud-coréenne ayant ordonné aux entreprises japonaises de dédommager les victimes coréennes du travail forcé. Tokyo estime que toutes les questions ayant trait à la colonisation de la péninsule ont été réglées par l'accord de 1965.

Face à ce refus, les victimes ont entamé des procédures en justice pour que soient saisis ou liquidés les avoirs sud-coréens des entreprises japonaises. Le Japon a menacé en réponse de prendre des «contre-mesures» pour protéger ses entreprises.

L'accord de 1965 stipule que les deux pays doivent régler toute dispute liée à l'accord à travers des canaux diplomatiques. S'ils ne parviennent pas à s'entendre, le cas peut être présenté à une commission impliquant un pays tiers jouant le rôle de médiateur, choisi par les deux pays.

Tokyo a demandé en janvier la tenue de discussions diplomatiques avec Séoul, qui a ignoré cet appel, estimant qu'un gouvernement ne peut intervenir dans une décision de justice prise dans un système démocratique de séparation des pouvoirs.

Au cours d'une réunion parlementaire, le ministre japonais des Affaires étrangères Taro Kono a mentionné les récentes remarques du Premier ministre sud-coréen Lee Nak-yon sur les «limites» du gouvernement sud-coréen dans cette affaire comme une des raisons de la demande de Tokyo pour que soit mise en place une commission d'arbitrage.

«C'est regrettable, mais de telles remarques ont été faites par la personne en charge. (Tokyo) a notifié Séoul (de la demande) car (la Corée du Sud) a rejeté les consultations (diplomatiques) pendant plus de quatre mois», a dit Kono.

Kono a appelé Séoul à répondre «clairement» au problème, qui érode selon lui la «base juridique» entre les deux pays.

Séoul et Tokyo préparent actuellement de possibles discussions entre la ministre des Affaires étrangères Kang Kyung-wha et Kono en marge d'une réunion ministérielle de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) qui se tiendra à Paris de mercredi à jeudi.

Selon des observateurs, il est peu probable que Séoul accepte la demande vu sa réticence à prendre position dans un contentieux civil impliquant des particuliers.

La ministre des Affaires étrangères Kang Kyung-wha et son homologue japonais Taro Kono le 23 janvier 2019 à Davos en Suisse.

mathieu@yna.co.kr

(FIN)

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