Go to Contents Go to Navigation

Bong Joon-ho : «Mes films sont aimés à l'étranger parce qu'ils ne suivent pas les coutumes hollywoodiennes»

Actualités 23.05.2019 à 17h10
Le réalisateur Bong Joon-ho ⓒ CJ Entertainment
«Parasite» de Bong Joon-ho. ⓒ CJ Entertainment

CANNES, 23 mai (Yonhap) -- Bong Joon-ho, le réalisateur de «Parasite», en compétition officielle à la 72e édition du Festival de Cannes, a estimé que la popularité de ses films était basée sur leur style qui se distingue de celui des productions hollywoodiennes.

«Je pense que mes films sont aimés à l'étranger parce qu'ils ne suivent pas les coutumes hollywoodiennes», a analysé Bong lors d'une interview qui s'est déroulée mercredi au Palais des festivals et des congrès de Cannes.

«Depuis "Memories of Murder" (2003), j'essaie d'éviter de faire un thriller typiquement hollywoodien. Je crois que cela constitue pour moi la force motrice et ma façon de respirer. Il en est de même pour "Parasite". Le plus grand compliment pour moi, c'est de dire qu'il est difficile de classer mes films dans des genres spécifiques mais qu'ils sont devenus eux-mêmes un genre», a-t-il confié.

«Parasite» raconte un phénomène universel, les inégalités de la société illustrées à travers une famille modeste et une fortunée, mais à la manière coréenne.

«Les étrangers m'ont tous dit que le film était l'histoire de leur pays. Je savais que comme il s'agit d'une histoire de pauvres et riches, ce serait pareil partout dans le monde, mais je ne peux pas me satisfaire simplement», a déclaré le réalisateur coréen.

Dans son dernier film, l'espace représente un outil important pour mettre en avant le thème du film. «C'est un film qui pénètre dans l'espace privé pour l'observation au microscope», a ainsi décrit Bong à propos de son dernier film.

«La superficie de l'espace varie selon la classe sociale. Rien que ce contraste, il montre dans toute sa nudité la dénivellation», a-t-il expliqué.

Si son film critique les inégalités de la société, Bong a déclaré ne pas penser que le cinéma peut changer la société.

«En moi, il y a beaucoup de sentiments d'inquiétude et d'effroi. Si je les traduis en film, ce sera un film à suspense. Les sources d'inquiétude et d'effroi sont l'autrui, la collectivité, la société et le système. C'est pour cela, je crois qu'il y a beaucoup d'histoires liées à la société et à la politique dans mes films. Si les films réconfortent les gens qui sont épuisés à force de lutter pour changer la société et leur donnent de l'énergie, ils pourront à terme changer la société. Mais, ce n'est pas bon de faire de la propagande et de l'instigation à travers les films. Le cinéma possède lui-même une beauté unique et je veux la poursuivre.»

Le réalisateur a décrit les acteurs comme la «cerise sur le gâteau». «Les acteurs sont les êtres les plus délicats sur la Terre comme des verres. Il faut toujours les aider à être à l'aise parce qu'ils ne peuvent pas bien jouer s'ils sont tendus. Je mets tout simplement en relation la caméra avec les acteurs. Je propose juste un grand cadre et les acteurs font le reste tout seuls.»

A propos de la chance d'obtenir un prix à Cannes, il a dit : «Les gens parlent déjà beaucoup de l'interprétation de Song Kang-ho. L'interprétation de Song Kang-ho qui permet à l'histoire de se développer et de convaincre les spectateurs est écrasante.»

lsr@yna.co.kr

(FIN)

Mots clés
Accueil Haut de page