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Kang dit à Kono que Séoul souhaite une communication étroite avec Tokyo sur le travail forcé

International 24.05.2019 à 10h21

SEOUL, 24 mai (Yonhap) -- La ministre sud-coréenne des Affaires étrangères Kang Kyung-wha a souligné l'importance de communiquer étroitement avec Tokyo pour traiter le sujet brûlant concernant le travail forcé en temps de guerre imposé par le Japon, durant des discussions avec son homologue japonais Taro Kono à Paris, a annoncé vendredi son ministère.

Les deux chefs de diplomatie se sont rencontrés en marge d'une réunion ministérielle de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), où les tensions étaient palpables sur la question qui remonte à la colonisation japonaise de la péninsule coréenne de 1910 à 1945.

«Il y a des sujets difficiles entre les deux pays mais il est important de communiquer étroitement, à chaque fois que des opportunités se présentent», a déclaré Kang durant les discussions avec Kono.

En citant la nouvelle ère Reiwa (belle harmonie), ouverte avec le récent couronnement de l'empereur Naruhito, Kang a exprimé son souhait que les relations entre Séoul et Tokyo avancent vers l'avenir.

Le ministre japonais a mis en question des remarques de Kim In-chul, le porte-parole du ministère sud-coréen des Affaires étrangères, selon lesquelles il n'y aurait «aucun problème» si les entreprises japonaises concernées suivent l'ordre de la justice d'indemniser les victimes.

Kim a fait ses remarques en faisant référence à la récente demande de Kono au président sud-coréen Moon Jae-in de traiter «de manière responsable» la question du travail forcé.

«Je pense que c'est une déclaration très grave qui ne comprend pas la gravité de cette question», a dit Kono.

«J'appelle (la Corée du Sud) à avoir la compréhension commune que de telles remarques pourront rendre les relations Japon-Corée du Sud très difficiles», a-t-il ajouté.

Kang a mis l'accent sur l'importance des mots et actions «prudents» face à cette question délicate, a indiqué son ministère.

«La ministre Kang Kyung-wha a déclaré que compte tenu de la nécessité pour les autorités diplomatiques des deux pays de traiter sagement la question afin d'éviter d'affecter négativement l'ensemble des relations Corée du Sud-Japon, elle a souligné au Japon le besoin de travailler ensemble pour soigner la douleur et les cicatrices des victimes», a écrit son ministère dans un communiqué de presse.

La ministre sud-coréenne des Affaires étrangères, Kang Kyung-wha (à dr.) s'entretient avec son homologue japonai Kono Daro (à g.) le jeudi 23 mai 2019 (heure locale) dans un hôtel Pullman à Paris.

Les relations bilatérales se sont refroidies ces derniers mois après que le Japon a contesté la décision de la Cour suprême sud-coréenne l'an dernier d'ordonner à des entreprises japonaises d'indemniser des victimes coréennes du travail forcé en temps de guerre.

Le haut tribunal a reconnu le droit des victimes de réclamer un dédommagement mais Tokyo affirme que toutes les questions concernant les réparations liées à son régime colonial ont été résolues selon l'accord qui a été signé par les deux gouvernements et qui ont normalisé les relations bilatérales.

Les tensions ont été attisées une nouvelle fois lundi dernier comme le Japon a demandé de former une commission d'arbitrage impliquant un pays tiers pour résoudre la problématique du travail forcé, en se basant sur la procédure de règlement des différends énoncée dans l'accord.

En janvier, Tokyo a demandé de tenir des discussions diplomatiques bilatérales sur ce sujet en se basant sur le même accord. Séoul n'a toutefois pas encore donné de réponse, refusant d'intervenir dans un contentieux civil impliquant des particuliers et des entreprises japonaises.

L'accord stipule que les deux parties doivent résoudre les disputes liées à l'accord via des canaux diplomatiques à l'avance. Si elles ne parviennent pas au règlement des problèmes, l'affaire peut être déférée devant une commission d'arbitrage comprenant un pays tiers choisi communément par les deux parties.

Si cette commission échoue à résoudre le problème, le Japon peut envoyer le dossier à la Cour internationale de justice (CIJ).

Séoul a adopté une position prudente jusqu'à maintenant, en disant respecter les décisions judiciaires, et refuse d'intervenir dans les litiges juridiques entre des citoyens et des entreprises étrangères qui sont toujours en cours.

A part la question du travail forcé, Kang et Kono ont discuté de la décision de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) du mois dernier en faveur des restrictions imposées par Séoul sur les importations de produits de la mer japonais suite à la catastrophe nucléaire de Fukushima en 2011.

Kang a expliqué à Kono la position de Séoul d'accorder la priorité à la santé et à la sécurité des citoyens.

Kang a aussi mis l'accent sur l'importance des échanges culturels et humains entre les deux pays et Kono a partagé ce point de vue, a déclaré son ministère.

La précédente rencontre entre les deux ministres avait eu lieu en février dernier en marge d'un forum sur la sécurité en Allemagne.

mjp@yna.co.kr

(FIN)

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