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(LEAD) (FOCUS) Le cinéma coréen obtient enfin une Palme d'or à Cannes

Actualités 26.05.2019 à 16h14
Le réalisateur sud-coréen Bong Joon-ho (à gauche) avec l'acteur Song Kang-ho au 72e Festival de Cannes. (AFP=Yonhap)
Le réalisateur Bong Joon-ho après avoir reçu la Palme d'or du Festival de Cannes le 25 mai 2019. (EPA=Yonhap)

CANNES, 25 mai (Yonhap) -- Grâce à «Parasite» de Bong Joon-ho qui s'est vu attribuer ce samedi la Palme d'or, le cinéma sud-coréen a été honoré avec la récompense suprême de deux des trois plus prestigieux festivals cinématographiques, Cannes, Venise et Berlin.

Le 72e Festival de Cannes a décerné sa Palme d'or à la comédie sociale et noire de Bong qui met en relief deux familles, l'une pauvre et l'autre riche.

C'est la première fois qu'un cinéaste sud-coréen a décroché la récompense ultime à Cannes.

Le monde du cinéma coréen s'attend à ce que cette récompense aide Bong à être reconnu comme un grand maître mondial et le cinéma coréen à voir une élévation de son statut sur le plan international.

«Depuis les années 2000, le cinéma coréen a réalisé des exploits remarquables de façon la plus dynamique au monde, mais il lui manquait toujours quelque chose comme il n'était pas parvenu à produire un lauréat de la Palme d'or de Cannes», a estimé le critique de cinéma Jeon Chan-il. «Cette remise du prix permettra d'améliorer le statut international du cinéma coréen et de conduire le monde des études cinématographiques à se pencher davantage sur l'étude du cinéma coréen qui était relativement négligée (jusqu'à présent)», a prévu Jeon.

«Après les années 1990, le cinéma a accru sa présence sur les marchés étrangers et s'est développé sur le plan industriel jusqu'à devenir la principale cible à Hollywood, mais il y avait toujours un manque (car aucun film n'avait reçu la Palme d'or)», a aussi fait remarquer la critique Yoon Sung-eun. «Cette remise du prix est une nouvelle comme une pluie opportune qui a apaisé la soif du monde du cinéma coréen. Elle revêt un sens d'autant plus symbolique que cette année célèbre les 100 ans du cinéma coréen», a-t-elle ajouté.

Les réalisateurs sud-coréens ont commencé à frapper à la porte du festival français en 1984, année où «Spinning Wheel» de Lee Doo-yong a été projeté dans la catégorie hors compétition «Un Certain Regard». En 2000, «Le Chant de la fidèle Chunghyang» d'Im Kwon-taek est devenu le premier film sud-coréen à avoir été sélectionné en compétition officielle à Cannes.

En 2002, Im a été le lauréat du prix de la mise en scène pour «Ivre de femmes et de peinture» qui présente un peintre coréen du XIXe siècle, offrant ainsi au pays le premier trophée officiel de Cannes.

Deux ans plus tard, la deuxième plus haute distinction de Cannes, le Grand Prix, a été attribuée à «Old Boy» de Park Chan-wook, permettant au réalisateur de connaître une notoriété mondiale. Il a aussi récolté en 2009 le prix du jury ex-æquo pour «Thirst, ceci est mon sang», devenant l'un des réalisateurs les plus prisés à Cannes.

En 2007, Jeon Do-yeon a décroché le prix d'interprétation féminine pour son rôle dans «Secret Sunshine». Lee Chang-dong a à son tour ramené en Corée le prix du scénario pour «Poetry» en 2010.

Outre leur succès à Cannes, les films coréens se sont portés encore mieux au Festival international du film de Venise. En 1987, «La Mère porteuse», signé Im Kwon-taek, avait valu à Kang Soo-youn le prix de la meilleure actrice. «Oasis» de Lee Chang-dong et «Locataires» de Kim Ki-duk ont remporté le prix du meilleur réalisateur, respectivement en 2002 et 2004.

Kim a écrit une nouvelle histoire du cinéma coréen avec «Pieta» qui a remporté le Lion d'or à la 69e édition du Festival de Venise en 2012, devant le premier cinéaste sud-coréen à gagner la plus haute récompense de l'une des trois plus grandes messes internationales du cinéma.

Le cinéma sud-coréen a également su se frayer un chemin au Festival international du film de Berlin.

«Samaria» de Kim Ki-duk s'est emparé de l'Ours d'argent du meilleur réalisateur à l'édition de 2004 alors que Park Chan-wook a remporté le prix Alfred Bauer pour «Je suis un cyborg» en 2007.

Le festival a aussi accordé l'Ours d'argent de la meilleure actrice à Kim Min-hee pour son rôle dans «Seule sur la plage la nuit» en 2017.

Le Festival de Berlin est aujourd'hui le seul des trois événements à n'avoir pas encore attribué sa plus haute distinction à un film sud-coréen.

lsr@yna.co.kr

(FIN)

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