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(FOCUS) «Parasite» peut-il captiver les spectateurs sud-coréens ?

Gros plans 28.05.2019 à 19h28
Le réalisateur Bong Joon-ho (à dr.) partage son émotion le samedi 25 mai 2019 avec l'acteur Song Kang-ho après que «Parasite» a été désigné lauréat de la Palme d'or du 72e Festival de Cannes. (AFP=Yonhap)

SEOUL, 28 mai (Yonhap) -- Remporter un prix dans un festival du film mondialement reconnu est honorable et peut-être utile pour promouvoir le film, mais cela ne garantit pas toujours son succès au box-office. Et la Corée du Sud ne fait pas exception.

Un total de 14 films sud-coréens ont reçu des prix dans les trois plus grands festivals du film au monde (Cannes, Venise et Berlin), mais leurs trophées n'ont pas permis de vendre plus de tickets. C'est probablement parce que beaucoup pensent que les films récompensés par des prix prestigieux ou appréciés par les critiques sont ennuyeux et difficiles.

Le film «Ivre de femmes et de peinture» du cinéaste sud-coréen Im Kwon-taek, parlant d'un peintre coréen du 19e siècle qui a changé la direction de l'art coréen, a été loué par les critiques et les médias après avoir obtenu le prix de la mise en scène à Cannes en 2002. Mais seulement environ 400.000 spectateurs sont allés voir ce film au cinéma en Corée du Sud.

En Corée du Sud, un film est considéré comme un succès modéré lorsqu'il a attiré plus de 5 millions de spectateurs et comme un grand succès avec plus de 10 millions d'entrées en salles.

Le long métrage «Oasis» du réalisateur Lee Chang-dong, un film d'amour entre un homme souffrant de retard mental et une femme tétraplégique, a reçu deux prix en 2002 au Festival international du film de Venise mais a échoué au box-office.

Son film «Secret Sunshine» de 2007, qui a obtenu le prix d'interprétation féminine à Cannes, a été plus populaire que son film précédent mais n'a séduit que 1,7 million de spectateurs.

En 2004, deux grands réalisateurs ont brillé sur la scène internationale. Park Chan-wook a reçu la deuxième plus haute récompense du Festival de Cannes pour son thriller «Old Boy» et Kim Ki-duk a remporté l'Ours d'argent du meilleur réalisateur au Festival international du film de Berlin avec «Samaria».

Mais ces deux œuvres n'ont pas eu de succès au box-office dans leur pays, bien que «Old Boy» ait attiré près de 3,2 millions de personnes. En revanche, au cours de la même année, les films d'action «Silmido» et «Frères de sang» ont vendu un total de 11 millions de billets.

Un autre film de Park récompensé à Cannes, «Thirst», sorti en 2009, n'a vendu que 2,2 millions de tickets.

En 2012, Kim Ki-duk est devenu le premier réalisateur sud-coréen à reçevoir le Lion d'or à Venise pour son film «Pieta», qui mélange symbolisme chrétien et contenu hautement sexuel. Le film n'a fait que 630.000 entrées en Corée du Sud.

Néanmoins, beaucoup estiment que «Parasite», le premier film récompensé par la Palme d'or à Cannes, échappera au sort des autres films ayant obtenu du prix.

Ses films ne sont pas difficiles d'accès, pour les critiques comme pour les spectateurs.

A travers sa carrière cinématographique, il a fait la lumière sur les enjeux sociaux tels que le matérialisme et la division des classes au moyen d'analogies, et ne manque jamais de fournir un point de vue humoristique et chaleureux sur les personnes vulnérables.

Ses films ont séduit les spectateurs sud-coréens et Bong est devenu un des réalisateurs les plus populaires dans les festivals internationaux du film.

Le deuxième long-métrage de Bong «Memories of Murder» (2003) a vendu plus de 5 millions de billets, et «Le Transperceneige» a attiré plus de 9 millions de personnes au cinéma. «The Host», son film qui a connu le plus grand succès, a dépassé la barre des 10 millions d'entrées en 2006.

En plus, «Parasite» est un film de genre dans lequel Song Kang-ho, acteur star de Bong et un des acteurs préférés en Corée du Sud, joue un rôle principal. Song a également joué dans «Memories of Murder», «The Host» et «le Transperceneige».

Dans «Parasite», Song incarne un père d'une famille pauvre vivant dans une bicoque misérable en sous-sol. Les membres de sa famille sont impliqués dans une série de mésaventures, après que le fils se fait recommander pour donner des cours particuliers d'anglais chez une famille fortunée.

Les cinéphiles sud-coréens attendent déjà jeudi, le jour de la sortie du dernier film de Bong.

Le film a déjà enregistré 210.000 tickets prévendus ce mardi après-midi, deux jours avant sa sortie, soit 50% des réservations, alors que «Aladdin» de Disney a affiché un taux de réservation de 21,8%.

«Parasite» sera projeté dans plus de 1.000 salles à travers le pays le jour de sa sortie, et ce nombre pourrait augmenter en fonction des réservations de billets.

Il a été vendu dans 192 pays, un record qui pulvérise le précédent record de 176 pays établi par «Mademoiselle» de Park Chan-wook.

«"Parasite" est un film qui a réussi à trouver un équilibre entre valeurs commerciales et artistiques», a dit la critique de film Yoon Sung-eun. «Il va offrir aux spectateurs une expérience cinématographique fascinante qui traverse plusieurs genres et un message sur les enjeux sociaux tels que les riches et les pauvres.»

eloise@yna.co.kr

(FIN)

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