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(Interview Yonhap) Bong Joon-ho montre toutes les émotions dans «Parasite»

Actualités 30.05.2019 à 18h18

SEOUL, 30 mai (Yonhap) -- Ceux ayant vu les films précédents de Bong Joon-ho tels que «Memories of Murder», «The Host» et «Mother» seront peut-être étonnés par le passage d'un genre à l'autre dans le dernier film du réalisateur sud-coréen.

Dans «Parasite», lauréat de la Palme d'or au Festival du film de Cannes 2019, la technique du réalisateur de 49 ans semble avoir atteint son apogée.

«J'ai dit plus tôt que ce film mélange rire, horreur et tristesse. Ces sentiments apparaissent à mesure que se développe l'histoire», a dit Bong dans une interview avec l'agence de presse Yonhap. «J'ai voulu faire vivre ces sentiments réalistes et partagés tout au long du film.»

Le réalisateur sud-coréen Bong Joon-ho lors d'une avant-première à Séoul le 28 mai 2019.

«Parasite» débute dans la maison miséreuse en demi-sous-sol de Ki-taek (Song Kang-ho). Son fils, Ki-woo (Choi Woo-shik) a un jour l'opportunité de donner des cours à domicile à la fille de Mr.Park (Lee Sun-kyun), un riche homme d'affaires, ce qui marquera le début du destin croisé des deux familles.

Selon Bong, le mélange de sentiments vient de la réalité du fait que l'on côtoie tous ces deux types de familles. Le réalisateur a résisté à la tentation de dépeindre la famille pauvre mais bonne et la famille riche mais mauvaise.

«Dans la vraie vie, il n'y a pas de parfaites victimes ou de gens complètement bons. Ils font des erreurs, font le mal et sont punis», a dit Bong, diplômé de sociologie à l'université. «J'ai tenté de montrer la nature multidimensionnelle de l'humanité et d'évoquer des émotions complexes jusqu'à la fin.»

Mr.Park est doux et apparaît comme un père d'une famille égalitaire et moderne mais use d'un ton patriarcal et autoritaire avec sa femme et se plaint continuellement de l'odeur déplaisante de son nouveau chauffeur Ki-taek et rappelle souvent la différence de classe entre eux.

Scène du film «Parasite».

Ki-taek et sa famille ne sont pas non plus sans fautes. Ils trompent la riche famille et poussent à la porte le chauffeur et la femme de ménage du riche couple, des pauvres comme eux, pour s'approprier leurs positions.

«Comme toute la famille de Ki-taek vit dans la demeure de Park, ils voient la vérité nue des riches. Ils saisissent les nuances des mots de Park», dit Bong. «Les spectateurs le ressentent aussi.»

Ces sentiments complexes atteindront leur apogée à la fin du film.

Bong a dit espérer que «Parasite» fasse réfléchir les spectateurs et a dit vouloir savoir ce que les gens pensent de son film. «Je vais aller dans les cinémas affublé d'un déguisement et regarderai les réactions des spectateurs», a-t-il dit. «J'espère simplement qu'ils aimeront le film et qu'ils réfléchiront beaucoup.»

Le réalisateur sud-coréen Bong Joon-ho.

mathieu@yna.co.kr

(FIN)

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