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(2e LD) Décès de la veuve de l'ancien président Kim Dae-jung à l'âge de 96 ans

Actualités 11.06.2019 à 15h08
La chapelle ardente de Lee Hee-ho, veuve de l'ancien président Kim Dae-jung, est installée le mardi 11 juin 2019 à l'hôpital Severance à Sinchon, dans l'ouest de Séoul.

SEOUL, 11 juin (Yonhap) -- Lee Hee-ho, la veuve de l'ancien président Kim Dae-jung, s'est éteinte lundi à l'âge de 96 ans, a annoncé un responsable du Centre de la paix Kim Dae-jung.

Lee était à l'hôpital Severance à Sinchon depuis mars dernier pour traiter un cancer du foie. Son état s'était fortement détérioré samedi dernier, selon ses proches.

«La Première dame Lee Hee-ho est décédée aujourd'hui à 23h36», a déclaré hier soir le responsable.

Lee a assuré la présidence du Centre de la paix Kim Dae-jung qui a été fondé par son mari pour promouvoir la réconciliation intercoréenne et la paix mondiale et pour lutter contre la pauvreté dans le monde.

La réunification pacifique de la péninsule coréenne était l'une des dernières volontés de la défunte. «Au ciel, je prierai pour notre peuple et la réunification nationale pacifique», a dit Lee dans son testament rédigé l'année dernière en présence de son avocat et ses trois fils et dévoilé aujourd'hui par Kim Sung-jae, administrateur du centre.

Lee a également exprimé ses remerciements au peuple pour le grand amour accordé à son couple et son souhait de voir le peuple mener une vie heureuse dans l'amour et l'harmonie.

La défunte a également demandé de faire de leur maison, située dans l'ouest de Séoul, un mémorial en l'honneur de l'ancien président et d'utiliser la récompense du prix Nobel de la paix pour financer les projets commémoratifs du président.

En confiant l'exécution de ses dernières volontés à l'administrateur du centre, Lee a également prié de mener à bien les projets du centre à la mémoire du défunt président et pour la démocratie et la paix.

L'ancien président (1998-2003) est connu pour sa «politique du rayon du soleil» qui a favorisé le dialogue avec la Corée du Nord. Il est mort en 2009.

Lee a accompagné son mari à Pyongyang en 2000 pour le tout premier sommet intercoréen avec le dirigeant de l'époque, Kim Jong-il, un déplacement inédit pour une Première dame sud-coréenne.

La même année, Kim Dae-jung a reçu le prix Nobel de la paix pour ses efforts en faveur de la démocratie, des droits de l'homme et de la paix et de la réconciliation avec la Corée du Nord.

Après le décès de son mari, Lee a effectué deux autres voyages au Nord, en 2011 et 2015, pour poursuivre les efforts de réconciliation intercoréenne.

En décembre 2011, Lee s'est rendue au Nord suite à la mort du dirigeant de l'époque, Kim Jong-il. «J'espère que notre visite contribuera à améliorer les relations intercoréennes», avait-elle dit.

L'administration conservatrice d'alors, celle de Lee Myung-bak, n'a pas envoyé de délégation officielle aux funérailles sur fond de tensions accrues entre les deux parties.

La visite de l'ancienne Première dame était hautement symbolique comme elle a figuré parmi les premiers Sud-Coréens à rencontrer le successeur et fils de Kim Jong-il et l'actuel dirigeant, Kim Jong-un.

En août 2015, Lee a effectué une nouvelle visite à Pyongyang à une invitation personnelle de Kim Jong-un.

Les deux personnes ne se sont pas rencontrées mais Lee s'est rendue dans plusieurs hôpitaux pour enfants et crèches à Pyongyang où elle a transmis des médicaments et bonnets pour enfants qui avaient été tricotés par des membres de sa propre organisation d'aide humanitaire.

«Quand j'ai tenu les mains d'enfants innocents, je me suis dit que nous ne devons pas transmettre la douleur de la division (intercoréenne) aux futures générations», a-t-elle déclaré après son retour à Séoul d'une visite de quatre jours.

En avril, Kim Hong-il, ancien député et le fils aîné de l'ancien président, issu de son premier mariage, est mort à l'âge de 71 ans.

Lee n'a pas été informée de son décès à ce moment-là comme ses proches étaient inquiets de son état de santé. Elle a laissé derrière elle un fils de son union avec l'ancien président, Kim Hong-gul.

Avant son mariage en 1962 avec Kim, dont la première épouse est morte plusieurs années plus tôt, Lee avait enseigné à l'université féminine Ewha où elle a aussi étudié et mené une vie dédiée à la défense des droits des femmes.

Elle a accompagné activement la carrière politique de son mari et ils ont subi ensemble divers procès qui ont notamment abouti à une condamnation de Kim à la peine de mort, à un exil aux Etats-Unis et une assignation à résidence sous le règne militaire des années 80.

Pour appeler à la libération de son mari, Lee a écrit aussi une lettre au président américain de l'époque, Jimmy Carter.

En tant que Première dame, elle est connue pour avoir fait augmenter le nombre de femmes dans la fonction publique et le milieu politique.

Les obsèques auront lieu ce vendredi et Lee sera enterrée au cimetière national de Séoul.

Le président Moon Jae-in a présenté ses condoléances sur ses comptes Twitter et Facebook alors qu'il est actuellement en visite d'Etat à Helsinki, en Finlande.

«Aujourd'hui, nous sommes en train de laisser partir une grande personne qui a consacré sa vie entière aux femmes», a-t-il écrit. «Au-delà d'être l'épouse du président Kim Dae-jung et une Première dame, elle fait partie de la première génération des défenseurs des droits des femmes en république de Corée.»

lsr@yna.co.kr

(FIN)

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