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(LEAD) Renforcement de la discipline militaire après le dernier incident de bateau nord-coréen

National 19.06.2019 à 15h47
Embarcation nord-coréenne à quai. (Photo fournie par KBS. Revente et archivage interdits)

SEOUL, 19 juin (Yonhap) -- Le ministre de la Défense Jeong Kyeong-doo s'est engagé mercredi à faire toute la lumière sur la défaillance apparente dans la surveillance de la frontière maritime et à faire porter la responsabilité aux responsables de l'incident au cours duquel une embarcation nord-coréenne a traversé la frontière maritime intercoréenne sans avoir été repérée.

Des préoccupations et critiques sont apparues face à la défaillance des capacités de surveillance maritime alors que le bateau a été retrouvé samedi dernier à proximité de digues après avoir dérivé dans les eaux sud-coréennes près du port de la ville côtière de Samcheok.

Il avait été localisé à près de 150 km au sud de la Ligne de limite Nord (NLL), la frontière maritime de facto entre les deux Corées.

En décrivant cette affaire comme «une situation très grave», Jeong a demandé aux commandants d'intensifier la discipline de travail et opérationnelle et de prendre des mesures de manière proactive pour prévenir toute répétition, selon le ministère de la Défense.

«Nous devons examiner entièrement comment les opérations de surveillance frontalière s'effectuent et toute personne jugée responsable dans ce processus devra assumer sa responsabilité», a dit Jeong lors d'une réunion biannuelle des hauts commandants de l'armée.

Selon les autorités militaires, un bateau en bois de 1,8 tonne, équipé d'un moteur de 28 chevaux, a quitté le 9 juin la région nord-coréenne du Hamgyong et traversé sans être aperçu la Ligne de limite Nord (NLL) cinq jours plus tard.

Après s'être déplacé vers le Sud pendant deux jours, ils ont éteint le moteur vendredi soir et passé la nuit en mer jusqu'à l'aube. Le bateau s'est dirigé ensuite vers le port et a atteint le quai samedi à 6h20.

Une demi-heure plus tard, un civil sud-coréen a été le premier à découvrir l'embarcation et il a prévenu la police. Interrogés par un pêcheur sud-coréen sur leur origine, les Nord-Coréens ont répondu avoir traversé la frontière. L'un d'entre eux a même demandé à des Sud-Coréens de lui prêter leur téléphone portable pour contacter un proche résidant à Séoul.

Les autorités ont dit plus tôt que l'embarcation avait eu initialement un problème de moteur et a été secouru par les Gardes-côtes. Mais il s'est avéré qu'elle ne présentait pas de tel problème en laissant place à des suspicions selon lesquelles ils ont franchi la frontière non pas par erreur mais avec l'intention de faire défection.

Lors de l'interrogatoire menée par les autorités, deux d'entre eux ont avoué avoir pris le bateau pour s'enfuir au Sud, selon l'armée.

«L'investigation initiale a révélé qu'ils sont tous civils, mais une enquête approfondie est nécessaire pour déterminer leur identité exacte», a dit un officiel militaire, en ajoutant qu'il n'est pas encore clair s'ils sont de vrais pêcheurs ou non.

L'un d'entre eux avait un uniforme militaire, mais les autorités n'ont trouvé aucune trace d'espionnage pour le moment, a noté un autre officiel.

Parmi les quatre, deux ont été rapatriés jeudi au Nord pour respecter leur volonté alors que les deux autres ont exprimé leur souhait de se réfugier au Sud. Les procédures nécessaires pour ces deux derniers sont en cours, a dit le ministère, en ajoutant que le bateau a été confisqué avec le consentement du capitaine et a été transféré à la marine.

Le ministère de la Défense a appelé à conserver l'état de préparation «sans relation avec» l'accord militaire intercoréen signé en septembre de l'année dernière pour l'instauration de la confiance et la mise en place de mesures de contrôle des armes afin de cesser les actes hostiles l'un contre l'autre.

Dans cet accord, les deux Corées ont établi une zone tampon le long de la NLL pour prévenir un éventuel affrontement maritime. Certains pointent du doigt qu'une telle mesure pourrait avoir provoqué un affaiblissement de la défense frontalière de la Corée du Sud.

Face aux critiques affirmant que la défense à la frontière maritime paraît affaiblie, le Comité des chefs d'état-major interarmées (JSC) a indiqué que l'ensemble des opérations côtières et maritimes s'étaient déroulées normalement à ce moment-là, en ajoutant qu'il y a parfois des limites à la détection de petits bateaux en bois selon les conditions météorologiques.

«Les systèmes de surveillance en général détectent les navires en fer ou en acier, et il n'est pas facile de repérer les objets en bois qui bougent lentement sur la mer», a dit un officier du JSC, en ajoutant que la hauteur des vagues ce jour-là était presque la même que celui du bateau, rendant difficile la mission de détection de l'armée.

En reconnaissant toutefois que son système de radars comporte des «éléments qui doivent être complétés», l'armée a promis d'élaborer des mesures, comme l'amélioration de ses systèmes de radars et de surveillance, pour prévenir la répétition d'un tel cas.

C'était la deuxième fois en moins d'une semaine qu'un bateau de pêche nord-coréen était secouru au Sud.

Le 11 juin, six Nord-Coréens avaient été retrouvés sur un autre bateau de pêche qui s'était échoué en mer de l'Est au sud de la NLL. Ils ont été renvoyés chez eux pour des motifs humanitaires. Dans le cas de mardi dernier, le Nord avait demandé au Sud via une hotline maritime de porter secours au bateau.

eloise@yna.co.kr

(FIN)

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