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Tokyo rejette la proposition de Séoul d'indemniser les victimes du travail forcé grâce à des fonds d'entreprises

International 19.06.2019 à 18h04
Tokyo rejette la proposition de Séoul d'indemniser les victimes du travail forcé grâce à des fonds d'entreprises - 1

SEOUL/TOKYO, 19 juin (Yonhap) -- La Corée du Sud a proposé au Japon d'indemniser les victimes du travail forcé pratiqué en temps de guerre par le Japon grâce à des fonds alimentés par des entreprises sud-coréennes et japonaises, a annoncé ce mercredi le ministère des Affaires étrangères.

Tokyo avait demandé que soit créé un comité d'arbitrage impliquant un pays tiers pour solutionner le différend né de la colonisation de la Corée par le Japon entre 1910 et 1945.

«L'idée a été émise qu'il est désirable de promouvoir la réconciliation entre les parties concernées par cette question en offrant une compensation aux victimes, dont les actions en justice se sont terminées, en créant des fonds auxquels les entreprises des deux pays, y compris les entreprises japonaises mises en cause, contribueraient volontairement», a indiqué le ministère dans un communiqué de presse.

«Si le Japon accepte, (la Corée du Sud) est prête à envisager d'accepter la procédure de consultation que le Japon a demandée», a-t-il ajouté.

Le ministère fait référence aux procédures de règlement des différends inscrites dans l'accord bilatéral de 1965 ayant normalisé les relations entre les deux pays.

Tokyo a rejeté la proposition peu après l'annonce de Séoul, selon l'agence de presse japonaise Kyodo News.

Le Japon soutient que toutes les questions relatives aux compensations liées à la période coloniale ont été réglées par la signature de l'accord de 1965.

Tokyo a protesté contre les décisions de la Cour suprême sud-coréenne de l'année dernière, qui a ordonné aux entreprises japonaises d'indemniser les victimes coréennes.

La plus haute juridiction a reconnu les droits individuels des victimes à réclamer des dommages-intérêts, tandis que Séoul dit respecter les décisions de justice fondées sur la séparation constitutionnelle des pouvoirs exécutif, judiciaire et législatif, et qu'il ne peut pas s'impliquer dans les contentieux civil.

Plus tôt dans la journée, le Japon a réitéré son appel pour former un comité d'arbitrage composé de membres d'un pays tiers chargé de la question du travail forcé.

Séoul avait refusé la demande antérieure que Tokyo avait faite le 20 mai de former un groupe d'experts composé de trois membres, un de chaque pays et un autre d'un pays tiers.

L'accord de 1965 stipule que Séoul et Tokyo doivent régler tout différend concernant l'interprétation ou la mise en œuvre de celui-ci par voie diplomatique, principalement.

S'ils n'y parviennent pas, l'affaire peut alors être renvoyée devant une commission composée d'un arbitre d'un pays tiers désigné par les deux parties. En cas d'échec, les deux parties doivent former un groupe composé de trois membres d'un pays tiers.

Tokyo a lancé pour la première fois un appel à des discussions diplomatiques sur cette question épineuse en janvier.

mathieu@yna.co.kr

(FIN)

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