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(FOCUS) L'ambassadeur Fabien Penone au Salon du livre de Séoul pour la promotion des savoirs et des idées

Gros plans 20.06.2019 à 20h00
L'ambassadeur de France en Corée du Sud, Fabien Penone, lors de l'interview accordée à l'agence Yonhap au pavillon français du Salon international du livre de Séoul (SIBF), dans le hall A du Centre des conventions et des expositions (COEX), le jeudi 20 juin 2019.
Fabien Penone, ambassadeur de France en Corée du Sud, pose devant un photojournaliste de l'agence Yonhap devant le pavillon français du Salon international du livre de Séoul (SIBF), au Centre des conventions et des expositions (COEX), le jeudi 20 juin 2019.
L'affiche officielle du 25e Salon international du livre de Séoul (19-23 juin). Les ambassadeurs honoraires de l'édition 2019 sont (de g. à dr.) le mannequin métis Han Hyun-min, la romancière et poète Han Kang et l'écrivain et le philosophe Kim Hyeong-seok. © SIBF 2019

SEOUL, 20 juin (Yonhap) -- Au deuxième jour du 25e Salon international du livre de Séoul (SIBF) au Centre des conventions et des expositions (COEX), l'ambassadeur de France en Corée du Sud, Fabien Penone, a présenté ce jeudi à l'agence de presse Yonhap, au pavillon français, ses politiques et celles de l'Institut français visant à promouvoir le livre, les savoirs et les idées. Le livre est la première industrie culturelle dans l'Hexagone.

«Le premier point important, c'est que nous tenons à être présents chaque année au Salon du livre compte tenu de l'importance du marché de l'édition coréen et de la demande du public», a dit en guise d'introduction le représentant de la France. Cette manifestation pour les amoureux du livre, du livre d'art au livre électronique, qui se tiendra jusqu'à dimanche, sert aussi à présenter les dernières nouvelles et tendances du secteur de l'édition, dans le pays et à l'étranger. Le thème de cette année est «Arrivée».

Le SIBF, organisé par l'Association des éditeurs coréens (KPA) avec le patronage du ministère de la Culture, du Sport et du Tourisme et dépassant de loin les frontières de la Corée, vise également à sensibiliser les visiteurs sur les grands sujets auxquels les éditeurs des quatre coins du monde ont à faire face comme le futur des livres imprimés et les profondes mutations en cours de l'industrie.

«Le deuxième point important, c'est que nous essayons chaque année de mettre à l'honneur une thématique. Nous avions mis à l'honneur la bande dessinée il y a deux ans. L'année dernière, c'étaient les livres de jeunesse. Et cette année, nous avons tenu à mettre l'accent sur les sciences humaines et sociales, parce que la société coréenne évolue très rapidement, les enjeux de société sont de plus en plus importants», a expliqué l'ambassadeur.

«Il y a une demande de réflexions, une demande d'échanges, une importante curiosité et ouverture au débat. Donc, nous pensions que c'était important que l'ensemble du monde de l'édition française soit présent. C'est la raison pour laquelle nous avons plusieurs intervenants français qui sont venus pour animer ce débat sur des thèmes d'ailleurs qui sont très variés. C'est l'occasion de montrer la diversité des champs de réflexion, des champs d'écriture et toutes les maisons d'édition qui sont derrière. Vous pouvez le constater à travers ce stand.»

Avec celles ayant élu domicile au pavillon français, l'édition 2019 rassemble 313 maisons d'édition locales et 118 étrangères de 40 pays, dont la Hongrie, le pays à l'honneur cette année (30e anniversaire des relations diplomatiques), les Etats-Unis, la Grande-Bretagne, le Japon et la Chine. Un focus particulier est porté à la Scandinavie, avec notamment un débat dressant un parallèle entre œuvres littéraires coréennes et suédoises. Une exposition spéciale sur la «liberté de publication» a été également mise sur pied.

«Ce travail, à l'occasion du Salon du livre, s'inscrit dans une démarche plus large que nous portons qui est celle de renforcer notre présence dans le domaine du livre, des savoirs et des idées. Nous avons lancé il y a deux ans une nouvelle politique de promotion du livre, des savoirs et des idées en Corée autour d'axes de réflexion bien arrêtés, en mettant en place des instruments de travail», a développé le haut diplomate.

Pour lui, la première priorité est de faire en sorte de favoriser l'échange entre des points de vue français et des points de vue coréens sur des débats qui parcourent la société civile coréenne : «C'est intéressant pour les Français de voir comment, dans une société démocratique moderne, on gère ces nouveaux enjeux et cela peut être d'un intérêt certain pour les Coréens de voir comment de l'extérieur, d'Europe, on appréhende des questions, et on essaie d'y répondre.»

«Pour mener cette politique (deuxième point), nous avons décidé de mettre un accent sur les publics jeunes. Il y a déjà une connaissance de la littérature française par un lectorat plus âgé. Il y a déjà des rencontres entre chercheurs et scientifiques. Mais nous avons le sentiment qu'il faut travailler la jeune génération pour lui faire découvrir la littérature française, le monde des idées français», a poursuivi l'ambassadeur.

«La troisième dimension, c'est de continuer à renforcer les liens entre les professionnels. Faire en sorte que les professionnels coréens et français se rencontrent, parlent ensemble de l'évolution de leurs métiers», a-t-il recommandé. L'approche prend aussi en compte l'évolution des besoins du marché, des professionnels comme des consommateurs, notamment dans sa dimension numérique.

«Autour de ces priorités, nous avons adapté nos modalités d'action. Nous continuons à soutenir le secteur de l'édition. Nous avons pour ce faire des programmes d'aide à la publication, comme le programme Sejong (qui permet à des éditeurs coréens souhaitant faire découvrir des auteurs français d'obtenir un soutien financier), [...] et des bourses du Centre national du livre.»

Il a souligné en outre que, depuis deux ans maintenant, sa mission diplomatique a créé de nouveaux lieux de rendez-vous pour permettre aux Coréens d'aller à la rencontre de la littérature française, du livre français, et de dialoguer. Par exemple, à la bibliothèque municipale de Banpo, dans l'arrondissement de Seocho, a été mis en place l'Espace franco-coréen avec un don d'ouvrages français, constituant un lieu de dialogue où des activités peuvent avoir lieu. De nouvelles librairies ont été ouvertes comme Garage Leonce (plusieurs centaines d'ouvrages en français) dans le quartier de Bangbae.

«Dans les lieux, je devrais ajouter l'ambassade (de France). Nous organisons une nouvelle activité qui est mensuelle : les soirées de Hapdong, où nous faisons venir un Coréen et un Français qui ont des expériences respectives, de la Corée et de la France, et qui échangent sur des thèmes très variés, qui vont de la traduction à l'architecture en passant par les sciences et le monde des affaires, et chaque fois, autant que possible, en nous appuyant sur des récits, des histoires», a-t-il été ajouté.

«Nous avons lancé de nouvelles activités. Nous profitons d'abord de toutes les grandes manifestations organisées par la Corée, comme le Salon du livre. Mais nous avons développé des programmes spécifiques. Un des plus important, c'est l'Heure du conte. Il s'agit d'activités de lecture de contes français et coréens, en français et en coréen, pour un public d'enfants. A l'issue de ces lectures, il y a une activité récréative qui est proposée. Cela peut être de la peinture, de la musique, un atelier de cuisine, avec l'objectif de faire découvrir très jeune l'univers du livre, l'univers français et francophone. Nous avons développé ces activités à la fois à Séoul (bibliothèque municipale de Banpo, librairie Kyobo à Gwanghwamun) et en dehors (Centre culturel de Daejeon, village Petite France à Gapyeong, bibliothèque Halla à Jeju).»

Pour conclure, l'ambassadeur Fabien Penone a insisté sur le «continuum de nos actions» : «Il ne faut pas isoler la littérature, ou plus largement le livre, de l'ensemble des autres actions que nous menons puisque les interactions sont importantes non seulement avec les autres domaines de la création culturelle mais aussi avec les enjeux technologiques, les enjeux de la société. Plus que jamais, dans une ère de profondes mutations, la création est à la fois une caisse de résonance et un endroit de questionnement de ces nouvelles évolutions auxquelles nous sommes confrontés et auxquelles nous devons réagir.»

Enfin, il a tenu à rendre hommage aux interprètes et traducteurs en allant jusqu'à parler de «vocation» : «L'échange culturel passe par la médiation et la langue. Donc, nous sommes particulièrement attachés au rôle des interprètes et des traducteurs. C'est un métier essentiel. C'est une vocation. La langue ne se réduit pas à un transfert d'un signifiant d'une langue à l'autre. C'est la connaissance d'une culture, d'un environnement. Dans un monde où la montée du nationalisme peut faire craindre des fermetures, où plus que jamais les problèmes sont globaux, la connaissance de l'altérité et la reconnaissance de la différence permettent de les surmonter et de se rapprocher. Tout le travail de médiation autour de la langue est essentiel. [...] Comprendre et parler une langue étrangère, c'est comprendre un univers.»

Le pavillon français (hall A, D-20) offre l'occasion de découvrir des nouveautés et l'Institut français de Corée du Sud a programmé des conférences, tables rondes, séances de dédicaces, heures du conte ainsi que d'autres activités pour célébrer le livre dans toute sa diversité. Cette année, l'accent est mis sur les sciences humaines et sociales.

Cet après-midi, l'historien et auteur Ivan Jablonka, rédacteur en chef de la revue en ligne «La Vie des Idées» et codirecteur de la collection «La République des idées» (Seuil), a donné une conférence sur «L'avenir des sciences humaines : problèmes et perspectives» et un groupe de professionnelles françaises et coréennes du secteur ont débattu sur «L'écriture du féminin aujourd'hui».

Le programme détaillé du SIBF 2019 est disponible sur le site Internet officiel du salon : http://sibf.or.kr/en (en anglais). Ci-dessous, les événements de la partie francophone et du pavillon français pour les prochains jours :

Vendredi 21 juin

14h-15h30 : «Intelligence artificielle : science et fiction». Avec Jean-Gabriel Ganascia, philosophe et informaticien, auteur de «Le mythe de la Singularité : faut-il craindre l'intelligence artificielle ?» (Seuil, 2017) et «Ce matin, maman a été téléchargée» (Buchet-Chastel, 2019). Modéré par Jae-hee Kim, professeur de philosophie à l'université Sungkyunkwan. International Event Hall (B26), COEX Hall A. Interprétation simultanée français-coréen.

17h-18h30 : «Sciences humaines et féminisme. Autour de Laetitia ». Avec Ivan Jablonka, historien et auteur de «Laetitia ou la fin des hommes» (Seuil, 2016), prix littéraire du journal Le Monde, prix Transfuge du meilleur essai et prix Médicis 2016. International Event Hall (B26), COEX Hall A. Interprétation simultanée français-coréen.

Samedi 22 juin

14h30-15h30 : Heure du conte «Perdus au musée !». Lecture en français et en coréen de «Perdus au musée!» de Laure Monloubou (L'école des loisirs, 2015), par Aline Depoilly et Seung-hee Lee, suivi d'un atelier de travaux pratiques. Pavillon français, COEX Hall A (D-20). Sur inscription préalable : seunglab2018@gmail.com.

15h : Dédicace de «Souvenirs de Séoul t.2 : destins croisés France-Corée, de 1886 aux années 1950» (Atelier des Cahiers, 2019) par Elisabeth Chabanol. Pavillon français, COEX Hall A (D-20).

15h30-16h30 : Heure du conte «Mère méduse». Lecture en français et coréen de «Mère méduse» de Kitty Crowther (L'école des loisirs, 2014), par Aline Depoilly et Seung-hee Lee, suivi d'un atelier de travaux pratiques. Pavillon français, COEX Hall A (D-20). Sur inscription préalable : seunglab2018@gmail.com.

16h : Dédicace de «지금, 여기, 프랑스» («Ici, maintenant, la France», publié en coréen aux éditions Mimésis, 2019) par Sunmi Kim. Pavillon français, COEX Hall A (D-20).

17h : Dédicace de «나는 프랑스 샤토에 산다» («La vie de château», publié en coréen aux éditions Chung Publishing, 2019) par Julie Huh. Pavillon français, COEX Hall A (D-20).

Dimanche 23 juin

14h : Dédicace de «무작정 따라하기 파리» («The Cakewalk Series – Paris», publié en coréen aux éditions Gilbut, 2019). Pavillon français, COEX Hall A (D-20).

15h : Dédicace de «Corée à Cœur» (Atelier des Cahiers, 2019) par Ida Daussy. Pavillon français, COEX Hall A (D-20).

16h-17h : «Mes combats de Simone Veil : les discours d'une vie». Avec Park Jae-yon et Kil Kyung-sun, traductrices de l'ouvrage «Mes combats» (Kumkunbooks, 2019). International Event Hall (B26), COEX Hall A. Interprétation consécutive français-coréen.

Programme hors Salon

Vendredi 21 juin

17h-19h : «Artificial intelligence and post-humanism». Conférence de Jean-Gabriel Ganascia, modérée par Choi In-Lyeong. Institut coréen pour les études avancées (KIAS), 85 Hoegi-ro, Cheongnyangri-dong, Dongdaemun-gu. Traduction consécutive anglais-coréen. Entrée libre.

Lundi 24 juin

13h-15h : «Discrimination, Artificial Intelligence and Algorithmic Decision-Making». Conférence de Jean-Gabriel Ganascia coorganisée avec Open Net Korea et modérée par Yi Sang-Wook. Startup Alliance, 423 Teheran-ro, Samseong-dong, Gangnam-gu. Traduction simultanée anglais-coréen. Entrée libre.

19h30-20h30 : «Intelligence artificielle : apogée de l'humanisme ou basculement vers le transhumanisme ?». Dialogue entre Jean-Gabriel Ganascia et Lee Jung-won, modéré par Jang Tae-soon. Auditorium, 23e étage, Kyobo Building Gwanghwamun, 1 Jongno, Jongno-gu. Traduction simultanée français-coréen. Sur inscription préalable.

Xavier Baldeyrou

(FIN)

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