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(LEAD) Augmentation de 2,9% du salaire minimum pour l'année prochaine

National 12.07.2019 à 10h53
Le Conseil du salaire minimum a décidé le 12 juillet 2019 d'augmenter de 2,9% le salaire horaire minimum à 8.590 wons lors d'une réunion au complexe gouvernemental à Sejong.

SEOUL, 12 juil. (Yonhap) -- La Corée du Sud a décidé d'augmenter le salaire horaire minimum de 2,9% pour l'année prochaine, soit la plus faible hausse en une décennie, afin de tenir compte du ralentissement économique.

Le Conseil du salaire minimum composé de représentants des syndicats et du patronat et d'experts a fixé le salaire horaire minimum à 8.590 wons (7,32 dollars) pour 2020 après les 8.350 wons de cette année.

Le taux d'augmentation du salaire minimum pour l'année prochaine marque un fort ralentissement par rapport à la hausse de 10,9% pour cette année et est le plus faible depuis que le salaire minimum a augmenté de 2,8% pour 2010.

Il s'agit du troisième taux de croissance le plus faible depuis que le pays a mis en place un système de salaire minimum en 1988.

Le salaire minimum est la plus basse rémunération légalement possible qu'un employé peut toucher.

Un taux d'augmentation à un seul chiffre était largement attendu après que le président Moon Jae-in a laissé entendre une certaine flexibilité à ce sujet sur fond de ralentissement économique et faibles créations d'emplois.

Lors de sa campagne électorale, Moon avait promis d'augmenter le salaire minimum à 10.000 wons d'ici à 2020.

Pour l'année dernière, le salaire minimum avait progressé de 16,4% sur un an à 7.530 wons par heure, la plus forte augmentation en 17 ans. La rémunération de base a augmenté de 29,1% en 2018 et 2019 depuis l'investiture de Moon en mai 2017.

Ces fortes hausses ont cependant provoqué un mécontentement de la part des petites entreprises et auto-entrepreneurs à cause de la montée du coût de la main-d'œuvre.

L'augmentation du salaire minimum est destinée à accroître les revenus et la consommation et à soutenir la croissance économique en vertu de la politique phare de Moon pour une croissance dirigée par les revenus.

Cela dit, les petites entreprises et les auto-entrepreneurs ont répondu à ces fortes hausses en licenciant des travailleurs à temps partiel, entraînant par la même occasion une baisse des créations d'emplois.

Park Joon-shik, président du Conseil du salaire minimum, a déclaré que le panel a pris en considération essentiellement la situation économique difficile dans la décision du salaire.

«La décision illustre le consensus sur la nécessité de répondre de manière flexible à la situation (économique actuelle)», a déclaré Park lors d'un point de presse au complexe gouvernemental à Sejong.

«L'économie coréenne fait face à des vents contraires. Dans le processus de poursuite de l'objectif économique et social que nous cherchons à atteindre, la situation actuelle a cruellement besoin d'un ajustement de rythme et d'orientation», a-t-il déclaré.

La décision de ce vendredi devrait provoquer de fortes protestations au sein du secteur du travail qui a appelé Moon à tenir sa promesse électorale.

«Une débâcle du salaire minimum s'est produite», a dénoncé la Fédération des syndicats coréens (FKTU) dans un communiqué.

La fédération a déclaré que la promesse de Moon de bâtir une société qui veille sur les travailleurs et d'augmenter le salaire minimum à 10.000 wons est devenu un «vain mot».

«Si les choses vont dans ce sens, il sera difficile de tenir la promesse de 10.000 wons même au cours du quinquennat de Moon», a-t-il souligné.

Le secteur du travail, qui a apporté autrefois un grand soutien au gouvernement Moon, lui a tourné le dos, estimant que Moon ne tient pas ses promesses électorales en faveur des travailleurs. La décision sur le salaire horaire pourrait dégrader davantage les relations du gouvernement avec les syndicats.

Le monde des affaires a regretté que le salaire minimum n'ait pas été gelé en décrivant la décision comme un «choix inévitable» pour limiter les effets secondaires d'une hausse importante.

«Nous espérons que la décision du salaire pourra aider à doper l'économie et apaiser les difficultés auxquelles font face les petites entreprises et commerçants», ont déclaré les représentants patronaux dans un communiqué.

Les syndicats et le patronat ont tenu des négociations ardues sur le salaire cette année.

Au départ, les représentants syndicaux avaient proposé 10.000 wons pour l'année prochaine, ce qui aurait représenté une flambée de 19,8% par rapport au salaire minimum de cette année.

Le milieu des affaires a proposé quant à lui une baisse de 4,2% à 8.000 wons, provoquant l'ire des syndicats.

C'était la première fois que le milieu des affaires demandait une diminution du salaire minimum depuis 2009, année où il a réclamé une baisse de 5,8% pour faire face à la crise financière mondiale.

Les représentants syndicaux ont fait part de leur plan de porter plainte contre cette décision auprès du ministre du Travail avant que le gouvernement n'annonce officiellement le prochain niveau du salaire minimum le 5 août.

Si l'une des deux parties remet en question la décision, le ministre du Travail peut demander au panel une nouvelle délibération s'il juge fondée leur remise en question. Il n'y a eu toutefois aucun cas de réexamen jusqu'à présent.

lsr@yna.co.kr

(FIN)

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