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Une étudiante française appelle à restituer le Jikji conservé à la BNF

Actualités 15.07.2019 à 10h42
Clara Dannepond (Photo fournie par VANK. Revente et archivage interdits)

SEOUL, 15 juil. (Yonhap) -- La Française Clara Dannepond a plaidé pour le retour en Corée du Sud du Jikji, le plus ancien livre imprimé avec des caractères mobiles en métal au monde, conservé aujourd'hui à la Bibliothèque nationale de France (BNF) à Paris.

Etudiante en sciences économiques à l'université Paris-Dauphine et stagiaire depuis le début de ce mois-ci à Voluntary Agency Network of Korea (VANK), Dannepond raconte sa découverte du Jikji qui «a été imprimé en Corée presque 80 ans avant la Bible de Gutenberg» dans une vidéo de trois minutes mise en ligne le 11 juillet dernier sur YouTube (youtu.be/7m28gldwEtw) et partagée sur le compte Facebook de VANK.

«En ayant suivi le système scolaire français, on m'a toujours appris que le premier livre jamais imprimé était la Bible de Gutenberg en 1455», a déclaré la Française dans la vidéo. «C'est 15 ans plus tard qu'en entrant à VANK en tant qu'"intern", j'ai appris que c'était une information totalement erronée et vraiment européocentrée», a-t-elle poursuivi. VANK est une agence dédiée à la promotion à l'étranger de la Corée et de son histoire.

En effet, le Jikji, dont le nom complet est «Jikjisimcheyojeol», a été réalisé en 1377 au temple Heungdeok à Cheongju, à 137 km au sud-est de Séoul.

Ce livre était constitué à l'origine de deux volumes mais il ne reste aujourd'hui que le deuxième volume. Celui-ci est actuellement conservé à la BNF à Paris après avoir été acquis par le premier diplomate français nommé en Corée, Victor Collin de Plancy.

L'Organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture (Unesco) a confirmé en 2001 que le Jikji était le livre le plus ancien au monde imprimé avec des caractères mobiles en métal et l'a inscrit à la Mémoire du monde de l'Unesco.

Elle a souligné l'importance de restituer ce trésor national à la Corée, tout en regrettant l'absence d'une telle intention de la part de la France qui «considère que le Jikji fait partie du patrimoine commun de l'humanité et donc il n'appartient à aucun pays».

«Je pense que rendre le Jikji à la Corée et le promouvoir est très important et essentiel pour que la Corée et les Coréens puissent retrouver une identité culturelle commune qui est essentielle pour construire une nation», a-t-elle insisté.

Pendant son stage à VANK qui se poursuivra jusqu'à la fin du mois prochain, Dannepond projette de créer un site Internet en français dédié à l'histoire et à la culture de la Corée. Il présentera notamment les Jeux olympiques d'hiver de PyeongChang 2018, l'histoire liée à l'époque coloniale (1910-1945) comme le combat des résistants coréens et l'esclavage sexuel de femmes par l'armée impériale japonaise et l'histoire du hangeul, alphabet coréen.

lsr@yna.co.kr

(FIN)

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