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(2e LD) Le gouvernement japonais décide de supprimer la Corée du Sud de la «liste blanche»

Economie 02.08.2019 à 11h47
(2e LD) Le gouvernement japonais décide de supprimer la Corée du Sud de la «liste blanche» - 1

TOKYO/SEOUL, 02 août (Yonhap) -- Le gouvernement japonais a approuvé vendredi la proposition de supprimer la Corée du Sud de la liste des partenaires commerciaux bénéficiant de sa confiance, une mesure perçue comme des représailles économiques supplémentaires dans un contexte de conflit autour du travail forcé durant la Deuxième Guerre mondiale.

La décision fait suite à la mesure de restrictions d'exportations imposée le 4 juillet pour des procédures d'obtention d'approbation plus compliquées pour les exportations vers la Corée du Sud de matériaux chimiques essentiels à la production de semi-conducteurs et d'écrans.

Le ministre japonais du Commerce Hiroshige Seko a annoncé lors d'une conférence de presse que la nouvelle mesure entrerait en vigueur le 28 août après les procédures nécessaires, a rapporté l'agence de presse japonaise Kyodo. La mesure entraînera un autre tourbillon dans les relations bilatérales déjà considérablement dégradées entre les deux pays.

La querelle fait suite à des décisions rendues par la Cour suprême sud-coréenne l'année dernière qui a ordonné à des entreprises japonaises d'indemniser des victimes sud-coréennes du travail forcé. Le Japon a vivement contesté ces jugements en insistant que toutes les questions liées aux réparations ont été réglées par le traité signé en 1965 qui a normalisé les relations bilatérales.

Tokyo prétend que les restrictions d'exportations ne sont pas liées à la question du travail forcé.

La Corée du Sud sera donc exclue de la liste blanche comportant 27 pays, dont l'Argentine, le Royaume-Uni, la Nouvelle-Zélande et l'Australie, bénéficiant de procédures simplifiées pour acheter des produits sensibles pouvant aussi être utilisés à des fins militaires.

La Corée du Sud a rejoint cette liste en 2004 et est devenue le premier pays à perdre le statut.

Sous ce nouveau régime, les exportateurs japonais devront obtenir une autorisation au cas par cas, sans bénéficier du processus rapide d'approbation, pour expédier près de 1.120 produits à double usage vers la Corée du Sud, ce qui provoquera des délais et perturbations considérables dans les importations depuis le Japon.

On ne connaît pas encore précisément les produits qui seront les plus affectés, mais les analystes estiment que les secteurs à grand potentiel de croissance, comme les batteries lithium-ion, fibres de carbone et équipements d'ingénierie, pourraient être les cibles des contrôles plus stricts du Japon.

Cependant, cette mesure pourrait aussi affecter les entreprises japonaises comme elles risquent de perdre du chiffre d'affaires provenant des acheteurs sud-coréens.

Dans un dernier effort pour alléger les tensions, la ministre des Affaires étrangères Kang Kyung-wha a tenu jeudi une discussion avec son homologue japonais Taro Kono à Bangkok, en Thaïlande, en marge d'un forum sur la sécurité régionale, mais les deux côtés ne sont pas parvenus à réduire leurs divergences.

Après la réunion, Kang a averti que Séoul pourrait remettre en question le renouvellement de l'Accord de sécurité générale d'informations militaires (GSOMIA) signé avec le Japon si Tokyo décide finalement de retirer la Corée du Sud de la liste blanche.

Des officiels de Séoul ont évoqué la possibilité que la Corée du Sud puisse envisager de mettre fin au GSOMIA qui a pour but de partager des informations afin de mieux faire face aux menaces du régime nord-coréen. Cet accord est normalement renouvelé systématiquement à moins qu'une partie ne s'y oppose. La date pour cette année est le 24 août.

La Corée du Sud a appelé le Japon à lever ses mesures de représailles économiques en disant qu'elles sont injustes et à l'encontre des principes du commerce international. Séoul a également demandé de résoudre la question de façon diplomatique et non à travers un processus de règlement des différends.

Comme solution à la question du travail forcé, Séoul a proposé en juin de créer un fonds conjoint réunissant des entreprises japonaises et sud-coréennes pour indemniser des victimes, mais Tokyo a immédiatement refusé cette proposition.

Séoul cherche aussi une aide de Washington pour résoudre ces conflits.

Les Etats-Unis auraient demandé, selon des rapports de médias, à ses deux alliés asiatiques de signer un accord «moratoire» pour prendre le temps de négocier et trouver des solutions. Mais le Japon a nié avoir reçu une telle demande de la part de Washington.

Hier, un haut officiel américain a dit, selon Reuters, que les Etats-Unis sont préoccupés par le retrait de la Corée du Sud de la liste blanche du Japon, en avertissant que cela pourrait avoir des répercussions négatives en cas de «spirale descendante».

eloise@yna.co.kr

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