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Tensions entre Kang et Kono en Thaïlande après la décision du Japon

Economie 02.08.2019 à 16h48
La ministre des Affaires étrangères Kang Kyung-wha et son homologue japonais Taro Kono se séparent après la séance photos avant la réunion bilatérale à l'hôtel Centara Grand à Bangkok, en Thaïlande, le jeudi 1er août 2019 (heure locale).

BANGKOK, 02 août (Yonhap) -- Les chefs des diplomaties de la Corée du Sud et du Japon se sont revus ce vendredi durant un forum sur la sécurité régionale en Thaïlande, alors que Tokyo a décidé de supprimer la Corée du Sud de la liste des partenaires commerciaux bénéficiant de sa confiance.

La ministre des Affaires étrangères, Kang Kyung-wha, et son homologue japonais, Taro Kono, se sont retrouvés à Bangkok à une des réunions multilatérales annuelles impliquant les 10 membres de l'Association des nations de l'Asie du Sud-Est (Asean).

La réunion s'est tenue après que le gouvernement japonais a pris la décision de retirer la Corée du Sud de sa «liste blanche» des 27 pays bénéficiant d'un traitement préférentiel lors d'achats de produits japonais à double usage qui peuvent être utilisés à des fins militaires. Il s'agit de la deuxième mesure de représailles sur fond de conflits autour du travail forcé effectué par le Japon durant la Seconde Guerre mondiale.

«Je tiens à attirer votre attention sur la décision prise ce matin par le Japon de retirer mon pays de sa liste des partenaires commerciaux bénéficiant d'un traitement préférentiel global pour les exportations. Et elle (a été prise) de manières unilatérale et arbitraire», a dit Kang lors de la réunion de l'Asean plus trois (APT).

«Nous sommes sérieusement préoccupés par cette décision, pour le moins, comme elle fait suite en particulier à la décision précédente de restreindre les exportations de certains matériaux essentiels vers la Corée du Sud», a-t-elle ajouté.

En dénonçant les restrictions d'exportations du Japon, Kang a également souligné l'importance du libre-échange.

«Comme le président (de la réunion) l'a fait remarquer, nous devons choisir l'élargissement de la part du gâteau que nous allons tous partager à travers l'expansion du libre-échange et du commerce au lieu de prendre des mesures pour la réduire.»

«Malheureusement, ce principe fondamental est confronté à un défi dans notre région.»

Kono a répliqué en décrivant les remarques de Kang comme une «plainte».

«Je n'ai reçu aucune plainte de la part de nos amis de l'Asean sur nos mesures de gestion des exportations», a-t-il dit.

«La république de Corée a bénéficié et bénéficie toujours du statut préférentiel ou d'un statut égal à celui de nos amis de l'Asean et je ne comprends pas quelle est la source de la plainte de la ministre des Affaires étrangères Kang», a-t-il ajouté.

«La révision des contrôles d'exportations nécessaire et légitime du Japon est totalement conforme au régime du libre-échange, y compris à l'accord de l'OMC (Organisation mondiale du commerce) et aux règles relatives», a-t-il continué.

Séoul a critiqué les restrictions d'exportations vers la Corée du Sud, imposées le 4 juillet par le Japon sur trois matériaux industriels indispensables pour la production de semi-conducteurs et d'écrans, en disant qu'elles vont à l'encontre des principes du libre-échange que Tokyo a pendant longtemps défendu et dont il a bénéficié.

Il semble que l'exclusion de la Corée du Sud de la liste blanche constitue, tout comme la mesure de contrôles d'exportations du mois dernier, des représailles politiques pour protester contre les décisions rendues par la Cour suprême sud-coréenne l'année dernière qui a ordonné à des entreprises japonaises d'indemniser des victimes sud-coréennes du travail forcé.

Le Japon insiste que toutes les questions liées aux réparations ont été réglées par le traité signé en 1965 qui a normalisé les relations bilatérales.

Le ministre des Affaires étrangères de Singapour, Vivian Balakrishnan, a pour sa part fait une remarque sur le retrait de la Corée du Sud de la liste blanche du Japon, une intervention rare de la part d'un des pays membres de l'Asean.

Balakrishnan a dit que le Japon devrait augmenter, au lieu de réduire, le nombre de pays figurant sur la liste blanche afin de construire la confiance entre les pays de la région, intensifier l'interdépendance et contribuer à la coprospérité.

Kono a dit plus tard qu'il y avait trois enjeux importants entre la Corée du Sud et le Japon concernant les restrictions de Séoul sur les importations de produits maritimes japonais imposées suite à l'accident nucléaire de Fukushima en 2011, l'accord de 1965 et les contrôles d'exportations imposés par Tokyo. Il a dit que ces questions n'étaient pas liées.

A la fin de la réunion, Kang a dit qu'elle partageait le point de vue de Balakrishnan. Le ministre chinois des Affaires étrangères Wang Yi a aussi soutenu l'opinion de Balakrishnan, en disant que les enjeux régionaux devaient être réglés avec «bonne volonté et confiance».

Dans son discours d'ouverture, Wang Yi a appelé les pays de l'APT à s'orienter vers une plus grande coopération et à défendre «résolument» le libre-échange.

«Nous souhaitons et pensons que les pays de l'APT donneront toujours la priorité à la coopération et au développement commun, à l'unification et à la prospérité régionale, et résoudront les divergences relatives de manière appropriée et feront de l'Asie de l'Est une meilleur région», a-t-il déclaré.

«Nous avons besoin de soutenir fermement le libre-échange et faire de l'APT un chef de file pour l'intégration économique régionale», a-t-il continué. «Nous devons renforcer les échanges humains et faire de l'APT une plate-forme pour l'harmonie culturelle et la coexistence. Nous devons gérer conjointement les risques et les défis et soutenir la paix et la stabilité avec la coopération de l'APT.»

eloise@yna.co.kr

(FIN)

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