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(3e LD) La Corée du Sud et le Japon décident de se supprimer l'un l'autre de leur liste des partenaires commerciaux de confiance

Economie 02.08.2019 à 21h38
Président Moon
L'ambassadeur du Japon à Séoul Yasumasa Nagamine arrive le 2 août au ministère sud-coréen des Affaires étrangères à Séoul.

SEOUL, 02 août (Yonhap) -- La Corée du Sud et le Japon ont décidé ce vendredi de se supprimer l'un l'autre de leur liste respective des partenaires commerciaux dignes de confiance, faisant de leurs conflits commercial et diplomatique une guerre économique après que Tokyo a rejeté les appels répétés de Séoul pour une résolution par des négociations.

Le Japon a retiré en premier la Corée du Sud de sa liste blanche plus tôt dans la journée dans le cadre de sa deuxième mesure de représailles économiques autour du travail forcé durant la Deuxième Guerre mondiale, après avoir imposé des restrictions d'exportations le 4 juillet sur les exportations vers la Corée du Sud de matériaux chimiques essentiels à la production de semi-conducteurs et d'écrans.

Le président Moon Jae-in a dénoncé la mesure du Japon comme une «décision très imprudente» et a exprimé des «profonds regrets» en avertissant que la Corée du Sud prendra des mesures correspondantes et le Japon sera entièrement responsable des conséquences.

«Comme il est devenu clair que le gouvernement japonais est responsable d'avoir laissé se dégrader la situation en ignorant les efforts du gouvernement coréen et de la communauté internationale pour résoudre la question diplomatiquement, j'avertis clairement que le gouvernement japonais sera entièrement responsable de ce qui va se passer à l'avenir», a déclaré Moon lors d'une réunion d'urgence diffusée en direction à la télévision.

«La mesure japonaise a ajouté des difficultés à notre économie … mais nous n'allons plus jamais perdre contre le Japon», a-t-il dit.

Le ministre de l'Economie et des Finances Hong Nam-ki a annoncé plus tard que la Corée du Sud retirerait aussi le Japon de sa liste blanche en condamnant la décision japonaise comme un «acte qui dégrade fondamentalement les relations de coopération et de confiance que les deux pays ont travaillé dur pour construire».

Il a également déclaré que la Corée du Sud intensifierait ses efforts pour déposer une plainte auprès de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) au sujet des restrictions à l'exportation du Japon.

Kim Hyun-chong, le conseiller adjoint à la sécurité nationale, a déclaré que le gouvernement étudierait s'il y a lieu de continuer à maintenir un accord bilatéral sur le partage de renseignements militaires conclu avec le Japon en 2016 pour mieux faire face aux menaces nord-coréennes.

«Le gouvernement (sud-coréen) prendra des mesures de réponse globales, y compris s'il est juste de maintenir le partage d'informations militaires sensibles avec un pays qui parle de manque de confiance», a dit Kim lors d'un point de presse.

L'accord est censé être automatiquement renouvelé chaque année à moins que l'une ou l'autre des parties n'informe l'autre de son intention d'y mettre fin 90 jours avant la fin de la période d'un an. La date limite pour la notification cette année est le 24 août.

Le vice-ministre des Affaires étrangères Cho Sei-young a convoqué l'ambassadeur du Japon à Séoul Yasumasa Nagamine et protesté contre la décision de Tokyo en notant que les Sud-Coréens ne peuvent plus considérer le Japon comme un pays ami. Cho a également exhorté le Japon à retirer immédiatement toutes les mesures de représailles.

La décision était largement attendue depuis que Tokyo a renforcé ses contrôles sur les exportations vers la Corée du Sud de trois matériaux clés dans la fabrication de semi-conducteurs et smartphones au début du mois dernier.

Le ministre japonais du Commerce Hiroshige Seko a annoncé lors d'une conférence de presse que la nouvelle mesure entrerait en vigueur le 28 août.japonaise Kyodo.

La querelle fait suite à des décisions rendues par la Cour suprême sud-coréenne l'année dernière qui a ordonné à des entreprises japonaises d'indemniser des victimes sud-coréennes du travail forcé. Le Japon a vivement contesté ces jugements en insistant que toutes les questions liées aux réparations ont été réglées par le traité signé en 1965 qui a normalisé les relations bilatérales.

Tokyo prétend que les restrictions d'exportations ne sont pas liées à la question du travail forcé.

La Corée du Sud sera donc exclue de la liste blanche comportant 27 pays, dont l'Argentine, le Royaume-Uni, la Nouvelle-Zélande et l'Australie, bénéficiant de procédures simplifiées pour acheter des produits sensibles pouvant aussi être utilisés à des fins militaires.

La Corée du Sud a rejoint cette liste en 2004 et est devenue le premier pays à perdre le statut.

Sous ce nouveau régime, les exportateurs japonais devront obtenir une autorisation au cas par cas, sans bénéficier du processus rapide d'approbation, pour expédier près de 1.120 produits à double usage vers la Corée du Sud, ce qui provoquera des délais et perturbations considérables dans les importations depuis le Japon.

On ne connaît pas encore précisément les produits qui seront les plus affectés, mais les analystes estiment que les secteurs à grand potentiel de croissance, comme les batteries lithium-ion, fibres de carbone et équipements d'ingénierie, pourraient être les cibles des contrôles plus stricts du Japon.

Cependant, cette mesure pourrait aussi affecter les entreprises japonaises comme elles risquent de perdre du chiffre d'affaires provenant des acheteurs sud-coréens.

La Corée du Sud a appelé le Japon à lever ses mesures de représailles économiques en disant qu'elles sont injustes et à l'encontre des principes du commerce international. Séoul a également demandé de résoudre la question de façon diplomatique et non à travers un processus de règlement des différends.

Comme solution à la question du travail forcé, Séoul a proposé en juin de créer un fonds conjoint réunissant des entreprises japonaises et sud-coréennes pour indemniser des victimes, mais Tokyo a immédiatement refusé cette proposition.

Séoul cherche aussi une aide de Washington pour résoudre ces conflits.

Les Etats-Unis auraient demandé, selon des rapports de médias, à ses deux alliés asiatiques de signer un accord «moratoire» pour prendre le temps de négocier et trouver des solutions. Mais le Japon a nié avoir reçu une telle demande de la part de Washington.

Hier, un haut officiel américain a dit, selon Reuters, que les Etats-Unis sont préoccupés par le retrait de la Corée du Sud de la liste blanche du Japon, en avertissant que cela pourrait avoir des répercussions négatives en cas de «spirale descendante».

eloise@yna.co.kr

lsr@yna.co.kr

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