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Le rassemblement hebdomadaire des femmes de réconfort célèbre sa 1.400 édition

Actualités 14.08.2019 à 17h03

SEOUL, 14 août (Yonhap) -- La manifestation hebdomadaire pour demander au Japon de s'excuser auprès des victimes pour son esclavage sexuel en temps de guerre a célébré ce mercredi sa 1.400e édition sur fond d'intensification des disputes diplomatique et commerciale entre Séoul et Tokyo.

Près de 20.000 militants, élèves et autres citoyens se sont rassemblés à midi pour participer au mouvement de protestation qui dure depuis 27 ans devant le site de l'ambassade du Japon au centre de Séoul.

Des hommes politiques, dont la députée Sim Sang-jeung, chef du Parti de la justice, et le député Nam In-soon du parti au pouvoir, le Parti démocrate, ont aussi assisté à cet événement historique.

«Je vous remercie d'être venus malgré la chaleur brûlante. Nous combattrons jusqu'à ce que nous triomphions», a souligné Gil Won-ok, victime survivante de l'esclavage sexuel du Japon, durant la manifestation tenue la veille du jour de la Libération qui célèbre la fin du régime colonial japonais (1910-1945).

1.400e rassemblement du mercredi

Le mouvement de protestation de cette année a attiré une grande attention de médias en raison de hautes tensions entre les deux voisins asiatiques sur des questions historiques.

Les relations entre les deux pays se sont détériorées rapidement, comme le Japon a imposé des restrictions d'exportations vers la Corée du Sud et a enlevé cette dernière de sa liste blanche de pays dignes de confiance. Tokyo a pris cette décision comme mesure apparente de représailles contre des verdicts rendus l'année dernière par la Cour suprême sud-coréenne qui a ordonné à des entreprises japonaises d'indemniser des victimes du travail forcé durant la colonisation japonaise de la Corée.

Le rassemblement a coïncidé également avec la journée internationale de commémoration des victimes de l'esclavage sexuel, désignée pour commémorer le jour où la défunte Kim Hak-sun, une ancienne femme de réconfort, a témoigné en 1991 pour la première fois en public du programme de bordels militaires du Japon organisés durant la Deuxième Guerre mondiale.

Depuis janvier 1992, des militants et victimes de l'esclavage sexuel japonais organisent chaque mercredi des rassemblements devant le site de l'ambassade du Japon à Séoul pour demander à Tokyo de présenter des excuses formelles aux anciennes esclaves sexuelles, appelées par euphémisme «femmes de réconfort».

Des historiens estiment le nombre d'esclaves sexuelles en temps de guerre à 200.000, dont la plupart étaient originaires de Corée. Seulement 20 survivantes sont recensées par le gouvernement aujourd'hui.

Manifestation massive

En plus du principal événement à Séoul, des «rassemblements du mercredi» ont eu lieu dans 57 autres villes en Corée du Sud et dans 12 pays, dont les Etats-Unis et le Japon.

«Ici, nous déclarons notre volonté de créer un monde pacifique où nous nous respectons l'un l'autre», a dit Yoon Mi-hyang, la présidente du Conseil coréen des femmes de réconfort, un organisme civil qui défend les victimes. «Nous avons appris la valeur de la paix et des droits de l'Homme avec les défuntes Kim Bok-dong et Kim Hak-sun.»

Kim Bok-dong, décédée à l'âge de 93 ans en janvier 2019, est une ancienne esclave sexuelle emblématique qui témoignait ouvertement contre la violence en temps de guerre.

Les participants ont demandé au gouvernement japonais de reconnaître son crime de guerre et de présenter des excuses sincères.

«Le gouvernement japonais doit arrêter de nuire à l'honneur et aux droits humains des victimes et d'admettre son crime de guerre», ont-ils déclaré dans un communiqué.

En plus de la manifestation hebdomadaire, des organismes civils locaux et des militants ont organisé des rassemblements à Séoul pour dénoncer le gouvernement japonais qui a pris des mesures de représailles sans présenter des excuses pour ses méfaits.

mjp@yna.co.kr

(FIN)

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