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GSOMIA : Washington «préoccupé» et «déçu» par la décision de Séoul

International 23.08.2019 à 10h20
Kim You-geun, vice-directeur du Bureau de la sécurité nationale, annonce le jeudi 22 août 2019 la décision du gouvernement de mettre fin à l'Accord de sécurité générale d'informations militaires (GSOMIA) avec le Japon, à Cheong Wa Dae. Kim a cité comme raison de cette décision le «grand changement» dans les conditions de coopération sécuritaire provoqué par les restrictions d'exportation du Japon.

WASHINGTON, 22 août (Yonhap) -- Les Etats-Unis ont fait part jeudi de leur «profonde préoccupation» et «déception» suite à la décision de la Corée du Sud de mettre fin à l'Accord de sécurité générale d'informations militaires (GSOMIA) avec le Japon.

Plus tôt, Séoul a annoncé sa décision de mettre un terme au GSOMIA sur fond de contentieux bilatéraux sur le commerce et l'histoire.

Reproche rarissime de l'allié de Séoul, le département d'Etat américain et le Pentagone ont manifesté leur mécontentement sur cette démarche.

«Nous sommes déçus de la décision prise par les Sud-Coréens sur l'accord de partage d'informations», a dit le secrétaire d'Etat américain Mike Pompeo lors d'un point de presse conjoint avec son homologue canadien à Ottawa.

«Nous avons appelé les deux pays à continuer de s'engager et de dialoguer», a dit Pompeo en évoquant la conversation qu'il a eue le matin même avec la ministre des Affaires étrangères sud-coréenne Kang Kyung-wha.

Pompeo avait pourtant dit espérer que la Corée du Sud et le Japon réparent leur relation compte tenu des tâches importantes que les trois pays doivent réaliser ensemble.

«Nous souhaitons que l'un des deux pays prenne l'initiative de remettre la relation à la bonne place», a-t-il dit. «Cela est absolument important non seulement pour la tâche que vous avez mentionnée dans les affaires nord-coréennes, mais aussi pour la tâche que nous menons ensemble à l'échelle mondiale.»

Le Pentagone a fait les mêmes remarques que Pompeo.

«Le département de la Défense exprime sa profonde inquiétude et déception sur le fait que l'administration Moon a refusé le renouvellement» de l'accord, a dit le porte-parole du Pentagone, le lieutenant-colonel Dave Eastburn, dans un communiqué.

«Nous sommes convaincus que l'intégrité de nos relations mutuelles de défense et sécurité devra se poursuivre malgré les frictions de la relation ROK-Japon dans d'autres domaines. Nous allons continuer à poursuivre les coopérations bilatérale et trilatérale dans la défense et la sécurité avec le Japon et la ROK dans les domaines possibles», a-t-il ajouté. ROK est le sigle du nom officiel en anglais de la Corée du Sud.

Les déclarations de ces deux officiels américains sont intervenues à peine quelques heures après que la Maison-Bleue a indiqué aux journalistes que les Etats-Unis ont fait part de leur compréhension concernant la décision de Séoul.

Le Pentagone a même changé la version antérieure de sa déclaration qui appelait la Corée du Sud et le Japon à travailler ensemble pour résoudre leurs différends.

«Je souhaite qu'ils puissent le faire rapidement», a dit Eastburn. «Nous sommes tous plus forts, et l'Asie du Nord-Est est plus sûre lorsque les Etats-Unis, le Japon et la Corée du Sud travaillent ensemble dans la solidarité et l'amitié. Le partage de renseignements est la clé du développement de notre politique et stratégie de défense commune.»

Interrogé par l'agence de presse Yonhap sur le changement, le porte-parole n'a pas donné de réponse tout de suite.

Mais une source du gouvernement américain a affirmé que Washington n'était pas content des remarques de l'officiel du bureau présidentiel de la Corée du Sud.

«Nous ne sommes en particulier pas très contents que le gouvernement sud-coréen ait dit qu'il y a eu une compréhension des Etats-Unis. Ce n'est pas vrai», a indiqué la source à Yonhap sous condition d'anonymat.

Les Etats-Unis ont déjà adressé une plainte à des officiels sud-coréens à Séoul et Washington «en expriment notre mécontentement vis-à-vis de l'actuelle décision», a ajouté la source.

La fin du GSOMIA marque un point culminant de la tension déclenchée par la décision prise au mois de juillet par Tokyo sur des restrictions d'exportations de matériaux industriels sensibles vers la Corée du Sud.

Séoul a dénoncé cette mesure comme des représailles contre les verdicts rendus l'année dernière par la Cour suprême sud-coréenne qui a ordonné à des entreprises japonaises d'indemniser des victimes coréennes qui ont été forcées à travailler durant le régime colonial japonais (1910-1945).

Les tensions sont encore montées d'un cran avec la suppression de la Corée du Sud sur la liste du Japon des partenaires commerciaux bénéficiant de sa confiance ce mois-ci et la décision de Séoul de retirer à son tour le Japon de sa propre liste.

Washington n'a cessé d'encourager les deux alliés à trouver une solution par le dialogue. Cependant, il se montre réticent à jouer un rôle actif de médiateur.

Le GSOMIA, signé en 2016, arrivera à échéance en novembre, ce qui augmentera les préoccupations sur la coopération trilatérale face aux menaces nucléaires de Pyongyang et à la montée de la puissance militaire de la Chine.

Le pacte devait été renouvelé automatiquement le 24 août comme chaque côté a trois mois de délai pour informer l'autre partie de son éventuelle intention de l'annuler.

eloise@yna.co.kr

(FIN)

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