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Moon tend la main au Japon et espère la venue de Kim Jong-un au sommet de l'Asean

Science/Tech 30.08.2019 à 10h22

SEOUL, 30 août (Yonhap) -- Le président Moon Jae-in a déclaré vendredi qu'il s'ouvrirait au Japon si ce dernier revient au dialogue pour mettre fin aux désaccords commerciaux entre les deux parties, tendant ainsi à nouveau une branche d'olivier à Tokyo.

«Je suis prêt à m'ouvrir au Japon et à coopérer avec lui s'il revient à la table du dialogue et de la coopération, à quelque moment que ce soit», a-t-il indiqué dans une interview écrite accordée au Bangkok Post.

Il se rendra la semaine prochaine en Thaïlande dans le cadre d'une tournée en Asie du Sud-Est qui l'emmènera aussi en Birmanie et au Laos.

Moon a exprimé son souhait que Séoul et Tokyo prennent leurs responsabilités «afin que les futures générations en Asie de l'Est puissent expérimenter la prospérité réalisée via la coopération».

Le message montre que son administration laisse la porte ouverte aux discussions avec le pays voisin même après la décision prise la semaine dernière de mettre un terme à l'accord de partage de renseignements militaires, connu sous le nom d'Accord de sécurité générale d'informations militaires (GSOMIA).

Cette mesure est survenue après que le Japon a rejeté la proposition du président faite dans son discours du 15 août, le jour de la Libération. Il a déclaré que la Corée du Sud «joindra volontiers ses mains» à celles du Japon s'il choisit le dialogue et la coopération.

Cependant, Tokyo a mis en application mercredi sa décision de supprimer la Corée du Sud de sa «liste blanche» des partenaires commerciaux dignes de confiance.

En présidant jeudi un conseil des ministres sur la proposition budgétaire de l'Etat pour l'année prochaine, Moon a appelé le Japon à être «honnête» à propos de ses «représailles économiques» pour une question liée à sa colonisation brutale de la Corée (1910-1945). Il a demandé que Tokyo «regarde le passé en face».

Dans l'interview avec le journal thaïlandais, Moon a réaffirmé toutefois qu'il accordait la priorité à la résolution des affrontements avec des mesures diplomatiques.

«Le gouvernement coréen a l'intention de résoudre la question diplomatiquement via le dialogue», a-t-il dit. «Cela n'a aucun sens de nuire à l'économie de l'autre à cause de questions qui se trouvent en dehors du secteur économique. Un cercle vicieux de mesures et contre-mesures n'est pas souhaitable.»

La veille du deuxième anniversaire de son arrivée au pouvoir, le président Moon Jae-in prend la parole lors d'une interview accordée à la chaîne de télévision nationale KBS, à Cheong Wa Dae, à Séoul, le jeudi 9 mai 2019. (Photo fournie par Cheong Wa Dae. Revente et archivage interdits)

Il a aussi demandé que l'Association des nations de l'Asie du Sud-Est (Asean) «travaille ensemble pour conduire le Japon sur la voie du dialogue et de la consultation diplomatique».

A une question sur l'éventualité d'inviter le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un au sommet spécial entre la Corée du Sud et l'Asean et au sommet du Mékong, qui auront lieu en novembre à Busan, Moon a répondu qu'il souhaitait sa venue.

«Ce serait une occasion très significative pour la paix dans la péninsule coréenne et en Asie de l'Est si le dirigeant Kim Jong-un se joint à la rencontre avec les 10 leaders des pays de l'Asean», a-t-il indiqué.

Il a ajouté une condition préalable en disant que la décision d'inviter Kim dépendra des progrès réalisés dans le processus de paix dans la péninsule coréenne, dont le dialogue entre Washington et Pyongyang.

Alors que Kim a fait part clairement de son engagement à achever la dénucléarisation pour le développement économique de sa nation, Moon a ajouté que «ce qui importe le plus pour la Corée du Nord, c'est de mettre concrètement en œuvre la dénucléarisation».

Il a déclaré que «j'espère que l'Asean jouera un grand rôle pour aider la Corée du Nord à abandonner son programme nucléaire et à faire front commun avec nous tous à travers la coopération économique».

Il a noté que l'Asean était un canal de communication important entre le Nord et la communauté internationale.

En 2000, la Corée du Nord a adhéré au Forum régional de l'Asean (ARF), le seul forum consultatif pour la sécurité régionale auquel participe la nation communiste en tant que membre officiel.

Deux sommets historiques entre la Corée du Nord et les Etats-Unis ont eu lieu à Singapour et au Vietnam, démontrant un «rôle immensément constructif» de l'Asean dans le processus de paix sur la péninsule coréenne, selon Moon.

Il a dit que la Corée du Sud s'intéressait d'autant plus au développement du Mékong que le fleuve, surnommé «corde de vie» de l'Indochine, deviendra un moteur de croissance pour la région.

«Nous pensons également que le développement de l'Indochine est étroitement lié au développement de la Corée», a-t-il indiqué. «Je souhaite que nous puissions aider les habitants de la région du Mékong à réaliser un développement durable en partageant et en utilisant en toute sécurité et de manière efficace leurs ressources d'eau.»

Cette question, a-t-il ajouté, fera l'objet d'un débat lors du sommet du Mékong qui se déroulera le 27 novembre avec cinq autres pays de l'Asean situés autour du fleuve, à savoir le Cambodge, la Birmanie, le Laos, le Vietnam et la Thaïlande.

Il aura lieu juste après le sommet Corée du Sud-Asean qui durera deux jours afin de commémorer le 30e anniversaire de l'établissement du partenariat.

Quant aux relations entre Séoul et Bangkok, il a souligné que le pays d'Asie du Sud-Est était un «vrai ami» des Sud-Coréens.

La Thaïlande a figuré parmi les premiers pays à apporter des aides durant et après la guerre de Corée (1950-1953).

«Le peuple coréen n'oubliera jamais le dévouement et le sacrifice des vétérans thaïlandais de la guerre de Corée et est toujours reconnaissant aujourd'hui», a déclaré Moon. «Je considère les relations avec la Thaïlande comme étant très importantes et je veux voir nos relations de coopération faire plus de grands progrès.»

mjp@yna.co.kr

(FIN)

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