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(6e LD) Moon nomme Cho Kuk nouveau ministre de la Justice

National 09.09.2019 à 21h07
Le président Moon Jae-in (à droite) serre la main le lundi 9 septembre 2019 du nouveau ministre de la Justice Cho Kuk après lui avoir donné sa lettre de nomination à Cheong Wa Dae.
Le ministre de la Justice Cho Kuk prononce un discours d'intronisation au siège du ministère à Gwacheon le 9 septembre 2019.
Hwang Kyo-ahn (à droite), président du principal parti d'opposition, le Parti Liberté Corée, et la députée Na Kyung-won, chef du parti à l'Assemblée nationale, assistent à une réunion d'urgence des députés du parti à l'Assemblée nationale à Séoul après la nomination de Cho Kuk au poste de ministre de la Justice.

SEOUL, 09 sept. (Yonhap) -- Le président Moon Jae-in a nommé ce lundi Cho Kuk au poste de ministre de la Justice en mettant l'accent sur la nécessité de poursuivre le plan de réforme du gouvernement.

Il a appelé à la «compréhension» et au «soutien du public» suite à sa décision de nommer Cho malgré des controverses autour de manquements à l'éthique et fautes que Cho et sa famille auraient commis. L'épouse de Cho a été inculpée pour avoir falsifié une citation d'un président d'université pour sa fille.

Moon a déclaré être conscient du débat intense sur la question de savoir si Cho est qualifié pour le poste.

«Mais, je pense que, ce qui est plus important, c'est de maintenir le principe et la cohérence», a déclaré Moon lors d'une allocution retransmise à la télévision après avoir donné à Cho la lettre de nomination à Cheong Wa Dae.

Ce serait un «mauvais antécédent» de ne pas nommer Cho uniquement à cause de soupçons d'actes illicites qui n'ont pas été confirmés, a-t-il ajouté.

Le chef de l'Etat a rappelé que réformer des «institutions influentes» a été l'une de ses promesses électorales «les plus importantes». Il faisait référence vraisemblablement au Parquet qu'il considère comme ayant un pouvoir excessif.

Moon a dit que ce qu'il faut est protéger légalement et systématiquement la neutralité politique de ces agences. Il a dit nommer Cho pour «achever» la tâche.

Conscient des critiques selon lesquelles la fille de Cho a obtenu des privilèges pour entrer dans des écoles prestigieuses en Corée du Sud, le président a promis «une réforme forte dans le secteur de l'éducation» par le biais d'une révision de l'enseignement au lycée et du système d'entrée à l'université.

Moon a aussi présenté des excuses officielles pour avoir nommé Cho et cinq autres officiels de niveau ministériel sans rapport d'audition de confirmation de l'Assemblée nationale.

Il a décrit cette situation comme un «problème systémique», critiquant indirectement les députés du camp d'opposition qui ont refusé d'adopter les dossiers liés.

Cho a déclaré que son ministère jouera un rôle «substantiel» dans la supervision du Parquet.

«Afin de réformer les affaires judiciaires et le Parquet, le plus important pour le ministère de la Justice est de bien faire son travail», a-t-il dit au cours de sa cérémonie d'intronisation.

Alors que le Parquet a de grands pouvoirs, a-t-il ajouté, il n'y a pas de dispositif systémique pour le superviser et le contrôler.

Cho a dit que le ministère doit renforcer sa fonction de supervision de l'accusation en contrôlant ses enquêtes afin de protéger les droits humains.

Cette nomination est intervenue sur fond d'enquête ouverte par des procureurs sur des allégations selon lesquelles Cho et sa femme auraient falsifié des documents et usé de liens personnels pour aider leur fille à entrer dans des établissements d'enseignement supérieur. Des investissements douteux dans un fonds de capital-investissement privé ont été également remis en question.

Cho, proche collaborateur de Moon, est l'un des architectes du vaste plan du gouvernement progressiste visant à réformer le Parquet. L'un des projets phares est de créer une unité indépendante pour enquêter sur la corruption parmi les hauts fonctionnaires et d'octroyer une plus grande autorité à la police sur fond de controverse de longue date sur le «pouvoir sans égal» détenu par les procureurs.

Ce n'est un secret pour personne que le Parquet s'oppose fortement au plan de l'administration Moon.

Le Parti Démocrate, au pouvoir, a salué la nomination de Cho, qui possède «la détermination et l'expertise» pour ce qui est de la réforme judiciaire.

«La réforme judiciaire de l'administration Moon Jae-in sera indéfectiblement achevée», a déclaré le député et porte-parole du parti Hong Ik-pyo.

Le Parti de la Justice, progressiste, a déclaré «respecter» la décision du président. Son porte-parole, Oh Hyun-joo, a dit espérer que Moon réussira à réformer le Parquet, ce que les administrations libérales précédentes n'ont pas réussi à réaliser.

Les partis d'opposition ont dénoncé cette nomination.

«Aujourd'hui, l'état de droit en République de Corée est mort», a déclaré le député Kim Myung-yeon, porte-parole du Parti Liberté Corée (PLC). Kim a accusé le gouvernement Moon d'ignorer, et même de trahir, le peuple dans une tentative de les «contrôler».

Le président sera jugé par l'histoire pour avoir «abusé» de son droit de nommer un ministre, a déclaré Kim.

Le PLC a tenu une réunion d'urgence des députés du parti pour discuter de la question et a décidé de mobiliser «tous les moyens possibles» pour protester, y compris un boycott de la session parlementaire ordinaire et une proposition formelle pour que Cho soit évincé.

Le parti conservateur Bareunmirae a lui déclaré : «Président Moon, honte à vous.»

«On se rappellera d'aujourd'hui comme d'une honte historique" (le président) ayant abandonné équité et sens moral, a déclaré la porte-parole du parti Kim Jeong-hwa.

Plus tard dans la journée, environ 500 étudiants de l'université nationale de Séoul, où a étudié Cho et où il a enseigné le droit, ont organisé une veillée aux chandelles pour la troisième fois, dénonçant la nomination du ministre et demandant sa démission.

«Le professeur Cho a insisté sur le fait qu'il n'a pas enfreint la loi, mais la situation a changé. La thèse dans laquelle sa fille s'est présentée comme auteur principal a été retirée d'une publication (universitaire), et sa femme a été accusée de falsification de documents», a déclaré un représentant étudiant.

«Aujourd'hui, la justice et l'équité sont morts en Corée du Sud», a dit un autre étudiant.

Par ailleurs, les cinq autres officiels choisis lors du remaniement gouvernemental du 9 août dernier sont les ministres de la Science et de l'Egalité hommes-femmes, ainsi que les chefs de la Commission de la concurrence (FTC), de la Commission des services financiers (FSC) et de la Commission coréenne des communications (KCC).

lsr@yna.co.kr

mathieu@yna.co.kr

(FIN)

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