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(FOCUS) Une analyse d'ADN permet d'identifier le suspect dans la pire affaire de meurtres en série en Corée du Sud

Actualités 19.09.2019 à 18h00

SEOUL, 19 sept. (Yonhap) -- Le progrès des technologies d'analyse d'ADN a servi de facteur déterminant pour identifier le principal suspect dans la pire affaire de meurtres en série en Corée du Sud pour la première fois en environ 30 ans.

Un homme de 56 ans, actuellement en prison, est soupçonné d'être impliqué dans au moins trois des dix meurtres de femmes qui ont été violées et brutalement assassinées à Hwaseong, à près de 60 kilomètres au sud de Séoul, entre 1986 et 1991, a annoncé jeudi la police.

Les meurtres de ces femmes âgées de 13 à 71 ans ont choqué le pays par leur cruauté.

Le criminel se tapissait dans des terres agricoles ou chemins ruraux de Hwaseong et prenait pour cible des femmes qui retournaient chez elles la nuit ou à l'aube. Il n'utilisait pas d'armes mortelles mais étranglait ses victimes avec leurs affaires comme leurs bas ou chaussettes.

Plus de 2 millions de policiers, un nombre record pour une seule affaire, ont été mobilisés pour enquêter sur les meurtres. Le suspect n'a toutefois jamais été localisé, une grande honte pour la police.

Cette affaire a grandement inspiré le film à succès «Memories of Murder (2003)», réalisé par Bong Joon-ho, qui a gagné la Palme d'or du dernier Festival du film de Cannes avec «Parasite».

Des policiers examinent la scène du cinquième meurtre à Hwaseong, au sud de Séoul, en 1987.

Cependant, c'est le développement de l'investigation ADN généalogique qui a permis à la police d'identifier le principal suspect dans la pire affaire criminelle du pays.

En juillet, une équipe chargée des enquêtes sur les cas non résolus de l'Agence de police provinciale de Gyeonggi Nambu a envoyé certaines preuves au Service national de médecine légale (NFS) et a demandé des analyses ADN.

«Nous avons appris que la détection ADN est possible dans certains cas après un long moment même si l'ADN n'a pas été détecté en premier lieu. C'est alors que nous avons demandé des analyses médico-légales», a dit Ban Ki-soo, un responsable de l'agence de police, à des journalistes lors d'un point de presse à Suwon, au sud de Séoul.

Les résultats ont montré que l'ADN recueilli dans un sous-vêtement d'une victime correspondait au sien dans le neuvième meurtre. La police a dit que l'ADN du suspect avait été aussi identifié dans des preuves de deux autres meurtres, sans fournir plus de détails.

«Les résultats des tests montrant la correspondance ADN ont donné un indice à l'agence d'investigation», a ajouté Ban.

L'analyse ADN aide à résoudre des affaires pénales qui restent non-résolues pendant des décennies. C'est aussi le cas dans d'autres pays.

En décembre 2018, un suspect de 74 ans a été arrêté aux Etats-Unis grâce aux technologies ADN pour le meurtre de la diplômée de l'université Standford Leslie Marie Perlove en 1973.

Quant au cas de Hwaseong, le policier Ban a indiqué que plus d'investigation était nécessaire pour confirmer la responsabilité du suspect dans les autres meurtres.

Le suspect a nié les allégations sur les affaires de Hwaseong lors de la récente enquête policière.

Il est actuellement en prison après avoir été condamné à l'emprisonnement à perpétuité en 1994 pour avoir violé et tué la sœur de sa femme.

Bien que le principal suspect ait été identifié, il ne sera pas puni pour les affaires de Hwaseong car le délai de prescription s'est achevé en avril 2006. L'Assemblée nationale a aboli le délai de prescription pour les meurtres en 2015 mais ce changement ne concerne pas les meurtres en question.

L'agence policière a déclaré qu'elle analysait actuellement un partie des preuves pour révéler la vérité.

mjp@yna.co.kr

(FIN)

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