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Les discussions Washington-Pyongyang aboutissent à des évaluations contradictoires

Corée du Nord 06.10.2019 à 10h51
Le négociateur en chef nord-coréen Kim Myong-gil prononce une déclaration annonçant la rupture des discussions nucléaires de niveau opérationel entre Pyongyang et Washington, le samedi 5 octobre 2019 (heure locale) devant l'ambassade nord-coréenne située à la périphérie de Stockholm, en Suède. (Photo fournie par Joint Press Corps. Revente et archivage interdits)

WASHINGTON, 05 oct. (Yonhap) -- Les Etats-Unis et la Corée du Nord ont terminé samedi en Suède leurs négociations de dénucléarisation de niveau opérationnel, la Corée du Nord ayant déclaré l'échec des pourparlers et les Etats-Unis les ayant qualifiés de «bons».

Les négociateurs des deux pays se sont réunis à Stockholm pour reprendre les pourparlers sur la dénucléarisation qui étaient au point mort depuis l'échec du deuxième sommet de février entre le président américain Donald Trump et le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un.

Kim Myong-gil, négociateur en chef nord-coréen, a déclaré aux journalistes après avoir rencontré son homologue américain Stephen Biegun, que les pourparlers avaient échoué en raison de l'incapacité des Etats-Unis à présenter une nouvelle proposition.

Exprimant son «grand mécontentement», il a dit avoir demandé la suspension des négociations et a exhorté les Etats-Unis à délibérer jusqu'à la fin de l'année.

Il a également déclaré qu'il appartiendra aux Etats-Unis de corriger leur tir et de maintenir le dialogue en vie ou de «fermer pour toujours la porte au dialogue».

Photomontage montrant le négociateur nucléaire en chef de la Corée du Nord, Kim Myong-gil (à gauche), et le représentant spécial des Etats-Unis pour la Corée du Nord, Stephen Biegun.

La question de savoir si Pyongyang poursuivra le moratoire qu'elle s'est elle-même imposé sur les essais nucléaires et de missiles balistiques intercontinentaux, ou si elle les «ravive», a-t-il dit, dépendra aussi entièrement des Etats-Unis.

Les Etats-Unis ont présenté une évaluation plus mesurée.

«Les premiers commentaires de la délégation de la RPDC ne reflètent ni le contenu ni l'esprit de la discussion d'aujourd'hui, qui a duré huit heures et demie», a déclaré la porte-parole du département d'Etat Morgan Ortagus, désignant la Corée du Nord par son nom officiel, la République populaire démocratique de Corée.

«Les Etats-Unis ont apporté des idées créatives et ont eu de bonnes discussions avec leurs homologues de la RPDC», a-t-elle dit, ajoutant que la délégation américaine avait également «prévu un certain nombre de nouvelles initiatives qui nous permettraient de progresser» sur chacun des quatre principaux accords conclus lors du premier sommet Trump-Kim à Singapour en juin 2018.

Ce sommet a débouché sur un accord engageant le Nord à «travailler» à la dénucléarisation complète de la péninsule coréenne en échange de garanties de sécurité des Etats-Unis. Il a également appelé à la mise en place d'un régime de paix durable dans la péninsule coréenne, à l'établissement de nouveaux liens entre les deux pays et au rapatriement des dépouilles des soldats américains tués pendant la guerre de Corée.

Ortagus a déclaré qu'à la fin de la réunion, les Etats-Unis ont proposé (à la Corée du Nord) d'accepter l'invitation de la Suède à revenir à Stockholm dans deux semaines pour poursuivre les discussions. Les Etats-Unis ont accepté cette invitation, a-t-elle dit.

«Les Etats-Unis et la RPDC ne surmonteront pas un héritage de 70 ans de guerre et d'hostilité dans la péninsule coréenne en un seul samedi», a souligné Ortagus. «Il s'agit là de questions importantes qui exigent un engagement ferme de la part des deux pays. Les Etats-Unis ont cet engagement.»

Les deux pays divergent sur l'étendue de la dénucléarisation du Nord avant de bénéficier d'un allégement des sanctions et de garanties de sécurité des Etats-Unis.

Cette divergence a causé l'échec du deuxième sommet au Vietnam.

La Corée du Nord a repris ces derniers mois ses essais de missiles balistiques à courte portée, bien qu'elle se soit abstenue de procéder à des essais nucléaires ou d'armes de longue portée depuis le début de sa diplomatie avec les Etats-Unis au début de l'année dernière.

Le régime a testé mercredi un missile mer-sol balistique stratégique (MSBS) dans le but apparent d'accroître son influence dans les pourparlers avec les Etats-Unis.

Avec les missiles balistiques intercontinentaux (ICBM), le programme nord-coréen de MSBS est considéré comme l'une des plus grandes menaces pour les Etats-Unis et leurs alliés car il pourrait étendre la portée des missiles nucléaires nord-coréens. Les MSBS sont également difficiles à détecter avant leur sortie de l'eau.

Lorsqu'on lui a demandé si le Nord n'était pas allé trop loin cette fois-ci, Trump a répondu jeudi qu'«ils veulent parler, et nous leur parlerons bientôt. Nous verrons bien.»

Trump a ignoré les tirs précédents de missiles balistiques à courte portée, affirmant que ces tirs ne contredisent pas la promesse de Kim de mettre un terme aux essais nucléaires et aux essais de missiles à longue portée.

Washington a exigé que, dans le cadre d'un plan d'ensemble, Pyongyang prenne des mesures radicales de dénucléarisation, en insistant sur le fait que l'allégement des sanctions suivrait des progrès substantiels dans sa dénucléarisation.

Pyongyang a appelé à un assouplissement rapide des sanctions en échange de ses mesures de désarmement, tout en s'en tenant à une méthode fragmentaire et progressive qui pourrait l'aider à prolonger les négociations et à obtenir davantage de concessions de Washington.

Trump a suggéré le mois dernier qu'une «nouvelle méthode» pourrait être bonne pour faire avancer les négociations, une remarque qui a été bien accueillie par la Corée du Nord.

En cas de succès des pourparlers de niveau opérationnel, un troisième sommet entre Trump et Kim était largement prévu avant la fin de l'année.

En route pour Stockholm, Kim Myong-gil avait fait preuve d'optimisme.

«Alors que les Etats-Unis ont envoyé un nouveau signal, j'ai de grandes attentes et je suis très optimiste», a-t-il déclaré à la presse jeudi à Pékin. «Je suis aussi optimiste quant aux résultats.»

mathieu@yna.co.kr

(FIN)

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